Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Ludwine Probst

Data Engineer
Date de l'interview : 23/11/2015

Aujourd’hui des données il y en a un peu partout. Mon rôle est de les récupérer, les stocker puis de réfléchir sur comment les utiliser au mieux.

Des mathématiques à l'informatique : zoom sur le parcours d'une jeune femme à l'aise dans le secteur de la programmation !

Quel a été votre parcours de formation ? 

Après un bac S spécialité Maths à Belfort, je suis entrée en classe préparatoire PSCI puis PC au lycée Victor Hugo de Besançon.

Je n’avais pas d’idée très fixe de ce que je souhaitais faire plus tard, et j’avais besoin d’un cadre : la prépa s’est donc avéré comme un bon choix. J’ai passé les concours d’entrée aux écoles d’ingénieur, mais en réalité aucune ne m’intéressait vraiment car j’avais du mal à comprendre quel était le quotidien d’un ingénieur. Comme l’une de mes matières préférées était depuis toujours les mathématiques, j’ai décidé de m’orienter en licence de Mathématiques. En 2010, j’ai obtenu mon master recherche en mathématiques, et aujourd’hui je suis développeuse informatique.

Qu'est-ce qui vous attirait dans les études de mathématiques ?

Ce que j’aime avant tout dans les mathématiques c’est le fait de devoir réfléchir pour résoudre des problèmes. Je vois cela comme des challenges. Il faut aussi être patient : parfois la solution arrive de suite, et puis d’autres fois, on reste bloqué des heures sur un même problème. J’adore aussi la satisfaction que l’on ressent lorsqu’on trouve la solution.

Les mathématiques apprises au collège et lycée sont complètement différentes de celles apprises dans le supérieur. Les mathématiques sont souvent perçues comme inutiles, inaccessibles et comme une succession de calculs complexes. Pour moi, c’est avant tout de la logique et du raisonnement. Parfois on utilise des calculs, mais parfois de simples phrases en “français” suffisent à démontrer un théorème. En bref, je dirais que les mathématiques, c’est imaginer et trouver un chemin pour résoudre un problème donné : c’est être créatif, patient, et déterminé. C’est tout cela qui me plaît !

Comment êtes-vous passée des mathématiques à l'informatique ?

Vraiment par hasard. Je n’aurais pas imaginé travailler un jour dans l’informatique. Je n’ai jamais été très connectée et jeux vidéo. J’ai eu mon premier ordinateur avec Internet à 25 ans. Après mon master, j’ai cherché un job, et je suis tombée sur une annonce qui cherchait des développeurs, avec possibilité de formation pour les débutants. Le poste était à Paris, un rêve pour moi d’y vivre.

J’avais envie de changement, et je me disais qu’écrire du code, c’était un peu comme les maths : on a un problème à résoudre, et au lieu d’utiliser des formules et théorèmes, on écrit des instructions à un ordinateur. J’ai eu envie d’essayer, alors j’ai accepté le job et suis montée à Paris en août 2010 pour travailler en tant que développeuse Java sur une application web pour le ministère de l’Intérieur.

Quel a été votre premier emploi ? Que retenez-vous de cette première expérience ?

Nous étions 8 dans l’équipe. Et mon rôle était principalement de rajouter des fonctionnalités à l’application web ou de corriger des anomalies détectées par les utilisateurs. Par exemple, j’ai codé de nouvelles pages avec tous les éléments que l’on peut imaginer (boutons, tableaux, formulaires, etc.). Et puis je devais m’occuper des données utilisateurs : j’avais des scripts à écrire en SQL pour insérer, supprimer, ou corriger des données. C’est un travail surtout de logique.

Cette première expérience a été très enrichissante : j’y ai découvert le monde de l’entreprise, le travail en équipe et j’y ai fait mes premiers pas dans le code.

Vous êtes actuellement Data Engineer. Quelles sont vos principales missions ?

