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Les femmes à la tête des entreprises

Découvrez le portrait robot des femmes dirigeantes d'entreprise en 2015.


Le 25/01/2016

 

KPMG s’est interrogé sur la place des femmes dans ce monde de dirigeants : Qui sont-elles ? Où sont-elles sur le territoire ? Dans quels secteurs ? Comment se perçoivent-elles ? Comment sont-elles perçues ?

 

L'étude menée par KPMG dresse un état des lieux de la place des femmes à la direction entreprises en France de 2003 à 2013. Une enquête d’opinion a été réalisée par l’Institut CSA auprès de 600 dirigeant(e)s (400 femmes et 200 hommes) et apporte des informations sur les parcours des femmes dirigeantes et leur perception de la fonction, ainsi que des enseignements sur la question de la mixité dans ces fonctions. L’étude a été complétée par des entretiens et témoignages de 12 femmes dirigeantes partout en France à travers le réseau « Women for business » de KPMG.

 

La France peut mieux faire

 

Alors que les femmes représentent 48 % de la population active française, elles sont seulement 14 % à occuper des postes de direction. Cette part a très peu augmenté en 10 ans : à peine 1,2 point entre 2003 et 2013. Le poids des femmes dirigeantes décroit avec la taille de l’entreprise : plus la structure est importante, moins il y a de femmes dirigeantes, ces dernières étant davantage présentes dans les entreprises de 10-20 salariés.

 

Un signe encourageant est toutefois à signaler : les grandes entreprises (> 1 000 salariés) se distinguent par une forte progression de femmes dirigeantes, passant de 3,5 % à 7,5 % (+ 4 points).

 

En termes d’âge des dirigeantes, nous pouvons noter que l’évolution la plus forte concerne les femmes de 40 à 60 ans, avec une progression de plus de 4 points en 10 ans.

 

Comment les femmes accèdent-elles au pouvoir ?

 

Les modes d’accès aux fonctions de dirigeant(e) d’entreprise varient sensiblement en fonction du genre. En effet, si les femmes comme les hommes y accèdent d’abord en créant eux-mêmes ou en rachetant leur entreprise (44 % pour les premières et 43 % pour les seconds) et par promotion interne (27 % pour les unes comme pour les autres), elles le deviennent plus souvent par transmission familiale (22 %, contre 16 % pour les hommes). La succession est un moteur d’accès au pouvoir important dans les secteurs traditionnellement masculins (industrie, BTP).

 

Dans les grandes entreprises, la promotion interne prime. Ainsi, 60 % des femmes dirigeantes dans les entreprises de plus de 250 collaborateurs ont été promues.  En revanche, elles deviennent moins souvent dirigeantes par recrutement externe que les hommes (7 % contre 14 %).

 

Quelles motivations ?

 

Un profil de dirigeant s’affirme à travers des motivations identiques entre hommes et femmes malgré des difficultés sensiblement différentes dans l’exercice de leur fonction.

 

Interrogé(e)s sur les raisons qui les ont poussé(e)s à accepter un poste de dirigeant(e), les femmes comme les hommes citent d’abord le goût d’entreprendre (respectivement 39 % et 46 %) et l’épanouissement professionnel (38 % et 27 %).

 

Les valeurs des dirigeants ne paraissent pas différer fondamentalement selon leur genre. Toutefois, l’objectif du pouvoir les distingue : 24 % des femmes déclarent avoir saisi l’opportunité sans l’avoir particulièrement recherchée, contre 18 % des hommes.

 

Concernant les obstacles rencontrés, les hommes comme les femmes citent d’abord la difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle.

 

En revanche, les femmes soulignent davantage que les hommes leur manque de confiance en elles (20 % contre 13 %).

 

Une dirigeante sur dix considère que le fait d’être une femme a constitué un obstacle pour sa prise de fonction, une question qui ne se pose absolument pas chez les hommes.

 

Les dirigeant(e)s partagent tous une même passion de l’entreprise, mais les femmes y mettent une composante humaine et relationnelle plus forte. Les trois éléments arrivant en tête tant pour les femmes que pour les hommes sont les mêmes : le management, la prise de décisions stratégiques et le développement commercial de l’entreprise. Cependant, les femmes insistent davantage que les hommes sur la relation client (20 % vs 12 %), les rapports avec les parties prenantes de l’entreprise (20 % vs 11 %) et le fait d’encadrer d’autres personnes (14 % vs 6 %).

 

Sandrine Damie