Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Sylvie Le Coq-Beignon

Responsable du service d’accompagnement des étudiants handicapés (SAEH) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (78)
Date de l'interview : 29/10/2014

Les lycéens en situation de handicap qui souhaitent s’inscrire dans notre université ne doivent pas hésiter à nous contacter le plus tôt possible, dès qu'ils postulent sur APB.

L’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines accueille chaque année des étudiants en situation de handicap. Sylvie Le Coq-Beignon détaille les accompagnements dont ils peuvent bénéficier pour favoriser la réussite de leurs études et leur insertion professionnelle.

Les étudiants handicapés sont-ils nombreux à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ?

Sur l’année 2013-2014, notre université a accueilli 168 étudiants en situation de handicap, sur une totalité de 19 000 étudiants. Je précise que nous accueillons des étudiants qui ont un handicap permanent ou un handicap temporaire. Par exemple, un étudiant qui s’est cassé le bras et qui ne peut plus prendre de notes peut passer par notre service pour obtenir un preneur de notes ou se faire prêter un ordinateur pour passer un examen.

Tous les types de handicap sont-ils représentés ?

L’an dernier, sur les 168 étudiants accueillis, 34 % avaient un handicap moteur, 18 % un handicap à dominante psychologique et 14 % des troubles viscéraux. Dans une moindre mesure, nous avons également des étudiants avec des troubles du langage, comme la dyslexie. Ces derniers sont en forte augmentation par rapport aux années précédentes, surtout parce qu’auparavant ils étaient moins nombreux à nous déclarer leur handicap.

Comment se déroule l’accueil des étudiants handicapés à l’université ?

Nous réalisons chaque année une plaquette d’information, qui répertorie l’ensemble des contacts auprès desquels les étudiants pourront obtenir des renseignements : le service d’accompagnement des étudiants handicapés (SAEH) et le service de la médecine universitaire (Sumpps), mais aussi les relais handicap que nous avons dans chacune des composantes de l’université. Nous recevons ensuite les étudiants en rendez-vous au SAEH, puis nous les adressons au service de la médecine universitaire. Il s’agit du circuit légal : l’étudiant doit rencontrer un médecin délégataire de la CDAPH*, qui va émettre un avis sur les aménagements de la scolarité et des examens nécessaires. Nous partons ensuite de cet avis pour rédiger un arrêté qui détaille le plan d’accompagnement de l’étudiant.

Informez-vous les professeurs de l’arrivée d’un étudiant handicapé ?

Lorsqu’il s’agit d’un handicap lourd, qui nécessite un suivi pédagogique particulier, nous organisons une réunion plurielle, pour réfléchir à l’accompagnement et aux aménagements à mettre en œuvre. Cette réunion rassemble le SAEH, le médecin universitaire, le relais handicap, le référent pédagogique, les professeurs, l’étudiant et éventuellement sa famille. Elle se déroule en début d’année universitaire, à l’initiative du SAEH ou de l’étudiant lui-même. Souvent nous organisons une autre réunion pour faire le point au début du second semestre, après les partiels, ou à tout autre moment de l’année si besoin, pour revoir les aménagements mis en place.

Quels types d’aides votre service peut-il mettre en place ?

Nous pouvons mettre en place deux types d’aides. Des aides humaines pour favoriser l’accès aux enseignements, comme des preneurs de notes ou des tuteurs pour certaines matières, des interprètes en LSF* ou LPC* ; et pour le passage des examens : des secrétaires d’examens ou des surveillants d’examens lorsque l’étudiant doit composer dans une salle à part. Nous pouvons aussi mettre en place des aides techniques : prêts d’ordinateurs pour les cours ou les examens, des logiciels adaptés, dictaphones, grands écrans, tables adaptables, transcription en braille, agrandissement des caractères …

Sensibilisez-vous les étudiants et le personnel de l’université à la question du handicap ?

La sensibilisation de l’ensemble de la communauté universitaire au handicap fait partie des missions du SAEH. Pour cela, nous organisons notamment chaque année les « Journées Handi-fac ». Pendant une semaine, plusieurs actions se déroulent sur différents sites de l’université : des activités Handisport et des conférences avec des athlètes Handisport, des concerts rassemblant musiciens valides et handicapés au restaurant du Crous… Par ailleurs, nous avons ouvert une UE (unité d’enseignement) de sensibilisation au handicap dans le cadre de l’UFR de sciences. Cette UE dure un semestre et permet d’acquérir des crédits.

Accompagnez-vous également les étudiants handicapés pour leur insertion professionnelle ?

Absolument, c’est aussi une des grandes missions de notre service. Nous accompagnons les étudiants dans leur recherche de stage, d’alternance ou d’emploi. Nous avons noué des partenariats avec des entreprises et avec des associations comme @talentEgal. Nous recevons des offres que nous transmettons aux étudiants. Nous proposons aussi aux étudiants de s’entrainer aux entretiens de recrutement avec les chargés de mission handicap de nos entreprises partenaires. C’est très utile, cela permet aux étudiants de démystifier leur handicap et de savoir comment en parler. Enfin, l’UVSQ participe à la future convention d’insertion professionnelle des étudiants handicapés d’Ile-de-France. C’est un projet qui verra bientôt le jour, et qui réunira universités, écoles et entreprises franciliennes.

Quels conseils donneriez-vous aux lycéens handicapés qui souhaiteraient s’inscrire à l’université ?

Les lycéens en situation de handicap qui souhaitent s’inscrire dans notre université ne doivent pas hésiter à nous contacter le plus tôt possible, dès qu'ils postulent sur www.admission-postbac.fr. Nous pouvons répondre à leurs questions, leur faire visiter l’université… Nous pouvons ainsi préparer leur rentrée et gagner beaucoup de temps.

*CDAPH (commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) ; LSF (langue des signes françaises) ; LPC (langage parlé complété).

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne