Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Fabienne Schimenovitz

Animatrice Emploi/Formation, éducation à l’environnement et au développement durable à la Direction régionale Ile-de-France de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
Date de l'interview : 16/03/2015

La transformation de l'économie vers une économie circulaire, sociale et solidaire durable se fera plus ou moins rapidement, mais on peut espérer qu'à terme cette transformation sera globale.

L'économie est aujourd'hui un volet important de la transition écologique. Fabienne Schimenovitz évoque les implications de ce constat pour les secteurs concernés, les entreprises et les métiers impactés.

Quelles sont les missions de l’Ademe ?

L'Ademe est l'opérateur de l'Etat pour accompagner la transition écologique et énergétique. C'est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous tutelle conjointe du ministère de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie et du ministère de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Afin de leur permettre de progresser dans leur démarche environnementale, l'Ademe met à disposition des entreprises des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public ses capacités d'expertise et de conseil. Elle aide en outre au financement de projets, de la recherche à la mise en œuvre, et ce, dans les domaines suivants : la gestion des déchets, la préservation des sols, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, la qualité de l'air et la lutte contre le bruit.

L’enjeu de la transition écologique modifie-t-il l’économie ?

Oui, on l’observe actuellement avec l’émergence de l’économie circulaire. Le modèle de production et de consommation qui prévalait depuis la révolution industrielle repose sur des ressources naturelles abondantes et un schéma linéaire : matières premières extraites > production > consommation > déchets. Ce modèle de développement a permis d’accélérer le "progrès" et à des milliards d’individus d’accéder à une certaine prospérité matérielle. Le fondement de la société de consommation trouve aujourd’hui ses limites face aux défis environnementaux, d’emploi et d'augmentation de la population mondiale, qui devrait progresser de 43% entre 2012 et 2100. Nos prélèvements sur les ressources naturelles dépassent déjà largement la biocapacité de la terre, c’est-à-dire sa capacité à régénérer les ressources renouvelables, à fournir des ressources non renouvelables et à absorber les déchets.

La prise de conscience collective a permis d’engager des démarches de réduction des impacts environnementaux qui sont un premier pas indispensable. Cependant réduire l’impact du modèle de développement actuel ne fait que reculer l’échéance. Une démarche plus ambitieuse s’impose. L’économie circulaire concrétise l’objectif de passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeur, positive sur un plan social, économique et environnemental.

Cette démarche, qui vise à économiser les ressources, demande de repenser toute la chaîne de consommation depuis la création d’un élément jusqu’à sa fin de vie. L’économie circulaire implique les secteurs de l’industrie manufacturière ou de la gestion des déchets, mais aussi les territoires. Une ville peut par exemple s’engager dans une démarche d’économie circulaire. C’est un processus très transversal, qui demande d’associer notamment les habitants et les entreprises. Bien sûr, ce n’est pas toujours très facile à mettre en place et cela nécessite du temps, mais ces transformations sont essentielles si l’on veut s’en sortir par rapport à l’état de la planète.

Certains secteurs sont-ils davantage impliqués dans cette transformation ?

Le secteur du bâtiment et ses métiers connait des évolutions importantes, en raison notamment des nouvelles réglementations thermiques. Aujourd’hui par exemple, les différents corps de métiers doivent savoir travailler ensemble sur un chantier afin de préserver l’efficacité énergétique du bâtiment. Car il est une réalité : on peut par exemple réaliser une construction avec une très bonne isolation thermique, mais les résultats seront mauvais si les fenêtres posées ne répondent pas aux normes ou si les futurs occupants ne sont pas sensibilisés à la manière d’utiliser les nouveaux équipements qui sont mis à leur disposition. Les entreprises du bâtiment doivent aujourd’hui être titulaires de la certification RGE (reconnu garant de l’environnement) afin que leurs clients puissent bénéficier d’aides publiques pour la réalisation de leurs travaux d’isolation.

La mobilité et les déplacements sont aussi affectés par le processus de transition écologique. Les acteurs économiques doivent ainsi mettre en place des plans de déplacement inter-entreprises, ou encore se doter de flottes de véhicules moins polluants.

Vers quels secteurs s’orienter lorsqu’on veut exercer un métier en rapport avec l’environnement ?

L’environnement est un concept très large, qui ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Cela ne concerne pas seulement la faune et la flore. L’industrie a par exemple besoin de personnes qualifiées dans le domaine de la gestion de l’énergie. Les petites collectivités ont aussi besoin de conseillers en énergie partagée, de jardiniers qui sachent entretenir les jardins sans avoir recours à des produits chimiques, etc. La recherche propose aussi de nombreux métiers en lien avec la préservation de l’environnement. On peut exercer des métiers très variés en rapport avec l’environnement et ceci à tous les niveaux de qualification.

Les grandes entreprises sont-elles davantage engagées dans des démarches de développement durable ?

Il est plus facile pour les grands groupes de s’adapter aux nouvelles réglementations en matière d’environnement et de mettre en place des démarches de développement durable. Néanmoins de nombreuses PME et autres structures (associations, auto-entreprises...) sont déjà à la pointe. J’ai l’exemple d’une petite PME de réparation d’ascenseurs qui s’est dotée d’une flotte de véhicules électriques. La transformation de l'économie vers une économie circulaire, sociale et solidaire durable se fera plus ou moins rapidement, en fonction de la taille et de la volonté des structures, mais on peut espérer qu'à terme cette transformation sera globale. La COP21 (conférence climat, qui se tiendra à Paris en décembre 2015) devrait pouvoir y contribuer favorablement.

 

Pour en savoir plus, visiter le site de l'Ademe, le site de la DR Ile de de France de l’Ademe et le site "M ta Terre".

 

 Propos recueillis par Raphaëlle Pienne