Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Hélène Van Waes

Chargée des relations sociales pour la Federec (Fédération des entreprises du recyclage)
Date de l'interview : 10/03/2015

Même si la tendance est à la réduction des déchets, le recyclage a encore de très beaux jours devant lui.

Le recyclage se développe, porté par le phénomène de raréfaction des matières premières et par les nouvelles attentes environnementales. Hélène Van Waes présente ce secteur, qui offre des débouchés dans de nombreux métiers et à tous les niveaux de diplômes.

Qu’est-ce que la Federec ?

La Federec est une fédération nationale, qui représente les entreprises du recyclage industriel. Il s’agit d’entreprises qui réalisent avant tout une activité de tri et de valorisation, même si certaines exercent également en partie une activité de prestation de service de collecte des déchets, en lien avec les collectivités locales. Notre fédération rassemble 1 300 entreprises, pour 2 500 établissements, employant près de 25 000 salariés. Nos membres se répartissent en 11 branches, qui représentent la diversité des activités du recyclage : métaux ferreux et non ferreux, plastiques, papiers et cartons, verre, textiles…

Quels sont les métiers qui peuvent être exercés dans le secteur du recyclage ?

Nous avons identifié une vingtaine de métiers, que l’on retrouve dans l’ensemble des industries du recyclage. Ils se regroupent dans cinq grandes "familles". D’abord celle des métiers de l’exploitation, qui rassemble la majorité des effectifs du secteur. On y trouve les métiers d’opérateur de tri (ou opérateur de production) et de conducteur d’engin, qui représentent 60 % des salariés du secteur, ainsi que les métiers de conducteur des opérations et de responsable de site d’exploitation.

Une seconde famille regroupe les métiers commerciaux, essentiels dans le secteur, pour acheter et vendre les matières premières, notamment à l’export. Elle rassemble les métiers d’assistant des ventes, de responsable marketing, de technico-commercial et de commercial. Ensuite, nous avons la famille des transports, avec le métier de chauffeur poids lourd, et la famille des métiers administratifs. Cette famille a également un rôle important, car nos entreprises sont soumises à une réglementation stricte, qui impose une grande traçabilité. Elle comprend les métiers de responsable d’expédition, d’assistant administratif, ainsi que celui d’opérateur de bascule, propre au secteur, qui est chargé de réceptionner les déchets ou les matières à l’entrée des sites.

Une dernière famille, celle des métiers de l’ingénierie et de l’expertise, rassemble les techniciens et responsables de laboratoire, les responsables QSE (qualité sécurité environnementale) et les ingénieurs. C’est une famille qui se développe, car le secteur du recyclage repose beaucoup sur l’innovation.

Existe-t-il de nouveaux métiers ?

Il n’y a pas de nouveaux métiers qui apparaissent, mais on assiste à davantage de professionnalisation. Le recyclage évolue en effet vers plus de contrôle et de mécanisation. Les entreprises doivent aussi obtenir des niveaux de recyclage plus élevés et traiter des matières plus complexes. Pour répondre à ces enjeux, les établissements recourent beaucoup à la formation en interne.

Quelles sont les formations qui mènent aux métiers du recyclage ?

Nous avons développé des diplômes spécifiques au secteur : le CAP Opérateur de tri, le bac pro Gestion des pollutions et protection de l’environnement et la Licence Responsable d’exploitation des industries du recyclage. Nous avons aussi plusieurs CQP (certificat de qualification professionnelle), qui sont proposés aux salariés en poste dans le cadre de la reconnaissance des acquis professionnels : CQP opérateur de tri manuel, CQP opérateur de tri mécanisé, CQP animateur d’équipe et CQP opérateur maintenance.

Le secteur du recyclage offre-t-il de bons débouchés ?

Oui. Les entreprises peinent aujourd’hui à recruter, notamment sur les postes d’opérateurs en raison de la méconnaissance de ces métiers et de leur déficit d’attractivité. A l’avenir, le secteur est aussi amené à évoluer positivement en termes d’emplois. Les matières premières se raréfient et les attentes politiques et sociétales favorisent le développement du recyclage. Par ailleurs, les filières du secteur se structurent, des innovations technologiques apparaissent et, avec l’éco-conception, de plus en plus de produits se recyclent. Même si la tendance est à la réduction des déchets, le recyclage a donc encore de très beaux jours devant lui.

Quels types de profils recherchent les employeurs ?

Nos chefs d’entreprises recherchent avant tout des personnes ayant un état d’esprit, une envie de travailler. Avant la qualification, c’est la motivation qui compte, notamment sur les postes d’opérateurs, car il est possible d’être ensuite formé en interne. Le secteur offre beaucoup de possibilités de progression. On peut y commencer comme opérateur de tri, puis évoluer vers un poste de chef d’équipe et ensuite de responsable de site.

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne