Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Féminisons le Big Data !

Le recrutement de spécialistes du Big Data reste actuellement un casse-tête pour les employeurs : les candidats qualifiés ne sont pas assez nombreux. Et si les femmes investissaient davantage ce domaine ?


Le 28/11/2016

 

Pour Fatiha Gas, Directeur de l'ESIEA Paris, le déséquilibre des genres dans les professions liées au numérique est toujours aussi alarmant et ce, en dépit des initiatives qui se multiplient pour y remédier. Pourquoi ne pas profiter de l’émergence des nouveaux métiers liés à la data pour convaincre les entreprises des nombreux avantages d’une féminisation du secteur numérique ?

 

Des difficultés de recrutement

 

Big data, Data analytics et Data sciences sont aujourd’hui plus que jamais au centre de l’attention de nombreuses entreprises. Parmi les écueils auxquels elles se heurtent, l’un des plus importants est sans conteste celui du recrutement de personnes qualifiées pour mettre en œuvre les nouvelles applications liées à la transformation digitale.

 

Vers une plus grande féminisation !

 

L’attention grandissante que tous les secteurs d’activité prêtent à la diversification de leurs équipes se révèle particulièrement pertinente dans l’industrie numérique, laquelle demeure essentiellement… masculine. En France, l’enquête réalisée par Syntec numérique fait apparaître un taux de féminisation de 27,1% dans le secteur du numérique, contre 46,7 % tous secteurs confondus.

 

Dès lors pourquoi se priver de 50 % de la population, quand le secteur du numérique se débat déjà dans ses problèmes de recrutement ? La France espère créer 137 000 emplois grâce au Big data d’ici 2020.

 

Dans une simple perspective pratique, employer plus de femmes et travailler activement à une meilleure représentation féminine dans les métiers du Big data -mais aussi dans l’enseignement des disciplines afférentes -pourrait très certainement augmenter le nombre des personnes susceptibles d’être embauchées et contribuer à l’expansion d’un domaine en pleine croissance.

 

Ouvrir le Big Data aux femmes, c'est aussi s'offrir de nouvelles approches. L’expérience montre que les femmes abordent différemment les problèmes et ne font pas appel de la même façon à leur mémoire. Une différence qui signifie pragmatiquement que les réponses qu’elles fournissent à des problèmes donnés, ne sont pas obligatoirement les mêmes que celles des hommes.

 

Les différences de réponse entre genres peuvent être particulièrement intéressantes lorsqu’il s’agit d’analyse et de traitement de données !

 

Une expertise féminine bienvenue


Dans un marché genré, qui mieux que les utilisateurs finaux peuvent juger des critères pertinents ? Les femmes sont des clients et leurs attentes ont une histoire et des spécificités dont les hommes ont une vision réduite. Lorsque l’on demande un avis à un expert, on le choisit généralement parce qu’il maîtrise sa discipline et qu’il en mesure tous les enjeux. Se priver des femmes, c’est se priver d’une autre expertise, d’une autre maîtrise, ce qui, dans un marché extrêmement concurrentiel s’avère être un choix imprudent.

 

Une opportunité pour lutter contre les stéréotypes


Aujourd’hui, le Big data et l’analyse des données n’en sont qu’à leurs débuts en termes d’usages métiers. Aussi les experts ont-ils encore de nombreux champs d’applications à explorer ; ceci permet d’espérer que l’équilibre hommes-femmes existant actuellement évolue vers une plus grande présence de ces dernières ; le modèle n’étant pas encore construit, les mauvaises habitudes n’étant encore ni caractéristiques ni immuables. Il existe donc une véritable chance pour que les stéréotypes ne s’installent pas.

 

Sandrine Damie