Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Stéphanie Pelaprat

Entrepreneuse Restopolitan
Date de l'interview : 23/11/2015

Aujourd’hui, si beaucoup de femmes ont la fibre entrepreneuriale, certaines n’osent pas encore franchir le cap. Il me semble important de montrer qu’elles ont autant de capacité que les hommes à entreprendre, qu’elles sont des entrepreneures comme les autres.

Marraine du concours Créatives d'Avenir, Stéphanie Pelaprat fait part de son expérience d'entrepreneuse, avec ses hauts... et ses bas.

Quel a été votre parcours de formation ?

Je suis diplômée de l’Ecole supérieure de commerce extérieur (ESCE) de Paris. Diplôme en poche, je suis partie pendant un an à New York où j’ai fait un stage dans une maison d’édition. Un séjour qui s’avéra riche d’enseignements pour mon aventure entrepreneuriale. 

Quel a été le déclic pour vous lancer dans la création de votre entreprise en 2006 ? 

De retour en France, ma première préoccupation, comme tout jeune diplômé, a été de trouver un travail. Ce premier job qui nous permet d’entrer véritablement dans la vie active. J’ai donc cherché un emploi. Mais, je ne savais pas par où commencer. C’est à cet instant qu’à germer l’idée de créer ma propre entreprise. Entrepreneuse dans l’âme, j’ai décidé de créer mon emploi et ainsi d’être maîtresse de ma vie professionnelle. J’ai alors tout juste 23 ans. 

Pouvez-vous nous présenter Restopolitan ? 

Restopolitan a été créée en décembre 2006. A l’origine c’était une plateforme web dédiée à la réservation de restaurant en ligne. Aujourd’hui, on propose, au travers d’une carte de membre, de réserver une table dans un restaurant pour au moins deux personnes et de se voir offrir un repas (le moins cher, sur une formule entrée/plat ou plat/dessert). Une fois la carte achetée, on peut réserver n’importe quel repas, même le week-end, et autant de fois qu'on le souhaite, le nombre de réservations étant illimité. L’ambition de Restopolitan est de rendre le restaurant abordable, que ce soit les tables gastronomiques ou les bistrots de quartier, et ainsi de permettre à nos membres de multiplier les découvertes culinaires et les expériences gustatives. 

Comment vous est venue l'idée de cette entreprise ? 

Tout est parti de New-York où j’ai séjourné un an après mon école de commerce. De retour en France, alors que je cherchais une idée pour créer mon entreprise, je me suis rendue compte que l’on pouvait tout réserver (un hôtel, une place de train, etc.), sauf son restaurant. Il n’y avait pas d’équivalent comme à New-York où, avec Open Table, vous pouvez réserver une table de restaurant sur internet. C’est de là qu’est venue mon idée. Par ailleurs, le secteur de la restauration n’était pas anodin pour moi, parce que mes grands-parents étaient restaurateurs. Donc c’est un sujet que je maîtrisais, qui me tenait à cœur. 

Votre société a été au bord du bilan en 2011 alors que vous aviez fait de grosses levées de fond les années précédentes. Qu'avez-vous mis en œuvre pour en faire de nouveau une entreprise bénéficiaire ? 

Après 5 ans, Restopolitan était effectivement au bord du dépôt de bilan. C’est un moment particulièrement délicat parce que soit vous restez sur votre modèle de base, essayant par tous les moyens de faire en sorte que les choses marchent, soit vous changez radicalement de stratégie. Le premier réflexe a été d’opter pour la première option, en vain. Nous avons finalement opéré un changement radical de concept dans un délai très court pour sauver l’entreprise, sachant qu’il nous restait deux mois de trésorerie. Nous avons ainsi lancé la carte Restopolitan. Un pari qui s’est avéré gagnant. 

Quels enseignements tirez-vous de cette période délicate pour votre entreprise ?

Lorsque vous vous retrouvez au pied du mur, les hésitations ne sont plus permises. Il faut trancher et ne pas avoir peur de se remettre en question. Il faut savoir se réinventer, accepter de repartir de zéro, et ne pas s’entêter à persister dans un modèle économique qui n’a pas pris. Quand on prend la décision de changer, il ne faut pas faire les choses à moitié. 

En 2015, vous êtes la marraine du concours Créatives d'Avenir. Pourquoi avez-vous accepté de porter cet événement ? 

Aujourd’hui, si beaucoup de femmes ont la fibre entrepreneuriale, certaines n’osent pas encore franchir le cap. Il me semble important de montrer qu’elles ont autant de capacité que les hommes à entreprendre, qu’elles sont des entrepreneures comme les autres. Il faut donc encourager celles qui font le pari d’entreprendre et faire tomber les barrières. Le concours porté par Initiative Ile-de-France a justement pour objectifs promouvoir le talent entrepreneurial des femmes. En étant marraine de cette édition, j’espère contribuer à mon échelle à donner plus de confiance aux femmes désireuses de créer leur entreprise et leur montrer que, malgré les difficultés, il est possible d’entreprendre et d’être maîtresse de sa vie professionnelle. 

En quoi ce concours peut-il être un levier pour les femmes entrepreneuses ? 

Participer au concours est un bon moyen de se challenger. Les finalistes retenues après examen des dossiers doivent passer devant un jury. Cela implique de bien réfléchir à son business plan, d’analyser les atouts et les faiblesses de son entreprise. En somme, de faire le point. C’est aussi un moyen de booster la confiance en soi qui peut parfois manquer. 

Cela permet également d’avoir un aperçu de l’attractivité de son projet. Passer devant un jury pour présenter son projet, c’est le tester et vérifier si de potentiels investisseurs seraient intéressés. C’est en quelque sorte un entrainement.

Enfin, pour les lauréates, c’est un moyen d’acquérir de la visibilité et d’en tirer une forme de reconnaissance et de fierté. 

Quels conseils pourriez-vous donner à une jeune femme pour devenir une entrepreneuse de talent ? 

Tout d’abord si une femme souhaite devenir une entrepreneuse, je lui dirais de se lancer. Il faut croire en son projet. Il y a peu à perdre et tout à gagner à essayer, que ce soit en termes d’expérience, de maturité, etc. Ensuite, il est très important d’avoir un business model viable prenant en compte tous les tenants et les aboutissants de son entreprise et dans lequel on va s’épanouir. Enfin, il ne faut pas oublier l’essentiel. Pour que ça marche, il faut des clients et donc rester concentrer là-dessus. Le cas échéant, il ne faut pas hésiter à se remettre en cause et à imaginer un nouveau modèle. L’hésitation peut parfois être notre pire ennemi. 

Propos recueillis par Sandrine Damie (novembre 2015)