Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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La bonne insertion des apprentis

Globalement les enquêtes montrent que les apprentis s'en sortent bien quand ils intègrent le marché du travail après leur formation. Une réussite à laquelle il faut toutefois apporter quelques nuances.


Le 09/09/2016

 

Dans la publication Bref du Céreq de mai 2016, Alberto Lopez et Emmanuel Sulzer ont comparé les trajectoires des jeunes issus de l'apprentissage et de ceux de même niveau issus de la formation initiale. Les enquêtes Génération permettent d’observer les trajectoires des jeunes et mettent en avant une meilleure insertion des apprentis que celle de leurs homologues issus de la voie scolaire. 

 

Des apprentis toujours plus nombreux et toujours plus diplômés 

 

Le niveau CAP-BEP reste encore le plus fréquent, mais il a peu progressé sur la période 2004-2010. multiplication par 3 pour les diplômés de licences professionnelles et par 2,6 pour les écoles d’ingénieurs ou de commerce. Si une partie de ces progressions résulte d’un mouvement général d’allongement des études supérieures, elles traduisent surtout une rapide diffusion de l’apprentissage dans les parcours des étudiants.  

 

... mais une insertion loin d'être idyllique 

 

Les anciens apprentis de niveau CAP en 2010, sont encore confrontés à un taux de chômage de 26 % trois ans plus tard, en 2013 contre seulement 11% pour les apprentis sortis en 2004. 

La conjoncture dégradée touche l'ensemble des niveaux : 

 

  • 11 % pour les bacs pro contre 6 % en  2004 ;
  • 10 % pour les bac + 2 contre 4 % en 2004 ;
  • 7 % pour les master pro contre 3 % en 2004.

 

A noter : le taux de chômage est identique pour les sortants de licence pro (7 %) ou d'école d'ingénieurs (3 %).

Par contre, le taux de chômage des apprentis de 2010 est moindre que l'ensemble des diplômés de la voie scolaire :

 

  • 35 % des scolaires de niveau CAP sans emploi contre 26 % des apprentis du même niveau ;
  • 24 % des scolaires Bac pro sans emploi contre 11 % des apprentis du même niveau ;
  • 16 % des scolaires Bac + 2 sans emploi contre 10 % des apprentis du même niveau ;
  • 12 % des scolaires Licence pro sans emploi contre 6 % des apprentis du même niveau ;
  • 13 % des scolaires Master pro sans emploi contre 17 % des apprentis du même niveau.

 

A noter : pour les écoles de commerce (10 %) et les écoles d'ingénieurs (4 %), le taux est quasi-similaire.

 

Apprentissage/scolaire : la limite de la comparaison 

 

Les comparaisons entre populations d’apprentis et de scolaires sont cependant à interpréter avec précaution. En effet, sur de nombreux critères, ces deux populations diffèrent nettement. Ainsi, une partie des écarts observés renvoie à des différences dans les spécialités fines (aux débouchés différents), dans les caractéristiques sociales (origines socioculturelles variées) ou dans les inscriptions territoriales (quartiers plus ou moins défavorisés, tissus économiques plus ou moins favorables). Ces différences sont générées par des processus d’orientation ou de sélection à l’entrée des voies de formation. 

 

Sandrine Damie