Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Morgan Blanc

Etudiant à l’Ecole nationale supérieure du paysage, Versailles (78)
Date de l'interview : 29/04/2010

La demande est forte, en particulier pour les paysagistes DPLG. La profession n’est pas réglementée, mais ce titre est souvent exigé dans les appels d’offres publics.

A mi-parcours de la formation de paysagiste DPLG, Morgan Blanc revient sur le concours d’entrée de la prestigieuse école de paysage de Versailles et évoque avec passion le cursus qu’il y suit depuis deux ans.

Quel a été votre parcours avant d’intégrer l’école ?

Dès le collège, j’étais attiré le monde rural, par l’agriculture en particulier. Je suis allé en lycée agricole, où j’ai passé un bac S option écologie. Puis j’ai préparé un BTS aménagements paysagers. Pendant ce BTS, j’ai fait un stage chez un entrepreneur paysagiste diplômé de l’Ecole de Versailles. Avec lui, j’ai découvert une autre dimension de l’aménagement paysager, moins tournée vers la technique et le travail de la terre, davantage vers la réflexion et la conception. C’est à partir de ce moment là que j’ai eu envie d’intégrer cette école. 

Comment vous êtes-vous préparé au concours ?

Le concours d’entrée à l’Ecole de Versailles est commun aux écoles nationales du paysage de Versailles, Marseille, Lille et Bordeaux. Je l’ai tenté une première fois pendant mon BTS. J’ai échoué car je n’avais pas les qualités requises. Par exemple, je n’avais quasiment jamais dessiné, alors que le dessin occupe une grande place dans les deux épreuves d’admissibilité. Dans l’épreuve de description de site, on nous fait visiter un lieu pendant plusieurs heures, puis on nous demande d’évoquer ce site en 400 mots, avec les croquis qu’on a faits sur place. Et dans l’épreuve d’expression plastique, on doit imaginer et dessiner, au format 60 x 55 cm, l’évolution d’un site. En plus des facultés en dessin, ce concours exige une solide culture du paysage ainsi qu’une réflexion sur le paysage. En effet, l’épreuve finale d’admission consiste en un oral d'une ½ heure, pendant lequel il nous est demandé de répondre à une question sur le paysage, tirée d'une bibliographie. C'est une sorte de disserte orale, qui permet également au jury de juger la motivation du candidat. Tout cela ne s’apprend pas qu'en BTS, Il faut aller chercher plus loin. C’est pourquoi j’ai décidé de suivre une prépa publique pendant un an, qui m’a permis d’être reçu dans l’école que je visais.

Comment se déroule la formation à l’ENSP Versailles ?

La formation dure quatre ans et l’enseignement est réparti en cinq grandes matières : le projet, l’écologie, les techniques pour le paysage, les arts plastiques et les sciences de l’homme et de la société. Le projet constitue l’enseignement principal, les élèves y consacrent en moyenne deux jours par semaine. On part d’un site qui existe réellement et on dispose de plusieurs semaines pour développer un travail personnel selon un thème imposé. A la fin, on fait différents rendus sous forme de plans, de coupes, de maquettes. En écologie, nous apprenons à connaître les végétaux et les sols. En technique, nous abordons des problématiques de terrain, par exemple comme gérer l’écoulement des eaux ou comment faire pousser des arbres en zone urbaine. Enfin, les enseignements en arts plastiques nous aident à nous ouvrir et à être plus créatifs, à travers le dessin, la vidéo, la danse, etc.

Qu’est-ce qui vous plait dans cette formation ?

Avant tout, la liberté créative qu’on nous laisse. Ce n’est pas du tout une formation scolaire, avec des cours magistraux et des cahiers. On passe beaucoup de temps sur le terrain. Mes cahiers, ce sont des carnets de croquis… J’aime bien la diversité des élèves également. Dans ma promo, il y a des gens qui viennent du design, d’autres du cinéma, de l’architecture… C’est une formation passionnante, mais on y passe beaucoup de temps. Soirées, week-end, vacances… on ne fait que ça ! L’école est ouverte 24h sur 24 : en période de rendus de projets, on n’en sort presque pas.

Avez-vous déjà un projet professionnel ?

J’aimerais monter ma propre agence de paysage. Mais je n’ai pas encore de projet précis : pour l’instant, l’urbain m’attire autant que l’aménagement rural. Je ne suis qu’en 2e année et j’ai encore le temps d’affiner mon projet ! Je pense que je travaillerai d’abord comme salarié, pour acquérir de l’expérience et apprendre à gérer une entreprise, une dimension que nous n’avons pas encore abordée à l’école.

Les débouchés dans le paysage sont-ils importants ?

Oui, la demande est forte, en particulier pour les paysagistes DPLG. La profession n’est pas réglementée, mais ce titre est souvent exigé dans les appels d’offres publics. Or les écoles ne forment qu’une centaine de paysagistes DPLG par an.