Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Florence Petizon

Responsable des projets handicap du CFA Stephenson
Date de l'interview : 29/10/2014

Le handicap en lui-même n’est pas un obstacle, il suffit de trouver la bonne voie.

Le CFA Stephenson, situé dans le 18ème arrondissement de Paris, mène une démarche active pour l’accueil des apprentis en situation de handicap et la réussite de leur projet de formation.

Quel est le profil des apprentis en situation de handicap accueillis au CFA Stephenson ?

Nous accueillons en moyenne chaque année une trentaine d’apprentis en situation de handicap. Cette année, la plus jeune a 22 ans et l’aîné 54 ans, entre les deux nous avons tous les âges. En effet, il n’y a plus de limite d’âge à l’apprentissage pour les personnes en situation de handicap.

Il y a un panel assez large de handicaps : sensoriels (des personnes malentendantes ou malvoyantes), physiques (par exemple des difficultés à se mouvoir), des maladies invalidantes, des handicaps psychiques, et des handicaps plus légers, comme des allergies.

Quels diplômes préparent-ils ?

Cette année, les diplômes préparés vont du CAP à la licence. La majorité préparent des BTS (Tourisme, Négociation et relation client ou Management des unités commerciales), mais nous avons aussi des apprentis en CAP commerce et vente, en MC Accueil/réception, en bac professionnel  "accueil relation clients-usagers" ou en licence commerce.

Tous étudient en milieu ouvert, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de classe dédiée rassemblant seulement des apprentis avec un handicap. C’est appréciable, car il y a une entraide, une prise de conscience des uns et des autres, notamment des formateurs, qu’une maladie ou un accident de la vie peut arriver à tout le monde et survenir à tout moment.

Avez-vous un dispositif d’accueil spécifique pour ces apprentis ?

Nous avons mis en place la démarche CIPAP,  un acronyme pour 5 grandes phases : « Communication », « Inscription » « Pré-recrutement », « Accompagnement » et « Placement ». La communication se fait principalement par notre site internet, qui nous donne de la visibilité et nous permet d’affirmer la politique du  CFA d’accueil d’apprentis en situation de handicap. Nous communiquons aussi auprès des associations et du public handicapé, participons à des forums et à des tables rondes, éditons des plaquettes. Nous faisons en sorte que le CFA soit bien identifié auprès des entreprises et des familles.

Ensuite lors de son inscription, la personne a la possibilité de mentionner si elle a un handicap et si elle a besoin d’une adaptation. C’est tout simplement parce que nous avons des tests de recrutement écrits et audio, qui doivent pouvoir être passés dans les meilleures conditions possibles. Lors de la journée de pré-recrutement durant laquelle se déroulent les tests et un entretien de motivation, le candidat peut venir accompagné, avoir un tiers temps ou des supports adaptés. L’entretien, généralement en groupe, peut aussi être individuel.

Enfin, nos apprentis sont accompagnés pour trouver une entreprise. En interne, nous avons des ateliers pour la rédaction de CV et de lettres de motivation. Ensuite nous pouvons les présenter à nos entreprises partenaires. Avec les grandes entreprises, nous travaillons en coordination avec le référent handicap. Il y a un travail en amont de l’accueil de l’apprenti, de sensibilisation et de réflexion sur l’adaptation qui sera nécessaire, important pour assurer ensuite un placement réussi.

Y a-t-il un accompagnement particulier durant l’apprentissage ?

Nos formateurs sont sensibilisés et prévenus lorsqu’un apprenti a besoin de dérogations liées à son handicap, par exemple de s’absenter au milieu d’un cours, de boire ou de manger en classe … Ensuite je suis là pour recevoir le apprentis à tout moment s’ils le souhaitent. Je peux faire le relais s’ils rencontrent un problème en formation ou en entreprise.

Tous les diplômes peuvent-ils être préparés quel que soit son handicap ?

Certains handicaps ne sont pas toujours compatibles avec certains secteurs d’activité. Les candidats n’ont pas toujours une approche globale et concrète de la réalité d’un poste. Nous avons un rôle de conseil, et si nous constatons qu’il y a une contradiction ou une incompatibilité entre le handicap et le métier visé, nous pouvons proposer aux personnes qui ont réussi les tests de pré-recrutement de se réorienter.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui a un handicap et qui souhaite étudier en apprentissage ?

Il ne faut pas hésiter à faire de l’apprentissage, ne pas avoir peur, oser. Il faut néanmoins être motivé, mais le conseil est valable pour tous, et il faut vraiment bien définir son projet professionnel, et le penser par rapport à son handicap.

Le handicap lui-même n’est pas un obstacle, il suffit de trouver la bonne voie. Il existe plein de métiers dans lesquels la personne pourra s’épanouir.

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne