Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Brigitte Galland

Responsable de projets Systèmes d'information à la Direction générale des opérations chez L'Oréal
Date de l'interview : 03/03/2015

Si c'est votre désir et votre choix, étudiez, travaillez et n'hésitez pas à vous faire accompagner pour y arriver.

Marraine au sein de Capital Filles, Brigitte Galland nous fait part de son expérience d'accompagnement de jeunes filles dans le projet professionnel ou de formation qu'elles souhaitent mettre en place.

Comment avez-vous connu l'association Capital Filles ?

Notre direction des ressources humaines m'a invitée à prendre part à ce projet en 2012, suite à une réunion d'information à laquelle j'ai participé avec une centaine d'autres femmes travaillant à la direction des opérations de L'Oréal.

Quel regard portiez-vous alors sur la place des femmes en entreprise ?

J'ai la chance de connaître dans mon milieu professionnel la volonté de traiter de façon égalitaire les hommes et les femmes. Je n'ai pas de doute sur la faculté qu'ont les femmes à y arriver partout, dans tous les milieux professionnels. Cependant, c'est à force de travail, de partage et de communication que nous pouvons réellement faire évoluer les mentalités. Si cette place dans l'entreprise n'est pas acquise de fait, il faut pouvoir aller la chercher.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous impliquer au point de devenir marraine de Capital Filles ?

J'avais envie de partager mon expérience professionnelle et aussi d'expliquer le rôle fondamental de l'éducation pour arriver à ce que l'on souhaite faire et être dans la vie. C'est à mon avis une grande chance de pouvoir intervenir et aider au moment où le choix d'une orientation est en cours. Il me semble important d'apporter une vision très concrète du monde professionnel à ce moment essentiel dans la vie d'un étudiant. Le fait de pouvoir échanger et d'avoir des rapports directs et simples, permettent aux jeunes filles d'être plus ouvertes et donc d'oser poser des questions. De plus, j'aime apprendre et j'évolue aussi au contact des jeunes.

En quoi consiste le rôle de marraine ?

Une marraine doit apporter une vision externe et professionnelle à sa filleule pour la soutenir dans son choix d'orientation. Elle est là pour aider sa filleule à se poser toutes les bonnes questions pour choisir au mieux son métier, identifier la filière pour y arriver, et déterminer avec elle celle qui lui convient le mieux. Il est nécessaire de montrer que c'est possible, qu'il faut avoir des rêves, des ambitions et qu'être une femme est aussi une force.

Nous ne sommes ni des conseillers d'orientation, ni des parents, mais des personnes extérieures qui peuvent apporter des réponses, avec une vision différente de leur entourage habituel.

C'est aussi permettre de mettre en relation ces jeunes avec des professionnels qui exercent le métier vers lequel elles envisagent de s'orienter. Par notre réseau professionnel ou privé, nous pouvons organiser ces rencontres qui sont très riches d'enseignement pour ces jeunes.

Un accompagnement, une vision, des informations, des rencontres, une relation en dehors du quotidien, c'est ce qu'une marraine Capital Filles peut apporter à sa filleule en toute bienveillance, pour lui permettre de travailler au mieux son projet professionnel.

Concrètement, combien de jeunes filles avez-vous accompagnées ?

J'ai accompagné 3 jeunes filles depuis 2012, qui avaient des souhaits d'orientation très différents. Nous nous sommes rencontrées à plusieurs reprises et nous avons aussi échangé des SMS et des mails surtout pour partager des informations.

J'ai surtout travaillé avec elles sur l'identification des filières après le bac, et même si le choix de leur métier était déjà très précis, nous avons aussi pris le temps d'échanger sur d'autres possibilités et sur les raisons qui motivaient leur choix. Je les ai aussi guidées pour la rédaction de CV, de lettre de motivation, ou pour la préparation d'entretien.

J'ai pu aussi organiser la rencontre de 2 d'entre elles avec des personnes exerçant le métier qu'elles avaient choisi. Pour exemple, j'ai organisé un rendez-vous téléphonique entre ma filleule qui souhaitait être pâtissière et une jeune femme qui exerçait ce métier dans un grand restaurant : cet échange reste encore dans ma mémoire car la professionnelle qui a répondu à notre appel, a été d'un tel enthousiasme et d'une si grande générosité dans ses réponses, que nous étions ma filleule et moi, portées par sa passion d'exercer ce métier.
Depuis, ma filleule suit une formation pour devenir pâtissière aussi !

Je suis toujours en relation avec mes filleules, et pour certaines d'entre elles, le choix n'a pas été aussi catégorique, et elles se posent encore des questions d'orientation. Nous continuons à nous voir et à en parler.

Quels sont pour vous les principaux obstacles que rencontrent les jeunes femmes dans leur parcours ?

Les obstacles sont de plusieurs natures.

Sociaux tout d'abord, car par exemple, il n'est pas simple de pouvoir suivre certaines filières si elles sont payantes. Nous pouvons alors aider nos filleules à explorer toutes les opportunités de formation pour ne pas renoncer à leur choix ou bien identifier d'autres voies similaires.

Ensuite, même si le message est que les femmes peuvent choisir leur métier et leur avenir, les exemples ne sont pas toujours présents dans leur entourage. Nous pouvons alors partager notre expérience et celles de nos connaissances qui montrent que cela est possible et comment nous y sommes arrivées.

Enfin, il y a la personnalité de chacun et la jeunesse qui font qu'il est parfois difficile d'oser. Donc il est important à ce moment-là de leur donner confiance en elles et de les encourager à faire des choses différentes, dans le respect de leur désir d'évolution.

Quels conseils pourriez-vous donner à une jeune femme tentée par une carrière dans un métier réputé jusqu'à présent "masculin" ?

Osez, essayez, faites-vous confiance et travaillez : certaines femmes ont vécu leur rêve et ont été les « premières femmes » à faire un métier dit « masculin », président, avocat, médecin, astronaute … elles nous ont montré la voie.

C'est donc possible, et si c'est votre désir et votre choix, étudiez, travaillez et n'hésitez pas à vous faire accompagner pour y arriver.

Propos recueillis par Sandrine Damie