Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean Despax

Co-fondateur de Movinmotion
Date de l'interview : 14/12/2015

Nous apportons une solution simple et accessible financièrement à la complexe gestion sociale dans le secteur des industries culturelles.

Comment gérer les professionnels de l'intermittence dans le secteur du spectacle ? Réponse par Jean Despax, co-fondateur de Movinmotion.

Pouvez-vous nous présenter les activités de Movinmotion ?

Movinmotion est une plateforme web collaborative de gestion des ressources humaines dans le secteur des industries culturelles. En quelques mots, Movinmotion permet de fluidifier au maximum les démarches administratives nécessaires pour embaucher un artiste ou un technicien du spectacle. Toutes les procédures sont dématérialisées, et centralisées sur un même outil, accessible à tous. 

Comment est née l'idée de Movinmotion ?

Nous sommes partis du constat qu'une TPE ou une PME de la production audiovisuelle par exemple, embauchait certains mois autant de salariés qu'une société du CAC 40. Or chez eux pas de département RH ni de système d'information, mais parfois un demi équivalent temps plein pour gérer ça en interne, et le recours à des cabinets extérieurs dont les couts sont élevés, cas le traitement est en grande partie manuel. En rationnalisant la relation entre l'employeur, l'employé, et le service de paie (le nôtre ou celui de l'employeur), nous avons permis à nos clients de réduire de 50 % leurs frais de gestion sociale, et de diviser par 4 le temps passé sur ces tâches. 

A quels besoins répondez-vous sur le secteur de l'intermittence ?

Nous apportons une solution simple et accessible financièrement à la complexe gestion sociale dans le secteur des industries culturelles. De plus, nous apportons aux salariés un outil de gestion de leurs documents administratifs et de suivi de leurs droits (à l'assurance chômage notamment), et une visibilité auprès de potentiels employeurs via l'annuaire. 

Vous comptez plus de 5 000 intermittents inscrits dans votre réseau. Quelles sont les activités majoritaires ?

Nos clients sont à 60 % dans la production audiovisuelle. Il en va de même pour les salariés intermittents inscrits sur la plateforme. 

Pouvez-vous dresser un portrait robot de l'intermittent du spectacle ?
C'est un exercice difficile car c'est très varié ! Il y a énormément de secteurs, et dans chaque secteur énormément de métiers différents. Pour chaque métier, vous retrouvez des personnes expérimentées, et d'autres qui commencent. De personnes curieuses des nouvelles technologies, et d'autres réticentes. Bref, il n'y a pas de règles. 

En novembre, vous avez participé à une journée consacrée à la place des outils numériques dans la production audiovisuelle. Quels sont vos constats et vos préconisations ?

Ca serait long à décrire en quelques phrases, mais l'idée est de ne pas tourner le dos à la révolution numérique (qui est en route et qui parait inéluctable), mais plutôt d'accompagner la transition pour qu'elle se déroule le mieux possible. D'où la nécessité pour les institutions du secteurs d'être à l'écoute des nouvelles tendances. Nous avons dernièrement rejoint la FICAM (Fédérations des industries du cinéma, de l'animation et du multimédia), et nous avons reçu une aide financière du CNC qui plébiscite l'innovation dans le secteur. 

En quoi le numérique peut-il être un levier pour le recrutement dans l'audiovisuel ?

Le numérique bouleverse le secteur des ressources humaines en général, et du recrutement en particulier. De nombreuses start-ups se lancent sur le sujet du "big-data" pour accompagner les entreprises dans leurs recrutement (c'est-à-dire ne plus se baser uniquement sur le CV, mais sur toutes les données relatives au candidat accessibles en ligne). Dans nos secteurs, le recours au numérique sur ces sujets est encore balbutiant. Un employeur ne va travailler qu'avec des connaissances, ou des connaissances de ses connaissances. C'est ce tissu social que nous devons modéliser dans Movinmotion si nous voulons favoriser de nouvelles relations entre employeurs et employés. 

Propos recueillis par Sandrine Damie (décembre 2015)