Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Nelly Rouyrès

Vice-présidente du Groupe Léonard de Vinci
Date de l'interview : 04/03/2015

Au-delà de notre formation d’ingénieur, c’est la transversalité au sein du Pôle Léonard de Vinci qui séduit massivement les jeunes femmes.

Ingénieure de formation, Nelly Rouyrès évoque les débouchés de l'ESILV et la place des femmes dans les carrières techniques.

L'ESILV est l'une des meilleures écoles d'ingénieurs post-bac selon les classements 2015. A quoi tient ce succès selon vous ?

Nos atouts sont nombreux. Le principal, me semble-t-il, est lié à notre positionnement généraliste ET numérique.

Nos domaines de pointe que sont la mécanique numérique & modélisation, l'Ingénierie financière, les Nouvelles énergies, l'Informatique et sciences du numérique font notamment la part belle aux Big data, objets connectés, transition énergétique et autres Smart Building, qui suscitent l’intérêt des étudiants et de leurs futurs employeurs.

Notre pédagogie innovante qui valorise le "learning by doing", nos infrastructures - propres au Pôle universitaire Léonard de Vinci - et uniques en Ile-de-France comme le Fablab-w, véritable espace de travail collaboratif où nos futurs ingénieurs retrouvent leurs confrères managers et designers pour échanger sur des projets transverses-, notre salle Bloomberg et la localisation de La Défense qui immerge nos étudiants au cœur d’un quartier d’affaires réputé et facilement accessible, participent à l'attirance que suscite l'ESILV.

Quelle est la place faite aux femmes dans votre école ?

La même que celle faite aux hommes ;-) 

La proportion de jeunes femmes  à l’ESILV dépasse les 20 %, ce qui est assez  élevé pour une école qui œuvre dans le numérique.

Depuis 2 ans, l’ESILV a ouvert sa formation aux étudiants de CPGE (Maths sup/Maths spé), ce qui a permis d’augmenter le nombre de filles dans nos promotions (25% de filles issues de ces prépas).

Au-delà de notre formation d’ingénieur, c’est la transversalité au sein du Pôle Léonard de Vinci qui séduit massivement les jeunes femmes. Elles ont accès à une partie des cours des écoles de Management et de Web Design. Cela permet de séduire celles qui sont avides de connaissances généralistes et qui font preuve d’une grande ouverture d’esprit. De plus, elles apprécient le fait de ne pas évoluer dans un environnement exclusivement masculin dans la mesure où les étudiants des 3 écoles étudient au sein du même campus.

Nous sommes particulièrement attentifs aux candidatures de jeunes filles car nous avons remarqué que les élèves ingénieures étaient généralement plus actives que leurs homologues masculins, qu’elles briguaient, durant leurs études, des postes de chef de projet et que le taux d'échec aux examens était très faible.

Et cerise sur le gâteau, elles sont très sollicitées par les entreprises.

Comment peut-on sensibiliser les jeunes filles aux carrières possibles pour elles dans le domaine de l'ingénierie ?

Il faut informer, informer et encore informer !

Et ce, le plus tôt possible dans leur cursus ; idéalement dès le stage de 3e où cette première immersion dans le monde de l’entreprise peut révéler des vocations. Il est nécessaire de sensibiliser fortement les prescripteurs que sont les profs, les conseillers d'orientation, et les parents.

Il ne faut pas hésiter à leur montrer tous les aspects du métier d’ingénieure, la richesse des secteurs d'activités concernés et le rôle sociétal et novateur qu’elles auront, ne serait-ce qu’en créant de nouveaux produits et services.

Quels sont les freins à leur présence dans les écoles d'ingénieurs ?

Les a priori ont la dent dure ; on s’imagine encore - à tort - que les formations et les fonctions sont trop techniques, sédentaires, qu’elles exploitent le mauvais côté de la science, qu’il s’agit de métiers d'hommes, trop exigeants, et qu’ils ne permettent pas de concilier vie de famille et vie professionnelle, etc.

Vous œuvrez à une meilleure connaissance des formations et métiers d'ingénieure en vous impliquant dans les actions menées par l'association Elles Bougent. Pouvez-vous nous en parler ?

L’Association "Elles bougent" a été créée en 2005. A l’origine, l’objectif était de féminiser les métiers du transport et du BTP. Aujourd’hui, cette problématique concerne tous les secteurs où les ingénieurs évoluent : énergie, numérique, aérospatial, production, etc. Nous œuvrons pour faire connaître et aimer nos métiers aux jeunes filles en les invitant sur des manifestations  (300/an) comme le Salon de l’auto, le Bourget, des événements numériques, des visites d'entreprises, etc. Elles y rencontrent les marraines impliquées (plus de 1 000), véritables modèles pour elles.

Et que mettez-vous en place avec l'association Pasc@line ?

L’association Pasc@line a notamment orchestré la campagne « Tu seras ingénieure ma fille » dans plusieurs villes en France. Nous souhaitons atteindre les prescripteurs que sont les Fédérations de parents d’élèves, les conseillers d’orientation, les parents, etc. Nous les informons sur les métiers, l'étendue des débouchés et la très forte demande des entreprises pour des ingénieures. Nous collaborons étroitement  avec "Femmes du numérique", commission au sein de Syntec numérique. Enfin, L'ESILV est – via Pasc@line -  partenaire 2015 du Trophée Excellencia qui, après sélection sur projets, offrira sa scolarité (5 ans d’étude) à une jeune fille rentrant en post bac en Septembre 2015.

En termes d'insertion professionnelle, les femmes trouvent-elle leur 1er emploi aussi facilement que les hommes dans vos promotions passées ?

Oui sans aucun problème ! Elles sont même parfois plus rapides à trouver un emploi du fait de la très forte demande des entreprises.

Quel rôle peut jouer le réseau des Anciens dans l'intégration des femmes ingénieures dans le monde professionnel ?

Les anciennes de l'ESILV sont nos meilleures ambassadrices. Elles participent à nos Journées Portes ouvertes, nos conférences métiers, nos partenariats projets, témoignent sur nos réseaux sociaux et dans les médias...Certaines deviennent des marraines en intervenant dans les manifestations des Associations comme "Elles bougent", par exemple.

Propos recueillis par Sandrine Damie