Aujourd’hui des données il y en a un peu partout. Mon rôle est de les récupérer, les stocker puis de réfléchir sur comment les utiliser au mieux. Par exemple, je peux être amenée à faire des analyses des données pour détecter des comportements de fraude sur un site de e-commerce. Pour cela je dois déterminer un algorithme qui soit capable de remarquer des comportements suspects. Puis je dois écrire le code correspondant et enfin l’intégrer dans l’application globale. 

A quoi ressemble votre quotidien ?

En général je travaille de 9 h 30 à 18 h 30. Le travail se fait au sein d’une équipe, avec des tâches individuelles. Si l’un de nous est bloqué, la règle est de demander de l’aide à un collègue. Il arrive aussi que l’on travaille à plusieurs, cela dépend des projets et des équipes.

En informatique on a vraiment besoin de l’anglais : la plupart des bons tutoriels et forums d’entraide sont en anglais. Et puis on m’a toujours demandé de commenter mon code en anglais. L’anglais est un peu la langue universelle dans le monde des développeurs.

Qu'aimez-vous dans votre vie professionnelle ?

J’aime le travail en équipe, et aussi le fait que mon travail soit varié. Il y a de nouvelles technologies, de nouveaux outils et langages tout le temps. L’informatique est un milieu qui évolue sans cesse et pour rester dans le coup il faut rester au courant ! Au final, j’apprends de nouvelles choses en permanence et ne m’ennuie donc jamais.

Vous êtes impliquée à différents niveaux dans des associations faisant la promotion de l'informatique / du numérique auprès des femmes. Pourquoi cet engagement ?

Je pense qu’il est important que chacun puisse réfléchir à son avenir sans se fermer de portes. Concernant les sciences et en particulier l’informatique, les femmes y sont peu présentes. Seuls 10 % des développeurs en France sont des femmes. Peut-être à cause de certains préjugés ou barrières inconscientes. Alors j’ai eu envie de montrer que l’on pouvait s’amuser et faire des choses fun dans l’informatique. D’où mon investissement dans ces associations.

Vous allez prochainement faire un tour en Asie pour aller à la rencontre de femmes dans le secteur de la Tech. Pouvez-vous nous parler de ce projet et de vos objectifs ?

Oui, je m’apprête à partir environ 3 mois au Népal, Laos, Cambodge, Indonésie et Thaïlande pour rencontrer les communautés de développeurs et entrepreneurs locaux. J’ai envie de m’ouvrir à d’autres cercles, et voir, puis comprendre comment s’organise l’écosystème sur place. Je pense que je vais apprendre beaucoup de ces rencontres, et ça m’aidera à aborder ma vie sous un angle différent et prendre aussi plus de recul.

Quels conseils pourriez-vous donner à une jeune fille qui souhaite coder ou travailler dans l'informatique ?

Pour débuter, je conseille le site OpenClassrooms, très pédagogique. Je m’en suis beaucoup servi à mes débuts. Mais pour plus de convivialité, il existe événements spéciaux pour apprendre à coder en petit groupe, comme RailsGirls, DjandoGirls, ou bien l’événement Hour Of Code en décembre. Sur le site meetup, vous pourrez trouver la plupart des communautés de développeurs (Ladies Who Code, Women Who Code) et être au courant des événements.

Je voulais ajouter un point important : il n’est pas nécessaire d’avoir commencé à 12 ans pour devenir un super développeur, ni même d’être doué(e) en maths. Certains se reconvertissent dans l’informatique à 25 ou 30 ans avec beaucoup de succès après des carrières littéraires ou non scientifiques .L’informatique c’est très vaste : il y a des développeurs “back” / “logiciel” (plus sur des algorithmes purs), mais aussi “front” (plus sur l’aspect visuel), “web” (les sites web) ou encore “mobile” (applications mobile de vos smartphone). Et chaque langage a sa propre approche et syntaxe donc il y a en pour tous les goûts.

Propos recueillis par Sandrine Damie