Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Le numérique détruit-il des emplois ?

Le Conseil d'orientation pour l'emploi vient de publier un rapport consacré aux impacts du numérique sur le volume, la structure et la localisation de l'emploi. Zoom sur les principaux enseignements.


Le 29/03/2017

 

Dans son rapport "Automatisation, numérisation et emploi", le COE, Conseil d'orientation pour l'emploi, analyse les effets possibles du progrès technologique sur le volume de l’emploi en termes de disparition mais aussi de créations. Il a cherché à connaître également les effets sur la structure de l’emploi et sa localisation : quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? quels types de compétences seront à l’avenir les plus recherchées ? etc.

 

Quels sont les niveaux d'automatisation et de numérisation de France ?

 

Si la France est au-dessus de la moyenne européenne en 2016 dans certains domaines comme l’accès à internet des entreprises (99 %, contre  97 % dans l’Union européenne à 28) ou l’utilisation de Progiciels de Gestion Intégrés (39 %, contre 36 % dans l’UE), elle reste en deçà dans d’autres. Ainsi, 68 % des entreprises françaises sont dotées d’un site web ou d’une page d’accueil, contre 77 % dans l’UE. Les entreprises françaises affichent également un retard en ce qui concerne l’usage des réseaux sociaux (36 % des entreprises, contre 45 % dans l’UE).

 

On peut toutefois souligner une progression importante de l’usage du commerce en ligne par les entreprises françaises : les achats en ligne concernent désormais 55 % des entreprises en 2016, contre 42 % dans l’ensemble de l'Union européenne.

 

A ce retard des entreprises françaises en matière d’utilisation des outils numériques, s’ajoute un retard dans la robotisation de l’outil de production industriel. Si elle se situe au-dessus de la moyenne mondiale qui est de 66 robots pour 10 000 employés, la France se positionne loin derrière l’Allemagne ou la Corée du Sud qui comptent respectivement près de 300 et près de 500 robots pour 10 000 salariés de l’industrie manufacturière.

 

Le retard français en matière de robotisation de son outil de production devrait toutefois se réduire au cours des prochaines années. Au niveau de l’entreprise, l’innovation peut conduire à automatiser certaines tâches et réorganiser les processus de production avec des conséquences diverses en matière de productivité et d’emploi.

 

Bon à savoir : l’automatisation de certaines tâches ne conduit pas nécessairement à une diminution de l’emploi dans l’entreprise. Le progrès technologique peut faire évoluer le contenu des métiers sans entraîner une diminution des effectifs. Dans le secteur bancaire par exemple, si l’installation des distributeurs automatiques de billets au cours de la décennie 1980 a profondément modifié les besoins en main-d’œuvre, elle ne s’est pas accompagnée d’une réduction du personnel dans les agences bancaires, aussi bien aux Etats-Unis qu’en France.

Les guichetiers, débarrassés de tâches répétitives et chronophages, ont pu offrir aux clients des banques des services plus élaborés, axés sur le conseil. Si les compétences requises ont évolué, le nombre d’emplois n’a dans ce cas précis pas diminué. Et, comme dans d’autres secteurs, les métiers exercés par les employés de banque se sont recentrés sur les tâches les plus difficilement automatisables. Toutefois, de nouvelles innovations technologiques induites par le numérique touchent actuellement plusieurs activités du secteur et pourraient affecter l’emploi.

 

Au niveau de l’entreprise, on ne peut, par construction, mesurer qu’une partie des transferts d’emplois : ceux détruits par l’introduction de nouvelles méthodes de production plus efficaces (par exemple dans l’agriculture ou l’industrie manufacturière) ou ceux créés en lien avec de nouveaux produits ou services (par exemple dans le secteur de la santé). En revanche, on ne peut mesurer ceux créés ou induits dans d’autres entreprises, non concernées par ces nouvelles méthodes, mais bénéficiant d’un développement de leur marché grâce à l’augmentation des besoins en informatique, par exemple, ou la progression générale des revenus (culture, loisirs, etc.).

 

Moins de 10 % des emplois menacés


Le Conseil publie notamment les résultats d’une étude sur l’exposition des salariés français à l’automatisation. Cette étude, réalisée au sein du Secrétariat général, conclut que :

  • Moins de 10 % des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation ;
  • La moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé.
  • Le progrès technologique continuerait à favoriser plutôt l’emploi qualifié et très qualifié : parmi les emplois susceptibles d’être vulnérables, les métiers surreprésentés, en volume ou au regard de leur part dans l’emploi total, sont souvent des métiers pas ou peu qualifiés.
  • Les évolutions en cours vont être à l’origine d’une profonde transformation des emplois existants.

 

Les gains de productivité associés à des « innovations de procédé » qui permettent de produire avec des effectifs réduits, sont également susceptibles de favoriser des gains de parts de marché, notamment à l’exportation. A côté ou à la suite de ces « innovations de procédé », des « innovations de produit » peuvent apparaître, avec des effets positifs sur l’emploi – à condition bien sûr que les nouveaux produits ne se substituent pas aux anciens. Par ailleurs, à plus ou moins brève échéance, des mécanismes de compensation, contribuent à l’augmentation de l’emploi, directement – via l’emploi nécessaire à la mise en œuvre des nouvelles technologies – ou indirectement – via notamment l’augmentation de la demande.

 

Sandrine Damie