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Vers des dispositifs d'accompagnement plus intensifs

Intitulé "L'accès des jeunes à l'emploi : construire des parcours, adapter les aides ", le rapport de la Cour des Comptes analyse la situation des jeunes dans leur insertion professionnelle.


Le 14/12/2016

 

Le rapport de la Cour des Comptes intitulé "L'accès des jeunes à l'emploi : construire des parcours, adapter les aides" est paru en octobre 2016. Son constat est sans appel : les résultats obtenus du point de vue de l’accès à un emploi durable ne sont à la mesure ni des objectifs affichés, ni des moyens mobilisés pour l'insertion des jeunes.

 

 

Des jeunes confrontés à des difficultés croissantes d’accès à l’emploi

 

La situation dégradée de l’emploi concerne, en France, toutes les catégories de personnes actives, quel que soit leur âge. Les jeunes apparaissent néanmoins dans une position particulièrement défavorable : le taux de chômage des 16-25 ans est 2  fois plus élevé que celui de la population générale et leur taux d’activité sensiblement inférieur à celui des autres jeunes Européens.

 

Ainsi, la structure du marché du travail en France pénalise tout particulièrement les jeunes. Leur durée d’accès à un emploi stable s’est allongée ; ils sont plus confrontés à la précarité dans l’emploi et au temps partiel subi ; leur taux de pauvreté est élevé.

 

Le parcours des jeunes vers l’emploi est jalonné de nombreux obstacles : une connaissance insuffisante de l’entreprise, un marché du travail pénalisant les entrants par rapport aux salariés plus anciennement établis, et, pour certaines catégories de jeunes, un niveau de formation en décalage avec les besoins des entreprises, des handicaps socio-économiques et géographiques ou des discriminations à l’embauche.

 

A noter : des inégalités existent selon les niveaux de qualification avec un  accès très difficile à l’emploi pour les jeunes non qualifiés.

 

Un risque de paupérisation

 

Les jeunes de moins de 30 ans sont surreprésentés au sein de la population en situation de pauvreté. Selon l’Insee, 18,6 % des jeunes adultes de moins de 30 ans étaient pauvres en 2013 (soit 1,6 million de personnes), contre 13  % pour les 30 à 49 ans et 9,5 % pour les 50 ans et plus.

 

Les risques pour les jeunes d’être confrontés à des situations de pauvreté contribuent à expliquer que leur accès à l’autonomie financière et sociale tend à être plus tardif. Ce décalage dans les parcours individuels résulte en partie de la poursuite d’études supérieures qui reculent l’âge d’entrée dans la vie active, mais tout autant de l’absence de revenus réguliers et suffisants qui permettraient aux jeunes de devenir indépendants.

 

 

Des dispositifs nombreux... mais jugés peu efficaces

 

Trois instruments principaux sont utilisés par les pouvoirs publics pour faciliter l’accès des jeunes à l’emploi :

- l’aide directe à l’emploi : afin de compenser les handicaps structurels des jeunes entrant sur le marché du travail, il est possible de mettre en place des dispositifs permettant de faire baisser le coût du travail des jeunes en versant une aide aux employeurs et en allégeant les charges sociales sur les salaires qu’ils versent ;

 

- l’accompagnement : il est également possible de mettre en œuvre un ensemble de soutiens dispensés par des professionnels dans le but de faciliter l’accès à l’emploi des jeunes ;

 

- la formation : cela comprend les stages de formation professionnelle et les formations en alternance (apprentissage et contrats de professionnalisation), mais aussi différents outils concernant les jeunes en rupture précoce de formation initiale, dont les structures dites de « deuxième chance ».

Ces leviers, utilisés séparément à l’origine, sont de plus en plus souvent associés dans de nombreux dispositifs d’aide. A cet égard, deux tendances principales se manifestent au cours des années récentes :

  • la première vise à densifier l’accompagnement et à multiplier les périodes de mise en situation professionnelle ;
  • la seconde cherche à accroître le contenu en formation.

 

Depuis plusieurs décennies, de très nombreuses aides, mises en œuvre par des opérateurs multiples, ont été déployées pour corriger cette situation. Ce système d’aides publiques présente un coût élevé (10,5 Md€ en 2015) et croissant.

 

Plus de la moitié de ce montant (57 %) est destinée à l’apprentissage. Les contrats aidés représentent 19 % de l’effort public, l’accompagnement 14 % et la formation professionnelle continue 10 %.

 

En termes d'accès à l'emploi, les solutions les plus intensives et courtes – Garantie jeunes et dispositifs de la deuxième chance – s'avèrent relativement plus efficaces que l'accompagnement de longue durée par Pôle emploi ou les missions locales.

 

De même, les dispositifs de formation en alternance enregistrent dans tous les cas des performances supérieures, même s’il convient de tenir compte du fait les jeunes les plus éloignés de l’emploi y sont moins représentés.

 

 

L'insertion des bénéficiaires des contrats aidés dans le secteur marchand est bien meilleure que dans le secteur non marchand. Or moins d'un tiers des crédits d'accompagnement sont aujourd'hui orientés vers les modalités les plus intensives et les plus efficaces du point de vue de l'accès à un emploi durable.

 

Sandrine Damie