Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Valérie Paparelle

Directrice générale adjointe de L’ADAPT (L’Association Pour L'insertion Sociale Et Professionnelle Des Personnes Handicapées)
Date de l'interview : 29/10/2014

Il faut oser, et choisir son projet professionnel en connaissance de cause.

Pour Valérie Paparelle, la construction du projet professionnel et la multiplication des expériences en entreprise permettent de faciliter l’accès au premier emploi des jeunes en situation de handicap.

Les jeunes en situation de handicap rencontrent-ils davantage de difficultés pour accéder à un premier emploi ?

La recherche du premier emploi est difficile pour tous les jeunes. Ceux qui sont en situation de handicap se heurtent en outre aux craintes des employeurs, et aux représentations que ceux-ci peuvent avoir du handicap. Un autre point est la difficulté que rencontrent ces jeunes pour accéder à la formation diplômante et qualifiante. Il faut rappeler qu’aujourd’hui seuls 20 % des jeunes bacheliers handicapés accèdent aux études supérieures. Ceci est en partie dû au découragement que peuvent éprouver certains jeunes, qui ont souvent eu un parcours scolaire chaotique et qui ont déjà dû fournir énormément d’efforts dans le secondaire. Même si des progrès ont eu lieu, l’accès à la formation dans le supérieur et l’aménagement de la scolarité, notamment des diplômes, ne sont aussi pas toujours adaptés.

Le diplôme augmente pourtant les chances de trouver un emploi ?

Il est effectivement plus facile pour les jeunes diplômés d’accéder à un premier emploi. Les grandes entreprises, structurées et avec une mission handicap, cherchent à recruter des personnes handicapées, mais plutôt des profils à partir de bac+2 / bac +3. Il y a ensuite des filières plus ou moins attractives, qui recrutent plus, comme l’informatique, ou certains métiers en tensions. Mais c’est une situation qui est vraie pour tous les jeunes diplômés.

L’ADAPT mène-t-elle des actions en direction des jeunes, afin de faciliter leur insertion professionnelle ?

Nous avons notamment créé un Esat (établissement et service d’aide pour le travail) spécifiquement pour les jeunes. Il s’agit d’un Esat « hors les murs » où les jeunes sont mis à disposition d’entreprises et travaillent en milieu ordinaire. Cette modalité leur permet de développer des compétences professionnelles et d’acquérir une première expérience. Il permet aussi à ces jeunes de connaitre les codes de l’entreprise, les attitudes et comportement à adopter. C’est une problématique majeure pour l’insertion professionnelle.

Les jeunes de votre Esat travaillent-ils dans des secteurs d’activité ou des métiers particuliers ?

Non, ils peuvent travailler sur tous types de métiers. Notre principe est d’individualiser les parcours en partant du projet du jeune. La phase exploratoire du projet professionnel est sans doute encore plus indispensable pour les jeunes en situation de handicap, car si tout n’est pas possible en raison du handicap, plein de choses sont aussi possibles. Il peut parfois y avoir un processus d’autocensure de la part du jeune ou de sa famille. Pourtant il faut oser, et choisir son projet professionnel en connaissance de cause.

Avez-vous des conseils ou des pistes pour faciliter l’accès au premier emploi ?

L’alternance, même s’il s’agit d’un parcours qui n’est pas toujours simple, peut être un moyen très adapté pour les jeunes en situation de handicap d’accéder à un diplôme et à un premier emploi. Pour des jeunes qui ont souvent eu une scolarité heurtée, difficile, c’est un moyen d’être en prise directe avec l’entreprise, d’être sur le terrain et d’acquérir une expérience professionnelle. L’alternance permet aussi de sensibiliser les employeurs qui pourraient avoir des réticences à embaucher un travailleur handicapé, notamment les petites et moyennes entreprises, qui recherchent généralement des personnes avec des niveaux de diplômes moins élevés.

Il ne faut pas non plus hésiter à solliciter les associations, qui sont très nombreuses. L’ADAPT a par exemple mis en place le « Réseau des réussites », où des bénévoles accompagnent et soutiennent les personnes handicapées dans leur recherche d’emploi. Il faut frapper aux portes, ne pas hésiter, car comme pour toute recherche d’emploi, il est très important de se constituer un réseau.

Enfin, il y a aussi une piste que nous allons essayer de promouvoir cette année lors de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, celle de « l’emploi accompagné ». Il s’agit d’une solution, encore très peu expérimentée en France, qui consiste à proposer durant la phase d’intégration en entreprise un accompagnement à la fois de l’employeur et du salarié handicapé.

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne

Crédit photo : Manuel Dias