Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Olivier Dusserre

Directeur de l’IGS-RH (Institut de Gestion Sociale – Ressources Humaines)
Date de l'interview : 17/12/2015

L’attractivité pour le volet social de la gestion des ressources humaines marque des points auprès des jeunes : recrutement, formation, communication inter-entreprise, gestion de la diversité et de la mixité.

Outre de demeurer particulièrement porteurs en termes d’embauches, les métiers des ressources humaines sont en proie à de profondes mutations. Olivier Dusserre cerne ces évolutions et apporte un éclairage sur les facettes de la profession qui séduisent le plus les jeunes.

Avez-vous observé, ces récentes années, d’importantes évolutions dans les métiers des ressources humaines ?

Incontestablement. Pour en prendre la mesure, nous avons réuni récemment à l’IGS-RH un comité d’orientation dont l’objectif était d’interroger les DHR des grandes entreprises pour mieux appréhender leurs besoins. Avec, en substance, cette question : quelles évolutions majeures constatez-vous au sein de votre entreprise dans les métiers des RH ? Deux idées fortes en sont ressorties. La première a renvoyé à l’impact de l’internationalisation croissante des échanges entre acteurs économiques, portée par le développement des outils de communication. En conséquence, on demande aux jeunes, non seulement de maîtriser l’anglais et une seconde langue étrangère, mais également d’avoir, dans leur approche du travail, une dimension multiculturelle. Il est impératif pour eux de sortir de leur cocon, d’appréhender et de réfléchir le monde sous un angle différent.

La seconde idée forte qui est ressortie a porté sur les requêtes de plus en plus fortes des salariés RH de pouvoir travailler dans une entreprise responsable socialement. En clair, au sein de structures qui s’intéressent à autre chose que le profit. Cela peut prendre diverses formes : le soutien à des œuvres caritatives, le sponsoring de projets humanitaire ou le soutien à la formation professionnelle. Cette quête de sens que réclament les employés est observée également chez les clients des entreprises. Les responsables RH, qui ont donc la charge de cette responsabilité sociale de l’entreprise, joue ainsi un rôle crucial dans la relation client-fournisseur. Ils doivent faire preuve d’une grande vigilance.

Notons également l’impact qu’ont les outils digitaux sur l’organisation du travail : le télétravail se développe, entrainant avec lui un bouleversement des unités de lieux et de temps inhérentes à l’exercice même d’une profession. En conséquence, la fonction de management RH évolue : il ne s’agit plus de gérer des ressources en interne, mais également à distance.

Quelles facettes des métiers des ressources humaines séduisent aujourd’hui le plus les jeunes ?

L’attractivité pour le volet social de la gestion des ressources humaines marque des points, avec notamment des thématiques fortes comme le recrutement, la formation, la communication inter-entreprise, la gestion de la diversité et de la mixité. A l’inverse, les questions relatives à la paie, aux négociations sociales et à la marque-employeur attirent moins. Notre rôle, c’est aussi de faire prendre conscience aux étudiants que les métiers des ressources humaines ne peuvent être dissociés des autres fonctions cadres de l’entreprise, tels que le marketing ou le commercial. Et davantage encore pour le DHR, qui se révèle une des clés de voute essentielle du fonctionnement d’une entreprise, un des moteurs de sa stratégie de développement.

Les ressources humaines sont-elles porteuses en termes d’embauches ?

Oui, pour une raison essentielle : la législation qui encadre la profession s’enrichit au fil des ans, créant de nouvelles obligations pour les entreprises, et donc des besoins en ressources. Pour prendre un exemple récent, le livret de formation, avec le CPF, est désormais à la charge de l’entreprise. Celle-ci, également, doit proposer obligatoirement à ses salariés une mutuelle. On peut aussi évoquer les nouvelles obligations en matière d’embauche des personnes en situation de handicap ou d’accompagnement des publics séniors. J’ajoute qu’au sein du Groupe IGS, 85 % des étudiants en ressources humaines décrochent un emploi deux mois après la fin de leurs études, ce qui est un très bon ratio. Et tous sont en poste dans les métiers des ressources humaines.

Existe-t-il un profil-type d’étudiant en ressources humaines ? Des qualités particulières sont-elles requises ?

Avant tout, il faut être à l’écoute des autres, avoir de l’empathie pour ses collègues, et un certain charisme aussi. Aussi, plus on s’élève dans la hiérarchie de l’entreprise, moins la maîtrise des outils, comme ceux destinés à émettre les fiches de paie ou le plan de formation, se révèlent nécessaires. Ce que l’on demandera, en revanche, c’est d’être visionnaire, y compris sur des sujets qui débordent le cadre RH.

 

Propos recueillis par Christian Capitaine