Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Simon Nyeck

Professeur titulaire de la Chaire management des savoir-faire d’exception et Directeur du Centre d’Excellence Luxe, Art et Culture - Essec
Date de l'interview : 09/03/2016

L'un des enjeux de la Chaire est d'accompagner les marques de luxe au-delà de leur aspect patrimonial vers de nouvelles opportunités, vers l’innovation, tout en conservant leurs spécificités et leurs talents, incarnés par les artisans d'exception.

Comment faire vivre et évoluer les savoir-faire d'exception à la française ? Tel est le challenge à relever pour les étudiants de la nouvelle Chaire Management des savoir-faire d'exception de l'Essec.

Vous venez de créer une Chaire Management des savoir-faire d'exception. Dans quel contexte cette chaire voit-elle le jour ?

Le luxe à l’ESSEC est à la fois une tradition et une force en plein développement. En parallèle de la Chaire consacrée au marketing des produits de luxe, nous avons souhaité développer une chaire permettant d'ancrer les savoir-faire français dans le XXIe siècle.

Dans un environnement globalisé, ces savoir-faire demandent en effet des efforts de préservation mais aussi de valorisation pour les faire rayonner à l’échelle mondiale. Cela suppose d’innover sans cesse, pour réinventer l’héritage dont sont dépositaires ces savoir-faire, mais aussi de concevoir des modèles économiques très particuliers pour assurer leur développement.

Quels sont les enjeux de cette chaire autour des savoir-faire d'exception et de l'innovation ? 

La compétition de plus en plus forte entre les marques de luxe amène ces marques à chercher comment rester légitimes et compétitives face aux marques émergentes du nouveau luxe. Valoriser des décennies de savoir-faire d'exception tout en y apportant un souffle nouveau est un défi à relever dans le luxe !

L'un des enjeux de la Chaire est d'accompagner ces marques au-delà de leur aspect patrimonial vers de nouvelles opportunités, l’innovation, tout en conservant leurs spécificités et leurs talents, incarnés par les artisans d'exception.

Un autre enjeu est de réussir à accompagner les petits ateliers dans leur évolution pour éviter qu'ils ne ferment, et qu'un savoir-faire ne disparaîsse pas à tout jamais.

Ainsi former des managers en capacité d'imaginer de nouveaux process ou de nouveaux marchés pour les artisans et les marques de luxe est un challenge que nous voulions mener au sein de l'Essec !

Quelle est la finalité de cette chaire ? 

Il s'agit à la fois de former les managers de demain pour ces domaines d'exception et de contribuer à la recherche en menant des travaux liant savoir-faire d'exception et management de l'innovation.

La Chaire vise ainsi à former les managers, investisseurs, artisans et entrepreneurs aux enjeux et à la stratégie de développement, d’acquisition, d’industrialisation, de transmission et d’internationalisation de ces savoir-faire.

A qui s'adresse-t-elle ?

La Chaire est une spécialisation proposée en dernière année d'études à l'Essec. Nous sommes actuellement en cours de sélection des dossiers de la première promotion. Nous avons reçu une trentaine de candidatures et devrions en sélectionner 16.

Si tous les étudiants sont issus du cursus de l'Essec, nous souhaitons un panel d'étudiants aux parcours variés : faire travailler ensemble des profils plutôt issus d'un cursus ingénieur avec d'autres issus d'un parcours commercial devrait permettre une émulation riche en créativité. Un impératif : parler français (pour une immersion réussie dans les ateliers des artisans d'art français !).

Nous recherchons des étudiants avec une motivation positive concernant les métiers d'art. Ce ne sont pas des profils qui cherchent la lumière et les paillettes du luxe, mais plutôt des étudiant.e.s intéressé.e.s par les savoir-faire, les ateliers, etc.

A quoi vont être formés ces étudiants ?

En plus des cours communs à toutes les spécialisations de l'Essec, les étudiants vont s'immerger durant 6 mois de stage dans les ateliers de nos partenaires. Ce sera l'occasion pour eux de découvrir la vie des ateliers ou des manufactures, d'observer et d'échanger avec les artisans pour travailler avec eux sur des pistes de réflexion comme la pérennisation d'un savoir-faire, sa transmission et sa modélisation.

Nous allons également leur proposer un Mooc autour de la culture générale du secteur de l'artisanat de luxe : les savoir-faire sous tension, les savoir-faire italien ou suisse, etc.

Enfin, un stage de 6 mois au sein d'un atelier partenaire est également à leur programme.

Avec cette chaire, vous allez développer des travaux de recherche. Quels en seront les thèmes ?

Différents axes de travail vont effectivement être développés. Des travaux de recherche seront lancés sur la problématique des Business models perennes, sur la sémiologie et la communication « moderne » de ces savoir-faire, sur les difficultés de recrutement ou encore sur la façon d'exporter les arts de vivre à la française.

L'objectif est de faire entrer les savoir-faire dans le XXIe siècle en créant des modèles innovants, attractifs et pourvoyeurs d'emplois en France.

Fin janvier 2016, l'Essec a signé un partenariat avec le Château de Versailles. Comment est né ce partenariat ?

Le Château de Versailles et l’Essec Business School s’associent pour transmettre et faire rayonner les arts et les métiers d’excellence. Ce lien invisible et intemporel entre le passé et le présent que constituent les métiers d’art contribue au rayonnement de la France. C’est donc tout naturellement que nos deux institutions se sont rapprochées.

Pour répondre à ces défis, la Maison Chanel, le groupe LVMH représenté par la Maison Dom Pérignon, et Van Cleef & Arpels apportent également leur soutien à cette nouvelle chaire de l'Essec.

Propos recueillis par Sandrine Damie (mars 2016)