Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Claude Cutajar

Secrétaire général adjoint de la Capeb Grand Paris Ile-de-France
Date de l'interview : 10/03/2015

Les artisans et les petites entreprises du bâtiment contribuent plus que jamais à la performance énergétique du bâti

Le bâtiment est confronté au défi de l'efficacité énergétique. Claude Cutajar analyse la façon dont le secteur s'adapte, pour répondre aux réglementations et aux attentes du public, en développant de nouvelles compétences et de nouvelles façons de travailler.

Les professionnels du bâtiment sont-ils impliqués dans la transition écologique ?

Les artisans et les petites entreprises du bâtiment, que représente la Capeb Grand Paris, sont fortement impliqués dans le défi de l’efficacité énergétique. Ils contribuent en effet plus que jamais à la performance énergétique du bâti.

Très tôt, ces professionnels ont pris part aux économies d’énergie, en participant à l’isolation des bâtiments ou en utilisant de nouveaux matériaux. Dès 2007, ils ont aussi été sensibilisés à cet enjeu grâce à des formations appropriées comme FEEBAT (désormais FEEBAT Renove) ou grâce au Label ECO Artisan. Surtout, la réglementation récente renforce cette implication. La Réglementation Thermique 2012 s’applique désormais à l’ensemble de la construction neuve.

Par ailleurs, le principe d’éco-conditionnalité s’impose aux particuliers faisant réaliser des travaux de performance énergétique : depuis le 1er septembre 2014 et plus que jamais en 2015, l’obtention d’aides publiques est définitivement conditionnée à la détention d’une qualification Reconnu Garant de l’Environnement (RGE) par les entreprises du bâtiment qui effectueront les travaux.

Cela crée-t-il de nouveaux métiers dans le secteur, ou des besoins en compétences nouvelles ?

Pour la Capeb Grand Paris, il n’y a pas de nouveaux métiers mais plutôt de nouvelles compétences voire de nouvelles prestations.

La nouvelle réglementation thermique, qui impose notamment le principe de l’étanchéité à l’air, a par exemple pour conséquence que les entreprises doivent vérifier l’efficacité de leur réalisation. Cela demande de savoir utiliser de nouveaux instruments d’évaluation, de mesure et de contrôle (logiciel d’évaluation thermique, caméra thermique, porte soufflante…). Les entreprises peuvent posséder ces compétences en interne ou faire appel à des prestataires.

Manipuler de nouveaux matériaux et de nouveaux outils et surtout apprendre à travailler ensemble (par la co-traitance  ou le Groupement Momentané d’Entreprises) sont les principales conséquences du tournant que constituent les économies d’énergie.

Les métiers du bâtiment offrent-ils de bons débouchés en Ile-de-France ?

Toujours. Parce que la demande de travaux persiste et à celle-ci peut s’ajouter l’offre de rénovation énergétique que doivent être en mesure de proposer les entreprises artisanales du bâtiment. Le vieillissement de la population nécessite aussi d’adapter le bâti. L’Ile-de-France reste ensuite privilégiée, car la densification urbaine s'intensifie avec le Nouveau Grand Paris qui devrait corriger le décalage qui subsiste entre besoins en logements et augmentation démographique. Enfin, les départs à la retraite nécessiteront d’ici 2020 le renouvellement des effectifs pour un tiers des entreprises artisanales du bâtiment sur le territoire de l’Ile-de France.

Quels seront les profils les plus recherchés dans le bâtiment à l’avenir pour répondre aux enjeux de la transition écologique ?

Les spécialistes de la maçonnerie et de la couverture continueront à être très sollicités pour les travaux d’isolation. Pour participer au marché de la rénovation énergétique, l’entreprise artisanale du bâtiment doit également pouvoir proposer une offre globale de travaux, ce qui entraîne un besoin en recrutement de profils commerciaux.

Par ailleurs, certains métiers vont devoir évoluer fortement à cause des nouvelles réglementations. Les chauffagistes par exemple seront de plus en plus impliqués dans la production d’électricité. C’est le principe de la micro-cogénération : à l’avenir la chaudière servira moins à chauffer, mais elle produira de l’électricité.

Enfin, les professionnels du bâtiment devront bien maîtriser leur métier, mais aussi avoir une compréhension transverse des autres métiers. La bonne coordination entre les différents métiers a une incidence encore plus forte avec l’enjeu de l’efficacité énergétique. On peut en effet poser une fenêtre très isolante, mais le gain thermique sera totalement perdu si à côté la maçonnerie ou l’électricité ne respectent pas le principe de l’étanchéité à l’air.

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne