Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Goretty Ferreira

Fondatrice et dirigeante de l'Agence pour l’entreprenariat féminin
Date de l'interview : 12/01/2016

Apprendre à viser haut, à être ambitieuse ainsi qu’avoir l’assurance et la posture adéquate, sont des attitudes indispensables pour réussir. Ce sont aussi des compétences et des ressources qui se travaillent jour après jour.

Pour booster la carrière des femmes, Goretty Ferreira a fondé l'Agence pour l’entreprenariat féminin. Elle souhaite préparer les dirigeantes, les leaders de demain de façon proactive.

Dans quel contexte avez-vous lancé l'Agence pour l’entreprenariat féminin ? 

Les opportunités économiques, sociales et politiques sont immenses pour les femmes depuis quelques années.

Pour autant, elles restent largement sous-représentées dans les instances dirigeantes des entreprises ou à la création d’entreprise, n’en représentant aujourd’hui qu’un tiers.

Trouver sa place et réussir professionnellement lorsque l’on est une femme n’est pas toujours chose facile. Hors les femmes peuvent et doivent agir pour saisir ces opportunités et prendre leur place. 

Prendre du recul, clarifier sa vision et sa stratégie, développer ses ressources, ses comportements, lever ses freins afin de gagner en confiance sont autant d’étapes nécessaires pour permettre aux femmes de trouver et de prendre leur place, mais aussi d’atteindre la performance, le leadership et in-fine des résultats concrets avec sérénité et épanouissement. 

C’est de ce constat que l’Agence pour l'entreprenariat féminin fût lancée, ayant pour vision de contribuer à une plus grande mixité au niveau économique et sociétal. Facteur de progrès et nécessité absolue pour faire face aux enjeux de compétitivité et de performance actuels. 

Quels sont les missions et objectifs de l'agence ? 

Les comportements des femmes font parfois obstacles à leurs ambitions personnelles et professionnelles. Elles doutent trop souvent de leurs capacités de réussite et cela les conditionne dans leur réalisme quotidien.

L'impact porte à la fois sur ce qu'elles sont et ce qu'elles pensent pouvoir accomplir.

C’est là que notre mission intervient : accompagner les femmes dans leur réussite professionnelle, qu’elles soient entrepreneures ou à des fonctions de top management.

Notre mission correspond à un besoin réel, tant du côté des femmes que de la société en général. 

Notre objectif est de préparer les dirigeantes et les leaders de demain de façon proactive.

Pour répondre au mieux aux difficultés rencontrées par les femmes et tenir compte des problématiques et des enjeux actuels ; nous travaillons en symbiose leur savoir-être - attitudes et comportements - et leur savoir-faire -aptitudes et exécution -. Deux éléments de réussite puissants et indissociables. 

Nous permettons aux femmes de développer de nouvelles compétences, de nouveaux comportements, ainsi  que des stratégies gagnantes pour leur entreprise ou leur évolution de carrière. Nous les aidons à se les approprier et à les mettre en œuvre avec agilité, c'est-à-dire avec la capacité à œuvrer dans la complexité. 

Pensez-vous que le "plafond de verre" soit toujours une réalité en entreprise ? 

Le plafond de verre ne cesse de faire parler de lui, notamment  pour répondre à la question de son existence, et cela me surprend toujours autant. Il suffit de fréquenter des soirées réseaux féminines et de participer aux échanges, ou bien de façon plus pragmatique d’analyser les chiffres des études mesurant la place des femmes aux instances dirigeantes des entreprises, ou encore, de constater les mesures légales imposées par le gouvernement telle que la loi Copé-Zimmermann pour pouvoir affirmer, que le plafond de verre, est toujours une réalité en entreprise. Les femmes sont toujours sous-représentées dans les postes de direction. 

