Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Philippe Wagner

Responsable pédagogique de la filière Sportifs de Haut Niveau du Groupe Léonard de Vinci
Date de l'interview : 16/02/2015

Pour chacun d'entre eux, il y a une vie après le sport et cette vie – professionnelle – nous leur avons permis de la préparer pendant leur activité sportive et non pas après.

Zoom sur la filière "sportifs de Haut Niveau" du Groupe Léonard de Vinci permettant aux meilleurs sportifs français de suivre un cursus adapté.

Comment est née la filière Sportifs de haut niveau au sein de l'Ecole de management Léonard de Vinci ?

Le sport est dans l'ADN du Pôle Léonard de Vinvi (dont l'EMLV fait partie) depuis le début. Au cours du premier cycle, c'est une matière comme une autre qui est prise en compte au moment de l'évaluation de fin d'année académique. L'école a naturellement attiré des jeunes sportifs dont certains à la carrière prometteuse dont les contraintes d'entrainement ne s'inséraient pas facilement dans un emploi du temps classique. Nous avons alors imaginé la filière sportifs de Haut Niveau permettant de suivre un cursus adapté. Nous voulions créer une filière dédiée avec des cours sur-mesure pour ces jeunes qui souhaitent combiner études et compétitions.

A quels besoins répond-elle encore aujourd'hui ?

Elle s'adresse à différents profils de sportifs.

1/ pour des SHN (Sportif de Haut de Niveau) prometteurs dont quelques-uns vont confirmer sportivement pendant leurs années d'études et devenir de Très Haut Niveau.

2/ pour des sportifs qui pratiquent un sport dont ils ne pourront pas vivre (le cas de la plupart des sports) et qui doivent donc développer des compétences et des talents de managers quand ils entreront dans la vie professionnelle.

3/ pour tous les sportifs qui viennent chercher une « assurance » métier en cas d'accident qui terminerait précocement la carrière sportive.

4/ proposer une organisation qui permette la « double vie » du SHN : entrainements, compétitions et études.

Quels sont les critères retenus pour intégrer cette filière ?

Le potentiel, les motivations, la qualité du dossier (2 entretiens : 1 individuel et 1 collectif + test d'anglais) sont les éléments qui retiennent notre attention.

Pour l'étudiant, il faut que le fait d'entrer dans la filière soit un réel booster à la pratique sportive et aux performances.

Tous les sports sont-ils concernés ?

Oui à l'exception de ceux qui demandent un entrainement matin et après-midi, ce qui ne laisse aucun moment pour être en cours.

Quel est le diplôme préparé ?

Il s'agit d'un diplôme bac + 5 de l'EMLV  parfaitement identique à celui des élèves qui suivent la filière classique.

Comment est aménagé le cursus pour chaque sportif de haut niveau ?

L'aménagement de base est un ½ temps quotidien.

Puis on propose un aménagement selon le besoin : décaler un examen par exemple quand celui-ci coïncide avec un entrainement incontournable.

Comment avez-vous réussi à optimiser les temps de formation ?

Même s'il s'agit d'un groupe de taille raisonnable (une vingtaine d'étudiants par année d'études), l'effet « promotion » de sportifs entre eux joue beaucoup dans l'optimisation du temps de formation car à côté des échanges entre l'école et l'étudiant, il y a les échanges entre étudiants pour progresser dans les études. Les étudiants ont accès à un extranet qui leur permet de suivre même s'ils sont absents à certains moments.

Pourquoi avez-vous choisi de proposer un référent à chacun des athlètes ? En quoi est-ce un "plus" dans sa formation ?

Le succès vient du bon fonctionnement des deux univers : le sportif, son club ou sa fédération et l'école. Le référent pilote le trio.

En dernière année, les étudiants peuvent s'orienter vers une majeure "Management et Marketing du Sport". Quels en sont les débouchés ?

La majeure n'est pas réservée aux étudiants SHN. Deux types principaux de débouchés : le pilotage managériale et économique d'une entité sportive dans le cadre d'un club par exemple ; des  activités marketing et commerciales auprès de marques qui s'appuient beaucoup sur le sport en matière de communication (à travers le sponsoring).

Avec plus d'une dizaine d'années d'existence pour cette filière, quel bilan de formation / d'insertion tirez-vous ?

En dehors de toute modestie, c'est la fierté d'avoir accompagné plus de cent SHN par an dans leurs performances sportives en leur ayant permis d'être dans un endroit fait pour eux qui les comprend et les suit ! Pour chacun d'entre eux, il y a une vie après le sport et cette vie – professionnelle – nous leur avons permis de la préparer pendant leur activité sportive et non pas après, au moment de la « retraite sportive ».

L'insertion professionnelle est tout à fait comparable à celle des autres étudiants de l'école. Nous faisons très peu de communication sur la filière et c'est entre eux dans leurs clubs ou leurs fédérations que les SHN de l'école font la communication en faveur du programme et conduisent vers nous les futurs étudiants.

Propos recueillis par Sandrine Damie