Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Alexandra Llouquet

Etudiante ayant suivi une année au lycée à l'étranger
Date de l'interview : 25/01/2016

Déjà avide de voyages et de découvertes, je suis revenue avec une seule idée en tête : repartir, aller voir ailleurs, parler avec des gens de partout, découvrir le monde mais aussi et surtout leur monde.

Retour d'expérience d'une année au lycée à l'étranger : Alexandra Llouquet évoque son année en Islande.

En 2010/2011, vous avez vécu une année en immersion totale à l'étranger avec AFS Vivre Sans Frontière - France. Comment aviez-vous eu connaissance de ce dispositif ?

Je n'ai jamais vraiment eu à prendre connaissance de l'existence d'AFS car ma mère puis ma sœur aînée sont toutes les deux parties via cette association. Ma mère en 1983-1984 en Californie et ma sœur au Panama en 2007-2008. Petite déjà, je rendais visite à la famille d'accueil de ma mère avec qui nous sommes toujours en contact. AFS a donc toujours été présent dans mon esprit. 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de tenter une année de lycée à l'étranger ?

L'expérience de ma mère, puis celle de ma sœur, m'ont donné envie de partir, que ce soit avec AFS ou non, au lycée ou plus tard : je voulais voyager, découvrir autre chose. J'ai eu la chance de pouvoir le faire dès le lycée, période qui est pour moi la plus propice à cette expérience. Je suis partie à 15 ans, en pleine construction personnelle, l'impact que cette année a eu sur moi en a été d'autant plus important. Cela me permettait de voir ailleurs, de m'ouvrir sur d'autres idées pour l'avenir, mais aussi et surtout de mieux me connaître et me comprendre, ce que tout le monde essaie de faire au lycée ! 

Vos parents ont-ils facilement accepté ce départ à l'étranger ?

Cela n'a posé aucun problème, cette expérience ayant été déjà vécue par deux membres de ma famille. 

Vous avez passé une année en Islande. Pourquoi aviez-vous choisi cette destination ?

Je suis partie en Islande entre ma seconde et ma première. Cette question est probablement celle qu'on me pose le plus souvent et pourtant, je n'ai toujours pas de réponse précise. J'ai toujours cette irrésistible envie de répondre "Pourquoi pas ?". 

J'étais attirée par l'Islande depuis toute petite, sans vraiment pouvoir l'expliquer, sans connaître grand chose du pays non plus. Je suis partie juste avant que l'Islande ne connaisse cet élan touristique qu'elle connaît actuellement. L'Islande en 2009-2010, quand je préparais mon départ, c'était la crise économique, un bout de glace perdu dans le grand nord et, sur la fin, un volcan au nom imprononçable. C'est peut-être ça qui m'attirait. Je n'y connaissais pas grand chose, je classais ça sans distinction aucune dans "les pays du nord" où le modèle nordique est cet exemple idyllique d'une société heureuse et sans trop de problème, avec un système éducatif au top et un chômage au plus bas. Dans ma tête je partais donc sur la trace des vikings, sous la neige, dans une société parfaite où les paysages sont tous à couper le souffle. Je n'ai pas été déçue ! 

Comment s'est passée votre année dans la famille bénévole qui vous a accueillie ?

Cette année fut l'une des plus riches en émotions et en expériences de ma vie. J'ai découvert une nouvelle culture, un nouveau mode de vie, un nouveau système éducatif. Je me suis fait de nouveaux amis, j'ai voyagé dans des endroits tous plus beaux les uns que les autres. 

Mais lors de mon année en échange, j'ai surtout gagné quelque chose de bien plus précieux que tout cela : j'ai gagné une nouvelle famille. Les gens ne comprennent pas toujours quand je parle de ma famille car c'est difficile à suivre. J'ai deux mères. Une qui m'a élevée, avec qui je partage des gènes, une histoire, des souvenirs et un livret de famille. Celle-là les gens n'ont pas trop de mal à comprendre pourquoi j'en parle en disant "ma mère". 

Et puis il y a cette autre mère, là-bas sur son iceberg, celle que j'appelle "Mamma" et qui, m'a ouvert sa maison, sa famille, pour bien plus qu'un an.  Déjà, là, ça commence alors à se compliquer dans la tête des gens "mais c'est pas ta mère?!". Alors non, ce n'est pas ma mère, nous n'avons pas les mêmes liens, nous n'avons pas la même relation, mais pendant l'unes des années les plus marquantes de ma vie, c'est elle qui a tenu ce rôle. C'est elle qui m'a aidée à relever les défis, c'est elle qui me "grondait" quand je parlais mal à ma petite sœur islandaise, c'est elle qui m'a guidé au téléphone lorsque je me suis perdue en rentrant du lycée la première fois, c'est elle qui fixait l'heure à laquelle je devais être rentrée le soir, et qui s'assurait de mon bien être et de ma sécurité, etc. 