Les stéréotypes ont la vie dure. Les rôles attribués à l’homme et à la femme dans le ménage sont hélas toujours d’actualité. À égalité de formation, de compétences et d’ambition, pour ce qui est de faire carrière, l’inégalité homme-femme demeure, au détriment de ces derniers. Alors qu’il semble impossible de combiner les longues journées de travail caractéristiques des postes de dirigeants avec les exigences d’une vie familiale bien remplie, de plus en plus de femmes montrent que cette conciliation est parfaitement réalisable. 

Comment les RH et les équipes peuvent-elles faire évoluer leur vision et la place faite aux femmes au sein des entreprises ? 

La légitimité de mettre la question de la mixité à l’agenda de toutes entreprises n’est plus à discuter. Déjà Stendhal disait que « L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain ». 

De nombreuses entreprises telles que L’Oréal, IBM, Generali, Orange, Danone, Crédit Agricole, SNCF, HP, etc. l’ont intégré et agissent au quotidien comme des rôles modèles. 

Elles démontrent clairement l’existence d’une corrélation entre mixité et performance. La mixité est bien un levier de croissance et de développement. Aujourd’hui, la capacité de transformation des organisations est associée à leur maturité en terme d’égalité professionnelle. 

Climat et qualité de vie au travail lié à l’équilibre de vie personnelle – vie professionnelle, entraide, engagement des salariés, complémentarité des profils au sein de l’équipe et des techniques de management, organisation, flexibilité en matière d’horaires et de lieux de travail… Les avantages, sont tant individuels que collectifs. 

Qui plus est, une entreprise où les fonctions dirigeantes sont occupées tant par des hommes que par des femmes représente un employeur potentiel, plus attirant, pour les candidates féminines talentueuses et ambitieuses. 

Il est important qu’un travail de sensibilisation à ce sujet soit fait pour tous les collaborateurs afin qu’ils comprennent les impacts positifs qui en découlent. Mais il est surtout très important de sensibiliser et d’accompagner plus particulièrement les femmes, en les aidant à gagner en confiance, à cultiver leur ambition, à travailler leur réseau et à développer leur visibilité, pour à terme, faire évoluer l’autocensure que beaucoup d’entre elles s’imposent et qu’elles prennent enfin la place qu’il leur revient ! 

Vous proposez d'accompagner les femmes dans la définition et l’atteinte de leurs objectifs professionnels. Pouvez-vous nous présenter le dispositif BoostElles ? 

Notre programme d'accompagnement se place dès le départ à contre-pied des coachings standards : 

 

  • D’une part parce qu’il associe l’expertise du coaching professionnel (pour le savoir-être) à l’expertise de la stratégie de développement (pour le savoir-faire). 
  • D’autre part par sa durée unique. BoostElles® part du principe qu'on ne modifie pas tout en 6 ou 8 séances.

 

Les femmes ont reçu une éducation inhibante, elles font l'objet de préjugés et de croyances limitantes qu'elles maintiennent et font perdurer inconsciemment. Le problème est très profond, il est ancré dans leur « programmation interne ».

Comme le disait Mark Twain « on ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre, il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche »… même si le désir de changement est souvent associé à l’urgence et aux effets immédiats. 

Apprendre à viser haut, à être ambitieuse ainsi qu’avoir l’assurance et la posture adéquate, sont des attitudes indispensables pour réussir. Ce sont aussi des compétences et des ressources qui se travaillent jour après jour.

C’est la mise en œuvre de solutions et de stratégies sur le long terme qui permettent de faire la différence et d’assurer une évolution à la fois concrète et pérenne pour leur entreprise ou leur carrière. 

Quels sont les profils des femmes qui font appel à vous ? 

Ce sont des porteuses de projet, des CEO et dirigeantes d’entreprises, des salariées, des cadres aux fonctions de managers ou de directrices, mais aussi des femmes membres de comité de direction ou de conseil d’administration. En poste ou souhaitant accéder à un de ces postes. 

Propos recueillis par Sandrine Damie