Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Rachida Lemmaghti et Sophie Lhenry

Pôle Egalité Femmes-Hommes
Date de l'interview : 09/03/2015

Les stéréotypes et particulièrement ceux qui portent sur le sexe et le genre sont tellement ancrés qu'il est nécessaire de réaliser un réel travail de réflexion pour parvenir à les déconstruire.

Présentation du Pôle Egalité Femmes-Hommes, de ses actions et impacts auprès des étudiantes et étudiants d'Ile-de-France.

Qu'est-ce que le Réseau égalité de Sorbonne Paris Cité ?

Le réseau est composé des chargées de mission égalité des universités et établissements de la ComUE (Communauté d'Universités d'Etablissements) Sorbonne Paris Cité ainsi que des chargées de mission de deux organismes de recherche, l'Ined et le CNRS.

Ses membres sont : Marie-Soledad Rodriguez (chargée de mission égalité femmes hommes) à l'université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Rebecca Rogers (chargée de mission égalité F/H) à  l'université Paris Descartes, Rachida Lemmaghti (chargée de mission égalité FH) à l'université Paris Diderot, Anne Kupiec (directrice du Pôle Egalité Femmes-Hommes) de l'université Paris Diderot, Pascale Molinier (chargée de mission égalité F/H) à Paris 13, Elisabeth Luquin, (chargée de mission égalité F/H) à l'Inalco, Véronique Surel (chargée de mission égalité F/H) à l'EHESP, Nathalie Feuillet, (chargée de mission égalité F/H) à l'IPGP, Anne Le Friant (chargée de mission égalité F/H) à l'IPGP, Hélène Kloecjnet (chargée de mission égalité F/H) à Sciences Po, Anne Pépin (directrice de la mission pour la place des femmes) au CNRS, Stéphanie Condon (chargée de mission égalité F/H) à l'INED.

Le réseau est coordonné par le Pôle Egalité Femmes-Hommes, service central de l'université Paris Diderot.

Quels sont ses objectifs et missions ?

Le réseau s'inscrit dans le cadre des évolutions législatives récentes notamment la mise en place des chargé.e.s de mission «égalité» dans les institutions et la création des Communautés des universités et d'établissements prévus par la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche de 2013.  

Le réseau entend mettre en œuvre les différentes dispositions portant sur l'égalité contenues dans la loi sur l'enseignement supérieur de 2013 et la loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes de 2014. Pour ce faire, le réseau a défini un plan d'actions qui consiste à sensibiliser et former à l'égalité les étudiant.e.s et personnels des établissements et universités membres de la ComUE USPC mais aussi de mener des enquêtes et études sexuées sur les personnels et étudiant.e.s et de prévoir la création d'un dispositif de lutte contre le harcèlement sexuel.

Le réseau s'est également fixé comme objectif de soutenir les recherches sur le genre.

Vous avez mis en place des formations "égalité femme-homme" pour les 1res années de master. De quoi s'agit-il ?

Des formations obligatoires portant sur l'égalité femme-homme et à destination de tous les étudiant.e.s de L1 (excepté médecine) existent à Paris Diderot depuis la rentrée 2011. Le principe de ces formations s'est étendu à d'autres établissements d'USPC comme Paris Descartes ou Sorbonne Nouvelle - Paris3 depuis la rentrée 2014 sous la forme de sensibilisations auprès d'étudiant.e.s de L1 et L2.

Cette année, nous avons choisi de mettre en place, en plus de ce qui existe déjà, une formation pour les étudiant.e.s de M1 désireux d'approfondir leurs connaissances sur ces questions ou simplement de les découvrir, pour ceux et celles qui n'auraient pas encore été sensibilisé.e.s.

Nous proposons donc une formation sur deux demi-journées. La première est une séance introductive qui présente un panorama des inégalités persistantes entre femmes et hommes et une sensibilisation au concept de genre. Elle aborde également  la place des femmes dans les différentes disciplines universitaires et la manière dont la problématique du genre peut être introduite dans différents domaines de recherche. La seconde séance prend la forme d'une conférence sur des thématiques variées comme « Les normes de genre dans la jeunesse », « Femmes et hommes dans les organisations religieuses », « Comment les stéréotypes de genre influencent-ils nos comportements ? », « Inégalités de salaire et revalorisation des emplois à prédominance féminine ».

Par qui sont animées ces conférences ?

La première séance est animée par de jeunes chercheur.e.s (doctorant.e.s, docteur.e.s) spécialistes de la question du genre, les conférences par des enseignant.e.s-chercheur.e.s d'USPC de différentes disciplines.

Comment ces formations / conférences ont été accueillies par les étudiant(e)s ?

Ces formations ont été bien accueillies dans l'ensemble. Pour cette première édition, nous avons eu une quarantaine de participant.e.s, ce qui est un bon effectif étant donné le cours délai dont nous disposions pour communiquer sur le sujet. Les retours des étudiant.e.s en fin de séance sont pour l'instant très positifs.

En quoi cette sensibilisation peut avoir un impact sur le comportement des jeunes, tant dans leur quotidien que dans leur future carrière professionnelle ?

Nous pensons que cette formation, comme les autres que nous dispensons, peut permettre aux étudiant.e.s de remettre en question certains cadres de pensée sur lesquels ils ne s'étaient jamais interrogés. Les stéréotypes et particulièrement ceux qui portent sur le sexe et le genre sont tellement ancrés qu'il est nécessaire de réaliser un réel travail de réflexion pour parvenir à les déconstruire. Si nous pouvons permettre à tous les étudiant.e.s de ne pas se limiter à ce que leur imposent les rôles sexués, notamment dans leur avenir professionnel, c'est déjà beaucoup. Si en plus ils transmettent autour d'eux, par la suite, une vision égalitaire de la société, c'est que le but aura été atteint !

Propos recueillis par Sandrine Damie