Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Marta Kubajek

Déléguée adjointe de la CPNEF audiovisuel
Date de l'interview : 26/11/2015

L’audiovisuel en France a connu de forts bouleversements ces dernières années, liés aux nouveaux modes de diffusion et aux innovations des outils numériques. Il a été marqué à la fois par un fort dynamisme et par une précarisation des situations individuelles.

Retour sur les principaux résultats de l'étude intitulée "Les inégalités hommes - femmes dans l’audiovisuel, au travers des dynamiques de parcours".

Pouvez-vous nous présenter les missions de la CPNEF audiovisuel ? 

Les principales missions de la CPNEF de l’audiovisuel sont les suivantes :

  • Connaître les métiers, les compétences et les évolutions des besoins des entreprises audiovisuelles et des salariés ;
  • Débattre : lieu d’échange et de concertation pour les partenaires sociaux de l’audiovisuel ;
  • Proposer des dispositifs et des mesures prioritaires pour favoriser le lien formation/emploi et sécuriser les parcours professionnels ;
  • Communiquer sur les métiers, les formations et les évolutions du secteur auprès des entreprises, des salariés et du grand public. 


Le secteur de l'audiovisuel se métamorphose depuis plusieurs années avec l'introduction du numérique. Pouvez-vous nous dresser un rapide portrait de ces évolutions majeures ?
 

Multimédia, plurimédia, cross média, transmédia... Ces diverses notions ont en commun d’exprimer l’assemblage d’éléments de sources diverses. Mais, surtout, elles s’enracinent dans un terreau commun qui a produit l’apparition, puis la diversification et la généralisation des techniques numériques de représentation et de communication, qui ne sont pas sans impact sur les activités et les compétences.

On en déduit la nécessité impérieuse de la transversalité pour toutes les tâches de conception et d’encadrement.

Il en est de même pour la formation. Il faut se préparer à une pratique professionnelle qui déconstruit la chaîne de fabrication linéaire traditionnelle, au sein de laquelle une place définie peut être assignée à chacun. 

Vous avez publié en avril 2015 une étude intitulée "Les inégalités hommes – femmes dans l’audiovisuel, au travers des dynamiques de parcours". Dans quel contexte cette étude a-t-elle pris forme ? Pourquoi ce sujet d'étude ? 

L’audiovisuel en France a connu de forts bouleversements ces dernières années, liés aux nouveaux modes de diffusion et aux innovations des outils numériques. Il a été marqué à la fois par un fort dynamisme et par une précarisation des situations individuelles. Dans la lignée de travaux européens, les partenaires sociaux de la branche de l’audiovisuel ont décidé de répondre à la question suivante : hommes et femmes ont-ils été affectés de la même manière par ces évolutions ? 

Dans quelles activités de l'audiovisuel retrouve-t-on le plus de femmes ? Pourquoi, selon vous ? 

C’est le secteur du journalisme audiovisuel qui s’est beaucoup féminisé. Cette féminisation se produit cependant dans un contexte de fermeture relative du marché : les possibilités d’emploi stable et pérenne s’y sont réduites. 

Près de 70 % des salariés de l'audiovisuel sont intermittents. Quelle est la place des femmes dans l'intermittence ? 

Dans cette catégorie de salariés, le secteur de l’audiovisuel offre une place croissante aux femmes. Cependant, les femmes restent pénalisées que ce soit en terme de volume d’emploi, de masse salariale, de nombre de contrats ou de capacité à mener des carrières longues et continues. 

Les femmes connaissent-elle une ascension au sein de la hiérarchie / des promotions au même titre que les hommes ? 

C’est surtout dans les familles de métiers comme le montage, la réalisation et l’image, que les carrières respectent une progression inscrite dans les conventions collectives et donc bénéficient autant aux femmes qu’aux hommes.

Par ailleurs, lorsque les femmes réussissent à construire une carrière stable qui débouche sur une promotion, elles parviennent presque à rivaliser, en terme de salaire, avec leurs homologues masculins. 

Existe-t-il des catégories professionnelles où les femmes réussissent plus qu'ailleurs / ou plus que les hommes ? 

Les femmes réalisatrices sont plus présentes et plus stables sur le marché. De plus, elles s’entourent d’équipes plus féminisées et participent ainsi à l’élargissement des opportunités pour leurs consœurs. 

Propos recueillis par Sandrine Damie (novembre 2015)