Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Zoom sur les entreprises d'insertion

La fédération des entreprises d'insertion vient de publier la 7e édition de l'Observatoire des entreprises d'insertion. Ce panorama revient sur l'analyse des données économiques et sociales des entreprises d'insertion de la fédération pour livrer une photographie détaillée de l'évolution de leur activité entre 2011 et 2013.


Le 28/09/2015

 

Créée en 1988, la Fédération des entreprises d'insertion rassemble les entreprises d'insertion et les entreprises de travail temporaire d'insertion, en France. S'inscrivant dans l'économie sociale et solidaire, celles-ci innovent par le modèle économique à finalité sociale qu'elles portent, qui conjugue travail salarié, accompagnement, et acquisition de compétences afin de favoriser l'accès à l'emploi durable des personnes en difficulté sociale et professionnelle.

 

La Fédération des entreprises d'insertion représente les 1 200 entreprises d'insertion et entreprises de travail temporaire d'insertion de France. Celles-ci emploient chaque année 65 000 salariés (dont 55 000 en parcours d'insertion) dans divers secteurs d'activité (valorisation de déchets, travail temporaire, services aux entreprises, BTP, environnement et espaces verts, tourisme et restauration, etc.) pour un chiffre d'affaires global de 850 M€.

 

Qu'est-ce qu'une entreprise d'insertion ?

 

L'entreprise de travail temporaire d'insertion propose des missions à des personnes rencontrant des difficultés d'accès à l'emploi. Elle évolue dans le cadre réglementaire du travail temporaire et assure plus de 85 % de ses ressources par son chiffre d'affaires. Comme dans l'intérim classique, les salariés en parcours d'insertion sont mis à disposition d'entreprises clientes et bénéficient en parallèle d'un accompagnement socioprofessionnel individualisé.

 

La 7e édition de l'Observatoire des entreprises d'insertion

 

La Fédération des entreprises d'insertion vient de publier la 7e édition de l'Observatoire des entreprises d'insertion. Celui-ci revient, au fil des pages, sur l'analyse des données économiques et sociales des entreprises d'insertion de la fédération pour livrer une photographie détaillée de l'évolution de leur activité entre 2011 et 2013.

 

Les entreprises d'insertion de la fédération enregistrent une augmentation de 15 % de leur chiffre d'affaires moyen entre 2011 et 2013, même si cette apparente bonne santé cache des disparités fortes entre secteurs d'activité, de même qu'un léger ralentissement en 2013.

 

A noter : les entreprises d'insertion améliorent leurs résultats en termes d'accompagnement socioprofessionnel et de requalification des salariés en insertion puisque 62 % sortent vers l'emploi et la formation en 2013. Ce taux de réussite progresse de 3 points en 3 ans.

 

Pour cette 7e édition, la Fédération des entreprises d'insertion a également ouvert les pages de son Observatoire à plusieurs experts, comme Patrick Lenancker, président de la CG SCOP, Marie Avenel et Véronique Rémy de la DARES, Pascale d'Artois, présidente du FAF.TT, Hugues Sibille, président du Labo de l'ESS ou encore Damien Boulanger et Benoit Caume, avocats. Ces différentes contributions apportent un éclairage sur différentes thématiques : statut – coopératif ou SAS – pour créer son entreprise d'insertion ; perception des salariés en insertion sur leur parcours en structure d'insertion par l'activité économique ; formation à l'œuvre dans les entreprises de travail temporaire d'insertion, clauses sociales, pôles territoriaux de coopération économique (PTCE)... Autant de clés pour comprendre le modèle d'entreprise d'insertion qui conjugue efficacité économique et finalité sociale dans une dynamique d'innovation permanente pour réunir les conditions d'accès et de retour à l'emploi durable des personnes éloignées de l'emploi.

 

Profil des salariés en insertion

 

Les salariés en parcours d'insertion sont en majorité des hommes, pas ou peu diplômés, demandeurs d'emploi de longue durée et/ou allocataires de minima sociaux, regroupant toutes les tranches d'âge de la population. En moyenne, sur les 3 dernières années, les salariés en parcours d'insertion sont ainsi à 76 % des hommes, à 24 % des femmes.

 

A leur entrée dans l'entreprise, ils ont à 78 % un niveau de formation inférieur ou égal au CAP/BEP et sont à plus de 50 % des demandeurs d'emploi de longue durée et/ou des allocataires de minima sociaux (43 % dont 29 % d'allocataires du revenu de solidarité active - RSA). Les jeunes de moins de 26 ans représentent 28 % des salariés en parcours d'insertion et les séniors 10 % en moyenne sur les 3 dernières années.

 

Bon à savoir : les salariés en parcours d'insertion représentent 83 % de l'effectif global des entreprises d'insertion ; les salariés permanents, 17 %. Près de la moitié des salariés permanents assure l'accompagnement et l'encadrement des salariés en parcours d'insertion. L'autre moitié se partage entre la production et des fonctions similaires à toute entreprise classique (direction, gestion financière, commerciale, administrative, etc.).

 

Quelle perception ont les salariés de leur parcours d'insertion ?

 

La Dares a mené une enquête téléphonique de février à août 2012 auprès de 7 000 salariés en parcours d'insertion entrés dans une structure d'insertion par l'activité économique (SIAE) - ateliers et chantiers d'insertion (ACI), association intermédiaire (AI), entreprise d'insertion (EI) ou entreprise de travail temporaire d'insertion (ETTI). Cette enquête avait pour principal objectif d'en savoir plus sur la manière dont se déroulent les parcours d'insertion en interrogeant les premiers concernés, les salariés accompagnés par les SIAE.

 

Pour résumer leur parcours avant leur entrée dans une des structures de l'insertion par l'activité économique, la majorité des personnes déclarent avoir connu une succession d'emplois temporaires (33 %) ou bien une première phase d'emploi stable suivie d'un ou plusieurs épisodes de chômage (27 %). Les personnes embauchées dans une entreprise d'insertion occupaient plus souvent un emploi juste avant (27%) que celles recrutées par un atelier et chantier d'insertion (17 %), mais moins souvent que celles embauchées par une entreprise de travail temporaire d'insertion (33 %). Pour expliquer la perte de cet emploi, la majorité des salariés en insertion (62 %) citent les fins de CDD ou de missions d'intérim.

 

Ensuite, 54 % des personnes embauchées par une SIAE ont trouvé leur emploi par des canaux informels (bouche à oreille, effort personnel de prospection, ancien employeur, etc.).

 

La perception d'un salaire (36 %) est la principale raison d'entrée dans la structure. Le fait de reprendre contact avec le monde du travail (17 %), de ne pas rester sans rien faire (14 %), ou encore d'acquérir une expérience professionnelle (13 %) arrivent ensuite.

 

Les salariés des ACI sont les plus nombreux à déclarer avoir bénéficié d'un accompagnement et d'une formation au cours de leur parcours d'insertion, juste devant les salariés des EI.  

 

Enfin, 83 % des salariés en insertion, tous types de structures confondus, considèrent que leur passage dans une SIAE a été plutôt ou très satisfaisant. Les salariés accompagnés ou formés sont plus nombreux dans ce dernier cas, que l'accompagnement ait consisté en des conseils sur la manière de faire le travail, en une aide pour définir un projet professionnel ou pour régler des problèmes personnels. L'état de santé, la situation familiale et les conditions de logement peuvent aussi conditionner le degré de satisfaction.

 

 

Sandrine Damie


Télécharger la 7e édition de l'Observatoire des entreprises d'insertion.