Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Coopération scientifique : Anne-Lucie Wack

Présidente de la Conférence des grandes écoles
Date de l'interview : 23/07/2015

Nos grandes écoles sont nombreuses à avoir des liens très forts à la recherche et à l'innovation, et il est essentiel que, de leur côté, les organismes de recherche s'impliquent plus dans la formation, ce qu'ils sont en train de faire.

Zoom sur la coopération scientifique avec la Fondation de coopération scientifique "Agropolis Fondation".

De 2007 à 2013, vous avez en effet créé puis dirigé la Fondation de coopération scientifique "Agropolis Fondation" et son réseau scientifique. Qu'appréciez-vous particulièrement dans la recherche ?

Ce que j'apprécie le plus dans la recherche, c'est la capacité à savoir formuler et se saisir des bonnes questions, à trouver les bonnes méthodes d'approche, à remonter parfois très loin dans la compréhension des mécanismes à l'œuvre, qu'il soient de nature mécanique, physique, biologique, chimique ou social et à s'interroger sur l'impact des changements technologiques ou sociétaux. C'est très formateur et utile dans de nombreux métiers.

En prenant la direction générale de Montpellier SupAgro, je suis passée de la sphère de la recherche, où j'ai passé plus de 20 ans, à celle de l'enseignement supérieur. Ayant effectué cette transition je vois bien l‘intérêt de mieux coupler les deux. Pas seulement pour nourrir les formations des avancées de la science, ou pour donner aux étudiants la culture de l'innovation et de l'inventivité, mais aussi comme posture intellectuelle, surtout dans le monde actuel où tout bouge très vite et où les étudiants doivent d'abord apprendre à apprendre, et apprendre à comprendre. Nos grandes écoles sont nombreuses à avoir des liens très forts à la recherche et à l'innovation, et il est essentiel que, de leur côté, les organismes de recherche s'impliquent plus dans la formation, ce qu'ils sont en train de faire.

Quels étaient les objectifs que vous aviez fixés à cette fondation ?

C'était, et c'est toujours, une  fondation de coopération scientifique. Son objectif est de promouvoir l'excellence et la visibilité internationale de la science agronomique française sur des grands enjeux mondiaux tels que l'adaptation de l'agriculture  au changement climatique, la lutte contre les bio-invasions ou le développement de systèmes agricoles et agro-alimentaires durables, etc. L'objectif de la fondation était de décloisonner les approches en faisant travailler ensemble des sciences biologiques, les sciences de l'ingénieur et les sciences humaines  et sociales, de mieux coupler formation et recherche, de croiser les problématiques des milieux tempérés, méditerranéens et tropicaux, pour plus d'impact.

Pour cela, la fondation finance, par le biais d'appels à projets compétitifs, des programmes scientifiques innovants et des mobilités de scientifiques seniors et juniors. Les ressources financières de la fondation proviennent de l'Etat mais aussi d'accords de co-financement que nous avons établis avec des agences,  des fondations internationales et des groupes privés.

Cette fondation avait bénéficié à sa création d'une dotation initiale de 20 M€ obtenus grâce au label de Réseau Thématique de Recherche Avancée dans le cadre de la Loi pour la recherche de 2006, puis d'une subvention  de 25 M€ du Programme Investissements d'Avenir - nous avions gagné le Labex Agro, 3e plus gros Laboratoire d'Excellence au plan national !

En quoi la coopération scientifique peut-elle être un levier pour l'emploi des diplômés du supérieur et de la recherche ?

Toutes les grandes problématiques nécessitent aujourd'hui une approche globale : le développement durable, le changement climatique, l'alimentation, la santé, l'économie, les ressources en eau et en énergie, etc. La coopération scientifique permet de travailler en confrontant les points de vue, en comparant les situations, en faisant circuler les cerveaux. Elle permet aussi de trouver de nouvelles opportunités pour les entreprises, et donc de faire levier pour l‘emploi. Tous les scientifiques, chercheurs ou enseignants, et tous les diplômés de l'enseignement supérieur doivent avoir cette ouverture internationale même s'ils ne sont pas destinés à une carrière à l'étranger. C'est devenu un pré-requis, et c'est pour cela que les écoles mettent l'accent sur les échanges académiques internationaux, les accords de doubles diplômes et développent les implantations à l'étranger.

Propos recueillis par Sandrine Damie (juillet 2015)