Et sur le même schéma, tout se complique. J'ai mes deux sœurs en France, puis ma sœur en Islande, puis ma sœur Finlandaise qui est venue passer un an chez nous, en France, à mon retour d'Islande... Si mon année à été le succès qu'elle a été, c'est en grande partie grâce à cette famille adorable. A ma mère, à ma sœur, mais aussi grâce à mes grands-parents, oncles, tantes et cousins islandais qui m'ont tout donné, comme si j'étais biologiquement des leurs ! 

Et votre scolarité ?

Le lycée islandais est très différent du lycée français. J'avais déjà fait un an au lycée en France quand je suis partie. Selon les types de lycées en Islande, il n'y a pas forcément de système de classes comme on l'entend chez nous. Dans mon lycée islandais, j'ai pu choisir l'intégralité de mes cours : comme mon année ne serait pas validée en France de toute façon, je n'avais pas à prendre les cours qui sont obligatoires pour les islandais. J'ai alors dis adieu aux maths et ai pu prendre des cours d'arts, de langues, d'histoire, de médias, de yoga... Je découvrais un mode d'éducation assez différent du nôtre, une plus grande confiance et un plus grand respect entre élèves et professeurs, et surtout une vie lycéenne beaucoup plus active et diversifiée que chez nous, entre les différents spectacles montés par les différents clubs, les bals, les voyages et autres activités en plein air comme aller nager dans la mer d'Islande en plein mois de mars ! J'ai aussi découvert une autre pédagogie et ai pu, par la suite, piocher ce qu'il me convenait le mieux dans chacune des méthodes. 

Quels bénéfices avez-vous tirés de cette immersion ?

De cette année en immersion j'ai tiré de nombreux bénéfices. J'ai fait énormément de rencontres. Ma famille d'accueil bien évidemment, mais aussi mes amis au lycée, et les autres membres de l'AFS avec qui je suis toujours en contact pour certains. J'ai aussi appris à mieux me connaître, à mieux m'accepter et à mieux accepter les autres. Déjà avide de voyages et de découvertes, je suis revenue avec une seule idée en tête : repartir, aller voir ailleurs, parler avec des gens de partout, découvrir le monde mais aussi et surtout leur monde. J'ai aussi gagné en indépendance et en autonomie. Pas vraiment sûre de mon avenir, j'ai eu le droit à un an de réflexion en plus, année où j'ai en plus vu de nouvelles portes s'ouvrir. En rentrant d'Islande, j'ai aussi commencé le bénévolat pour AFS, qui a, lui aussi, continué à m'apporter de nouvelles compétences, de nouveaux savoirs et de nouveaux souvenirs. 

Aujourd'hui, vous êtes étudiante et avez choisi de poursuivre vos études en Finlande. Quel cursus suivez-vous ? Pourquoi ce choix de la Finlande ?

En France, je suis en troisième année de LLCE d'études nordiques, spécialité islandais. L'année dernière, c'est tout naturellement que j'ai eu envie d'intégrer le dispositif Erasmus. Je ne voulais pas retourner en Islande pour mon Erasmus, je voulais aller voir ailleurs. J'ai commencé le suédois en deuxième langue en entrant à la fac. J'aurais donc pu partir en Suède. 

Seulement, après l'Islande m'a famille est devenue famille d'accueil avec AFS et nous avons eu la chance d'accueillir une jeune Finlandaise qui s'est parfaitement bien adapté à notre famille. J'ai passé deux semaines chez elle, à Turku durant l'hiver 2014, et j'avais, avec ma faculté, la possibilité d'aller étudier dans la seule université suédophone de Finlande (le suédois étant la deuxième langue officielle du pays, parlée par environ 6 % de la population) à... Turku ! Après être tombée amoureuse des lieux lors de ma visite hivernale, j'étudie donc le suédois et les études nordiques en Finlande ! 

Après vos études, où rêvez-vous de travailler ?

Une fois ma licence terminée, je ne pense cependant pas continuer dans les études nordiques et aimerais rejoindre un master MEEF (métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) documentation pour devenir professeure documentaliste en collège et lycée, en France dans un premier temps, mais personne ne sait ce que me réserve l'avenir. Une chose est sûre, je ne suis pas prête de m'arrêter de voyager, et le plus possible chez l'habitant ! 

Propos recueillis par Sandrine Damie (janvier 2016)