Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Elodie Hardy

Conseillère emploi-formation et référente handicap à la mission locale Bièvre Val-de-Marne (94)
Date de l'interview : 29/10/2014

Il ne faut pas hésiter à nous parler de son handicap, ne pas avoir peur ni honte.

Les missions locales peuvent aider les jeunes en situation de handicap dans leurs démarches d’insertion professionnelle. Ces structures sont nombreuses, comme dans le département du Val-de-Marne, à s’être dotées de référents handicap.

Les missions locales peuvent accueillir tous les jeunes en situation de handicap ?

La mission globale des missions locales est d’accueillir tous les jeunes de 16 à 25 ans et de les accompagner dans leurs difficultés sociales ou professionnelles. A ce titre, les missions locales accueillent les jeunes en situation de handicap, quel que soit le handicap. Néanmoins, elles font partie du service public de l’emploi, et n’accompagnent que les jeunes en situation de handicap pour lesquels la CDAPH* a prononcé une orientation vers le milieu ordinaire et non vers le milieu spécialisé, qui n’est pas de notre ressort. Nous pouvons vérifier cette orientation auprès de la MDPH* lorsqu’un jeune se présente avec une RQTH*.

Toutes les missions locales ont-elles un référent handicap ?

Beaucoup de missions locales ont un référent handicap. La particularité du Val-de-Marne est que chacune des 11 missions locales du département a nommé un référent handicap. Nous nous rencontrons régulièrement entre référents pour réfléchir à de nouveaux outils d’accompagnement pour les jeunes en situation de handicap ou pour échanger avec des partenaires. Nous transmettons ensuite les résultats de nos travaux à nos collègues et sommes des personnes ressources dans nos structures sur toutes les questions qui concernent le handicap.

Est-ce le référent qui reçoit tous les jeunes en situation de handicap à la mission locale ?

Cela dépend. La mission locale Bièvre Val-de-Marne a la particularité d’être sur trois sites (Fresnes, Chevilly-Larue et Thiais) et ce serait difficile pour moi de me « partager » entre tous les sites. Les conseillers reçoivent donc l’ensemble des jeunes et je peux intervenir si besoin. Dans d’autres missions locales, comme celle d’Ivry-Vitry par exemple, c’est la référente handicap qui reçoit les jeunes en situation de handicap.

Faut-il obligatoirement informer la mission locale de son handicap ?

Ce n’est pas obligatoire, mais je conseille fortement aux jeunes en situation de handicap de le faire. Il ne faut pas hésiter à nous en parler, ne pas avoir peur ni honte. Certains jeunes peuvent être dans le déni, et ne nous informent pas de leur handicap. Nous sommes cependant vigilants, et si nous nous apercevons que quelqu’un a effectué une partie de sa scolarité dans un établissement ou une classe spécialisée, nous nous interrogeons, nous essayons de voir si son handicap est susceptible de causer des difficultés pour son accès à l’emploi. Si nous sommes informés, cela nous permet de gagner du temps et de prendre en compte les contraintes spécifiques liées au handicap pour construire le parcours professionnel du jeune. Cela permet aussi éventuellement de mobiliser des dispositifs spécifiques.

Quels types de services les jeunes en situation de handicap peuvent-ils trouver auprès de la mission locale ?

Il existe de très nombreuses prestations spécifiques, qui peuvent être mobilisées différemment en fonction des besoins du jeune. Parfois des jeunes ont une maladie invalidante qui évolue avec le temps et sont obligés de revoir leur projet professionnel. J’ai eu l’exemple d’une jeune fille qui avait effectué tout son parcours scolaire pour devenir infirmière et qui ne pouvait plus faire ce métier car elle ne pouvait plus rester en position debout de manière prolongée. Il faut alors « faire le deuil » de son ancien projet pour en envisager un nouveau. C’est souvent difficile, il faut pouvoir l’accepter, et il y a un travail important à mener. Nous pouvons pour cela orienter les jeunes vers des prestataires spécifiques, comme FREE Compétences, qui les aideront à élaborer un nouveau projet professionnel en tenant compte des contraintes liées à leur handicap. Mais parfois certains jeunes viennent simplement à la mission locale parce qu’ils ont besoin d’une prescription spécifique. Par exemple lorsqu’ils ont besoin de faire une demande d'interprète LSF* pour leur cursus en alternance. Les missions locales sont prescriptrices pour de nombreux dispositifs.

Consulter le site internet de la mission locale Bièvre Val-de-Marne.

* CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées); MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) ; RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) , LSF (Langue des signes française).

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne