Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Sibylle Auboyneau

Déléguée générale de Dauphine Alumni
Date de l'interview : 12/10/2015

Il était essentiel de renforcer et professionnaliser la structure permanente de Dauphine Alumni pour répondre aux exigences et attentes des alumni et accompagner l'ensemble des bénévoles.

Comment vit et se développe un réseau d'anciens ? Zoom sur Dauphine Alumni à l'occasion de la nomination de Sibylle Auboyneau au poste de Déléguée générale de Dauphine Alumni.

Depuis septembre 2015, vous êtes Déléguée générale de Dauphine Alumni. Pouvez-vous nous retracer rapidement votre parcours professionnel ? 

Après une maîtrise de Sciences de gestion de Paris-Dauphine, j'ai obtenu un DESS (bac + 5) de communication audiovisuelle à Panthéon-Sorbonne (1990). J'ai accompli l’essentiel de ma carrière dans des fonctions de communication ou de direction de cabinet dans la sphère universitaire.

De 1999 à 2005, j'ai fait mes armes à la communication de l’université Panthéon-Sorbonne, puis rejoint l’université Paris-Diderot, d’abord à la communication puis comme chef de cabinet du Président.

En 2009, je suis devenue directrice de cabinet du Président de l’université Paris-Dauphine pendant 2 ans. Consultante en recrutement (luxe et industrie) de 2011 à 2013, je suis revenue à Dauphine occupant pendant 2 ans la fonction de responsable de la cellule des partenariats entreprise. En 2013, j'ai été élue parallèlement administratrice de Dauphine Alumni.

Quand Dauphine crée le poste de Déléguée générale de Dauphine Alumni, j'ai naturellement candidaté pour relever ce challenge étant déjà fortement investie dans l'Association Alumni.

A quels besoin la création de votre poste de Déléguée générale de Dauphine Alumni répond-elle ?

Le modèle d’animation d’une telle association par des bénévoles était à bout de souffle. Les administrateurs de Dauphine Alumni, tous professionnels en fonction, ne pouvaient plus produire ou faire produire dans leur économie de temps, les produits et services, de qualité professionnelle, attendus par les adhérents.
Par ailleurs, le réseau des Alumni s'était densifié. L’association avait également développé avec l’Université et sa Fondation de nouvelles coopérations, dont la plus visible est l’intégration des étudiants dans l’association dès leur arrivée à Dauphine.
Il était donc essentiel de renforcer et professionnaliser la structure permanente de Dauphine Alumni pour répondre aux exigences et attentes des alumni et accompagner l'ensemble des bénévoles.

Pouvez-vous évoquer les grandes étapes du développement de Dauphine Alumni ?

Il existait une association d'anciens dès la création de l'université en 1968 ; à l'époque elle s'appelait AML, Association des maîtres et licenciés. L'association a vite grandi. En 1997, elle comptait déjà 40 000 diplômés. On a alors créé ce qui allait être le 1er site web d'association d'anciens d'université. Cela a permis de rassembler plus facilement des gens qui n'avaient jusqu'alors que l'annuaire papier comme outil de réseau !

Aujourd'hui les communautés se retrouvent en premier sur les réseaux sociaux. Les chiffres sont impressionnants : plus d’un tiers des Dauphinois y sont.
L’une des problématiques majeures - sur laquelle nous travaillons depuis 3/4 ans - est de retransformer ce réseau virtuel en un réel réseau avec échange de cartes de visite. La confiance se crée avec le face à face.

Sur les 20 dernières années, Dauphine Alumni s'appuyait sur un socle de pilotage de carrière classique (bourse d'emploi, aide à la mobilité par des professionnels, conférences, etc.). Malgré l'efficacité, nous avons – à l’instar des autres associations d’anciens élèves -  ces dernières années une érosion des adhésions de ceux qui avaient de 3 à 5 ans de carrière. 

