Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Franck Ferré

Directeur des Opérations, Roc Eclerc
Date de l'interview : 19/02/2015

J’ai l’habitude de dire que l’on rentre dans ce métier par hasard et qu’on y reste par amour.

A la tête de plusieurs agences funéraires en Ile-de-France, Franck Ferré partage son expérience et l'amour de son métier dans le funéraire.

Vous êtes directeur d'agences Roc Eclerc. Quel a été votre parcours de formation ?

J’ai eu une formation scolaire plutôt basique, étant titulaire d’un CAP et d’un BEP de comptabilité. Mon parcours professionnel est quant à lui assez riche car j’ai débuté dans ce métier à 18 ans avec un emploi de démarcheur pendant les vacances du mois de juillet. J’ai ensuite exercé pendant 8 ans la profession de conseiller funéraire, puis de chef d’agence et ensuite de directeur de marque. J’ai passé 28 années chez OGF et depuis plus de 3 ans j’ai intégré le Groupe Roc Eclerc avec la responsabilité des agences qui appartiennent en propre au groupe.

Quel poste avez-vous occupé avant de prendre la direction d'agences ?

J’ai successivement été démarcheur pendant une courte période d’un mois pour un emploi d’été et ensuite pendant 8 ans conseiller funéraire ou mes missions étaient de recevoir les familles en deuil, de les aider à bâtir l’hommage qu’elles souhaitaient rendre à leurs défunts et de les accompagner ensuite tout au long de la cérémonie.

En tant que directeur, à quoi ressemble une journée type ?

Il n’y a pas de journée type et c’est cela qui fait la richesse de notre métier. Le matin je salue les équipes logistiques, m’enquiers de leurs souhaits, de leur ressenti car ce sont des hommes extrêmement importants dans une agence puisqu’ils sont au contact des familles au quotidien. Ensuite, j’aime avoir également le ressenti des équipes commerciales, j’essaye de passer beaucoup de temps avec eux pour dialoguer, trouver des solutions à des difficultés ponctuelles ; j’assiste également à des cérémonies pour savoir comment travaillent nos équipes et comment les familles perçoivent la qualité de notre service.

J’accompagne aussi les responsables d’agences lors de rencontres avec nos prescripteurs et j’ai toujours plaisir à les rencontrer. Ponctuellement, je reçois des familles pour organiser des obsèques ou assurer la vente d’un monument funéraire. Je suis toujours surpris de la richesse et de la qualité des échanges que nous avons avec les familles.

Quels sont les profils des collaborateurs de vos agences (porteur, maître de cérémonie, etc.) ? Combien sont-ils ?

Avant toute chose, ce sont des femmes et des hommes tournés vers l’autre. J’ai l’habitude de dire que l’on rentre dans ce métier par hasard et qu’on y reste par amour.

Il faut, pour bien faire ce métier, aimer l’autre, aimer être utile et être réellement équilibré car les familles se confient à nous et il faut savoir y faire face sans pour autant être déstabilisé.

Il faut également faire preuve d’une grande discrétion car nous entendons beaucoup de choses mais devons à tout prix les conserver pour nous.

Qu'appréciez-vous dans les métiers du funéraire ?

Le contact humain au quotidien que ce soit avec les familles ou nos prescripteurs. Egalement l’utilité de notre métier car nous sommes des « passeurs », nous aidons les familles dans un moment particulièrement difficile. Et par-dessus tout être au contact des femmes et des hommes qui font ce métier avec beaucoup d’humilité, de passion et de dévouement.

Quelles sont les compétences et qualités attendues pour travailler dans le funéraire ?

Etre dévoué, aimer l’autre, être équilibré dans sa vie privée car la vie professionnelle dans le milieu du funéraire est souvent rude, mais les qualités essentielles sont la gentillesse, la disponibilité et la réactivité.

En quoi les pratiques professionnelles ont-elles évolué ces dernières années ?

Aujourd’hui les familles n’hésitent plus à comparer les prix et c’est une excellente chose car chez Roc Eclerc nous avons toujours milité pour les prix justes et nous continuons à le faire. Il nous appartient de proposer aux familles le meilleur service au juste prix. C’est l’ADN de notre marque et c’est sur cela que nous nous battons au quotidien.

La crémation aussi a fortement augmenté car nous sommes passés d’environ 3 % de crémation il y a 25 ans à plus de 30 % aujourd’hui. Avec la crémation se pose maintenant la question de la destination des cendres qui, à mon sens, doit faire l’objet d’une réflexion murie. Les crématoriums peuvent conserver les cendres temporairement. Il faut que les familles prennent le temps de la réflexion en laissant les cendres au crématorium car une dispersion est un geste irrémédiable.

Le nombre de convois sans cérémonie religieuse explose également. De plus en plus de familles ne souhaitent plus que les obsèques se passent dans les églises et se pose donc aujourd’hui la question du lieu de recueillement.

Associé à la peine des proches de la personne décédée, le funéraire a du mal à avoir une image positive auprès des jeunes. Quels conseils pourriez-vous leur donner pour qu'ils s'informent et s'orientent vers le funéraire ?

Je leur dirais que c’est un beau métier et un métier mal connu. A la sortie du cimetière lorsque la famille nous remercie, et souvent chaleureusement, c’est terriblement gratifiant. Il s’agit d’un métier ou l’évolution professionnelle est encore très présente. Il suffit de voir mon parcours. Et pour terminer c’est un métier riche de rencontres avec des gens plus formidables les uns que les autres. Cela fait bientôt 32 ans que j’exerce cette profession et je ne m’en lasse pas, bien au contraire !

Propos recueillis par Sandrine Damie