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Les inégalités scolaires : une fatalité ?

Les résultats des études PISA montrent que les disparités de niveaux entre les élèves perdurent en France, au détriment de ceux aux origines sociales les plus défavorisées.


La France peine à mener tous ses élèves sur le chemin de la réussite scolaire. C’est ce dont témoignent les résultats des études PISA, qui depuis l’année 2 000 évaluent tous les trois ans les acquis scolaires des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE.

Les résultats de la France depuis le début de cette enquête sont ainsi en demi-teinte : si le pays est dans la moyenne du reste de l’OCDE, la situation socio-économique des élèves y a une influence déterminante sur le niveau scolaire. De plus, ceux venant des milieux les plus défavorisés ne sont pas suffisamment soutenus.

 

Les élèves les plus défavorisés ont quatre fois moins de chance de réussir


La dernière étude PISA, publiée en décembre 2016 et qui porte sur l’enquête 2015, ne montre guère d’amélioration. La France s’y situe dans la moyenne des autres pays pour les performances de ses élèves en science (derrière l’Allemagne et la Belgique, mais au même niveau que la Suède ou l’Autriche) et en mathématiques. Elle se situe même légèrement au-dessus de la moyenne pour la compréhension écrite.

Mais ces résultats masquent de fortes disparités, le système scolaire français se partageant en réalité entre une partie de très bons élèves et d’autres en grand difficulté. D’après l’évaluation PISA de 2015, la France compte 32 % de bons ou très bons élèves en mathématiques, contre une moyenne de 29 % dans les pays de l’OCDE. Même chose pour les sciences ou la compréhension écrite, où la proportion de bons et très bons élèves avoisine un tiers.

A l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté dans l’ensemble des trois domaines d’évaluation y est supérieure à la moyenne de l’OCDE (14,8 % contre 13 %). Si le pourcentage d’élèves en difficulté à l’écrit reste stable en 2015, il s’est en revanche détérioré dans le domaine des mathématiques (24 % d’élèves en difficulté en mathématiques en 2015, contre 22 % en 2012 et 17 % en 2003).

Plus préoccupant, la France compte parmi les pays où la variation des scores expliquée par le milieu socio-économique est la plus marquée (20 % contre 13 % en moyenne dans les pays de l’OCDE). Dans l’Hexagone, 40 % des élèves issus d’un milieu défavorisé sont en difficulté (contre 34 % en moyenne dans les pays de l’OCDE).

Surreprésentés dans les filières professionnelles, ces élèves ont aussi quatre fois moins de chance de réussir que les autres élèves. A l’inverse, 18 % des élèves issus d’un milieu favorisé se classent parmi les élèves très performants (contre 16 % en moyenne dans les pays de l’OCDE).

 

Rendre le système éducatif plus égalitaire


Face au « choc PISA » la France a déjà mis en œuvre des réformes portant sur davantage de ressources, d’enseignants, de bourses et de soutien en faveur des élèves défavorisés a reconnu la représentante de l’OCDE Gabriela Ramos lors de la présentation de la dernière étude.

Les résultats des différentes mesures engagées (plan contre le décrochage, réforme du collège…) ne seront néanmoins connus que sur le long terme, au gré des prochaines enquêtes PISA (en 2018, puis 2021 et 2024).

D’ores et déjà et « contrairement à une idée reçue assez répandue en France, les résultats de PISA 2015 démontrent que les réformes visant à réduire les inégalités sociales et scolaires ne conduisent pas à un nivellement par le bas des performances », a également souligné la représentante de l’OCDE.

 

Consulter les résultats PISA 2015 pour la France.

 

Raphaëlle Pienne