L’analyse déboucha sur 3 constats :

  • une explosion d'anciens sur LinkedIn / Viadeo / Facebook avec un fort attachement à la marque sans pour autant rejoindre l'association ;
  • un besoin de clarification du positionnement de Dauphine Alumni entre la Fondation et l'Université, avec une articulation peu compréhensible de l'extérieur d'où nos efforts - depuis quelques années - pour offrir une meilleure coordination et visibilité des actions de chacun ;
  • une nécessité de créer au plus tôt le réflexe de réseau d'où le développement depuis 18 mois de l'intégration des étudiants de Dauphine dès la 1re année.

 

Le développement du réseau auprès des étudiants en cours de formation est un axe fort de Dauphine Alumni. Pouvez-vous nous éclairer sur cet axe de travail ?

« No work without network ». Nous cessons de marteler cette évidence. Une vision partagée et portée par les Présidents de l’Université et de Dauphine Alumni qui a donné lieu à cette initiative de 2014 pour fidéliser nos jeunes, les habituer à la notion de réseau dès leur cursus à Dauphine. C'est fait par toutes les écoles, mais pour nous, c'est une grande première. Nous sommes présents dès les campagnes d'inscription avec une  proposition de cotisation forfaitaire pour toute leurs scolarité très attractive.
Le succès est grand. Les jeunes sont en demande pour constituer leur réseau dès leurs études.

A Dauphine, nous avons la chance de couvrir de nombreux métiers ; notre force est la variété de nos profils. Nous avons des cohortes très importantes dans plus de 90 spécialités de masters.

A noter : chaque master a sa propre association, soutenant certes des communications d’expertise, mais générant pas mal de déperdition d’énergie ou occasionnant souvent des brouillages de messages avec les groupes professionnels
Depuis 5 ans, dans une logique de fédération et de mutualisation sous la marque amiral Dauphine, nous avons commencé à nous rapprocher de ces associations de filières pour signer des partenariats. Nous leur proposons d'être présent sur le site de Dauphine Alumni tout en conservant leur spécificité. Les bénévoles de chaque filière sont satisfaits d'avoir un renfort de la part de Dauphine Alumni car le manque de temps peut être un frein aux activités et services rendus par chaque association.

Quels sont les axes majeurs de votre plan stratégique 2013-2018 ?

Poursuivre et développer.
Tout d’abord, continuer d’aller au-devant des alumni, en renforçant les chapters régionaux  et internationaux. Car les étudiants sont très en demande, notamment quand ils entament une année de césure. C'est un énorme "plus" pour eux de pouvoir contacter la communauté des Dauphinois dans le monde entier. C'est aussi bien pour trouver un stage que pour s'installer loin de chez eux pour un stage.

L'insertion pro reste du ressort de l'université, mais nous pouvons intervenir en complémentarité.

Parallèlement en renforçant les clubs professionnels : le partage d’expériences et de bonnes pratiques professionnelles, la densification du réseau professionnel sont les fondamentaux d’une Alumni. Les anciens de Dauphine ont ce capital d’expérience, que nous allons enrichir en intégrant le vivier de chercheurs dauphinois.

Nous renforcerons notre visibilité externe avec à la rentrée 2016 une grande journée "Dauphine Day".

Comment faire revenir vers Dauphine Alumni les anciens ?

Il s'agit d'une de mes missions phares. A chaque fois que je retrouve des anciens, ils ont la plupart du temps un point commun : ils ont de très bons souvenirs de leurs études à Dauphine et sont très fiers de ce que Dauphine devient. Quand on les rencontre, ils sont près de 80 % à rejoindre Dauphine Alumni mais tous évoquent le fait de ne pas avoir été contactés depuis qu'ils sont partis !

Les faire revenir, c’est donc d’une part de les ré-identifier pour tout simplement être capable de leur parler, leur montrer le concret des services qu’ils trouveront dans leur association, et leur dire aussi leur responsabilité de muscler le réseau qui fait leur fierté.

Quelle est la place des réseaux sociaux dans vos actions auprès des anciens ?

Il y a une réelle animation de nos comptes sur les réseaux sociaux avec un community manager. On y raconte la vie de Dauphine Alumni, les événements mais on a aussi des échanges de contacts via les posts sur les réseaux.

On souhaite y être attractif sans rien imposer !

Propos recueillis par Sandrine Damie