Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

René Pouessel

Chauffeur privé
Date de l'interview : 03/08/2015

Le haut de gamme permet d'avoir une clientèle différente des taxis, et permet de fidéliser certains clients satisfaits des services.

Zoom sur le quotidien d'un chauffeur privé qui mise sur le haut de gamme pour se différencier.

Avant de vous installer à votre compte, vous avez eu une carrière professionnelle dans un tout autre secteur (la finance). Pourquoi avez-vous eu envie de changer de métier ?

J ai exercé beaucoup de métiers, mais le plus long a été celui de négociateur sur les marchés à la bourse de Paris - au début pour des banques et courtiers, et après pour moi-même de 1989 à 1998. Au tournant des années 2000, j'ai eu envie de changement.

J ai fait ce métier (VTC voiture de transport avec chauffeur) ou chauffeur privé pour le contact avec la clientèle et le fait de pouvoir rester indépendant.

J'ai aussi en tête de faire grandir ma société, si le contexte si prête.

Quel a été votre parcours de formation ?

 J'ai suivi une formation de 257 heures de VTC-chauffeur privé chez ADAPSA à Bagneux avant de me lancer.

Qu'aimez-vous dans le métier de chauffeur ?

J'apprécie les contacts avec la clientèle, la liberté malgré des horaires décalés.

Comment avez-vous vu évoluer le métier et votre quotidien ?

J'ai constaté de plus en plus de systèmes d'applications pour VTC sur le marché comme Uber et le CAB... mais aussi des prix bradés dans Paris et beaucoup plus de concurrence. A Massy, c'est différent. Pour ma part, je travaille avec les entreprises et hôtels, et des particuliers - sans application.

Quelles qualités faut-il pour être chauffeur ?

Il faut aimer le contact, conduire en toutes circonstances, avoir de la patiente et une grande disponibilité.

Connaissez-vous parfaitement les rues de Paris et de sa proche banlieue ou le GPS a changé votre façon de travailler ?

Je connais bien Paris et sa banlieue, mais on ne connait jamais vraiment parfaitement toutes les routes ; le GPS aide beaucoup au niveau des routes secondaires et pour le trafic en tant réel et le "recalcul" de l'itinéraire en cas de difficultés routières. Le GPS rassure les clients sur les trajets.

Depuis le début de l'année, vous avez créé Easycar’s vtc, société de location de véhicule haut de gamme avec chauffeur. Pourquoi ce choix ?

Je l'ai créée parce que, gérant d'entreprise depuis longtemps, je voulais garder cette indépendance professionnelle. Le haut de gamme permet d'avoir une clientèle différente des taxis, et permet de fidéliser certains clients satisfaits des services (mise à disposition : bouteilles d'eau, utilisation d'une tablette connectée, chargeurs de téléphone et autre, casque audio, etc.).

A quoi ressemble une journée type de travail pour vous désormais ?

Faire le point le soir avec le planning du lendemain, planifier les réservations afin d'optimiser les temps de trajet entre chaque course, laver la voiture, gérer les appels de la journée pour les courses immédiates. Et si le planning de la journée le permet faire du commercial et de la comptabilité.

Actuellement les relations restent tendues entre les chauffeurs de taxi et les VTC sans oublier la récente polémique autour d'UberPop. Qu'est-ce qui différencie, selon vous, ces différentes pratiques professionnelles ?

Les chauffeurs de taxi ont une licence pour prendre des clients partout sur la voie publique ou dans leurs communes pour les taxis banlieues. Ils peuvent travailler sur réservation. Pour les VTC (Véhicule de Transport avec Chauffeur), ils doivent travailler uniquement sur réservation (preuve de réservation) et n'ont pas le droit de prendre des clients sur la voie publique sans réservation ; le problème d'Uberpop : ce n'est pas du VTC comme les journalistes l'ont annoncé, mais bien un système de co-voiturage comme les autres systèmes de co-voiturage, sauf que Uber s'est servi de son application "VTC" pour créer son application Uberpop : chauffeur sans formation, sans assurance spécifique, sans charges sociales, sans impôts et qui peuvent travailler 10 heures par jour s'ils le veulent sans autorisation légale : donc c'est du travail au noir.

Les VTC sont des personnes qui ont fait une formation pour, soit se mettre en entreprise propre, soit travailler pour une entreprise donc être salarié déclaré. Ils doivent avoir obligatoirement l'aval du ministère des Transports (3 mois d'attente) une assurance spéciale pour VTC (s'élevant entre 1 600 et 2 500 euros par an), un contrôle technique du véhicule obligatoire tous les ans, une visite médicale tous les 5 ans, ainsi qu'un stage de mise à niveau tous les 5 ans également.

Les taxis et les personnes non informées confondent donc le terme VTC, et Uberpop a créé cette confusion... aujourd'hui, il faut absolument rétablir la vérité sur ce terme et ce métier, pour ne plus avoir de conflit inutile.

 

Propos recueillis par Sandrine Damie (juillet 2015)