Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Gilles Bonnet

Chargé de mission Partenariats Européens et Internationaux - Région Ile-de-France
Date de l'interview : 31/07/2015

Les jeunes au retour de mobilité s'inscrivent plus vite et durablement dans la vie active que ceux qui n'ont pas bénéficié d'une expérience à l'étranger.

Zoom sur les actions régionales en termes de mobilité internationale des jeunes.

Vous êtes en charge des partenariats européens et internationaux au sein de la Région Ile-de-France. Quels sont les principaux objectifs de votre service ?

Historiquement, ce sont les étudiants qui les premiers ont bénéficié d'aide à la mobilité internationale, notamment grâce au programme Erasmus+, mais aussi avec le soutien complémentaire de la Région Ile-de-France. Progressivement, la Région Ile-de-France a ensuite mis en place des dispositifs d'aide pour les autres statuts : lycéens, apprentis, demandeurs d'emploi/jeunes de missions locales. Le service des Partenariats Européens et Internationaux est particulièrement en charge de la mise en œuvre des dispositifs à destination des demandeurs d'emploi.

Quels sont les dispositifs régionaux existants pour la mobilité internationale des Franciliens ?

En 2015, la Région recense 17dispositifs d'accompagnement individuel des jeunes Franciliens, tous statuts confondus. Il existe deux autres dispositifs à destination de structures intermédiaires (organismes de formation, missions locales, CFA, établissements d'enseignement supérieur, etc.). En 2013, 18 600 Franciliens ont bénéficié de l'accompagnement régional, pour un budget total de plus de 24 millions d'euros.

La Région Ile-de-France propose des aides à la mobilité pour les jeunes et les personnes en recherche d'emploi. Quelles formes peut prendre cette aide ?

Elles sont de deux types : un accompagnement pédagogique au projet de mobilité (orientation, conseil, préparation au départ, aide à la recherche du type de mobilité le plus adapté au projet personnel) et bien entendu une aide financière, sous forme de bourses mensuelles ou d'aide au départ (montant forfaitaire), variable selon les dispositifs.

Quels sont les types de projets de mobilité soutenus par la Région ?

Pour les demandeurs d'emploi, de 18 à 32 ans, ou  les jeunes inscrits en missions locales, trois types de mobilité sont éligibles : le volontariat (sauf les VIE et VIA, volontariats internationaux en entreprise ou en administration), les stages (en excluant les périodes de stage obligatoire dans le cadre d'une formation initiale), ou une première expérience professionnelle à l'étranger. Les PVTistes (programme Vacances-Travail) sont également éligibles.

Pouvez-vous dresser le bilan, par public visé, des bénéficiaires des différentes aides à la mobilité ?

En 2013, le bilan est le suivant :

  • Lycéens : 1320 bénéficiaires/1,183 M€
  • Etudiants : 18 600 bénéficiaires/9,191 M€
  • Apprentis : 5900 bénéficiaires/3,542 M€
  • Demandeurs d'emploi/jeunes de missions locales : 1025 bénéficiaires/1,7 M€


De quels fonds européens bénéficient la Région pour ses différentes actions de mobilité et d'insertion des jeunes ?

L'Aide à la mobilité internationale des étudiants (AMIE), accordée par la Région Ile-de-France, est cumulable avec une bourse Erasmus+. Toujours dans le cadre d'Erasmus+ (le programme européen de formation et d'éducation tout au long de la vie pour la période 2014-2020), la Région Ile-de-France cofinance les bourses accordées à des missions locales ou des organismes de formation pour la mobilité des demandeurs d'emploi (ex-programme Leonardo da Vinci).

Par ailleurs, en quoi consiste le programme Eurodyssée ? A qui s'adresse-il ?

Eurodyssée a été le tout premier programme de mobilité européenne à destination des demandeurs d'emploi, initié en 1985 par l'Assemblée des Régions d'Europe (ARE). La région Ile-de-France a intégré ce programme en 2002. Basé sur la réciprocité, ce programme concerne aujourd'hui 100 bénéficiaires par an : il permet à la fois d'envoyer 50 jeunes demandeurs d'emploi dans une région européenne pour y effectuer un stage professionnelle de 6 mois (incluant des cours de langue à l'arrivée), et d'accueillir 50 jeunes demandeurs d'emploi en provenance des régions européennes membres de ce programme. La liste des régions partenaires est consultable sur www.eurodyssee.net.

Quel bilan tirez-vous des différents partenariats européens et internationaux auxquels la Région participe depuis plusieurs années ?

Que du positif ! Un passage par l'international est incontestablement un plus dans un CV, un "générateur d'opportunités" quel que soit son secteur ou son niveau de formation. Les études les plus récentes dans ce domaine, menées en 2013 par l'Agence Nationale Erasmus+ Education Formation le prouvent : les jeunes au retour de mobilité s'inscrivent plus vite et durablement dans la vie active que ceux qui n'ont pas bénéficié d'une expérience à l'étranger. Nous sommes là au cœur des missions d'insertion professionnelle des jeunes conférées aux Régions. Non seulement un "détour" par l'étranger renforce indéniablement les compétences linguistiques et professionnelles, mais c'est aussi, et avant tout autre chose, une expérience de vie. Se confronter à d'autres contextes, d'autres cultures, d'autres habitudes de travail, c'est apprendre sur soi ! on se connaît mieux au retour, on a davantage confiance en soi…partir pour mieux revenir !

Propos recueillis par Sandrine Damie