Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Yves Guichard

Directeur Maison familiale rurale, Souppes-sur-Loing (77)
Date de l'interview : 13/10/2014

Chaque jeune doit avoir sa chance.

L’alternance en internat dès la 4ème, c’est possible. A la MFR (Maison familiale rurale) de Souppes-sur-Loing (77), il est possible d’entrer en 4ème de la voie agricole ou en DIMA et de ressortir avec un bac professionnel en poche. Entretien avec le directeur de la « Maison ».

Quelles sont les formations proposées au sein de la Maison familiale rurale que vous dirigez ?

Nous avons une classe de DIMA (dispositifs d’initiation aux métiers en alternance), une 4ème et une 3ème de l’enseignement agricole, un CAP (Certificat d’aptitude professionnelle) Service en milieu rural et une formation bac professionnel SAPAT (Services aux personnes et aux territoires). Toutes les formations se passent en alternance.

Qu’apporte l’alternance à ces jeunes gens ?

Notre travail consiste à accompagner jeune vers leur projet professionnel. L’alternance aide à cela. De plus, le monde de l’entreprise demande de respecter les horaires, de suivre le rythme, d’évoluer en s’adaptant à une équipe et à des contraintes aussi. Le fait d’associer l’entreprise à l’école booste généralement les jeunes.

Intègre-t-on votre 4ème afin de travailler dans l’agriculture ?

Même s’il s’agit de l’enseignement agricole, cela ne concerne pas seulement les métiers de l’agriculture. Le spectre est très large. Les jeunes passent 16 semaines à l’école et 22 semaines en entreprise pour découvrir des métiers dans le domaine de l’agriculture, mais aussi des espaces verts, des animaux, des services, de la vente, de la cuisine, de la restauration… Les jeunes découvrent généralement trois lieux de stage pendant l’année afin de pouvoir préciser leur orientation. A la fin de l’année de 4ème, la plupart d’entre eux sont fixés sur un domaine professionnel. Il faut préciser qu’on ne peut intégrer cette classe après la 5ème de collège qu’à condition d’avoir 14 ans révolus à la rentrée de 4ème.

Quelle différence entre la 3ème et le DIMA ?

Comme les élèves de la voie agricole, ils sont là pour trouver leur voie professionnelle, mais leur niveau scolaire n’est pas le même. Arrivent en DIMA, après la classe de 4ème de collège, des jeunes ayant accumulé un gros retard scolaire ou même décroché. Leur échec scolaire n’est pas forcément un problème de capacité. Certains gamins n’ont vraiment pas été aidés par la vie. Au bout de quelques semaines de DIMA, certains d’entre eux révèlent d’ailleurs un beau potentiel. Un gamin nous a dit récemment que c’était la première fois qu’on lui faisait des compliments. Il s’était toujours entendu dire qu’il n’était bon à rien parce qu’il est plus lent que les autres à l’école. Nous sommes là pour soutenir ces adolescents et leur redonner confiance en leur proposant un enseignement adapté, un cadre structurant et rassurant. Chacun doit avoir sa chance.

L’internat fait partie de ce cadre structurant et rassurant…

Nos jeunes ont besoin de repères et de limites. L’internat est un cadre clairement structurant du lundi matin au vendredi après-midi. Il y a un temps pour l’étude, le repas, la veillée… Dans les MFR, le travail d’accompagnement par l’équipe pédagogique va bien au-delà des heures de cours. L’équipe est très disponible et mobilisée toute la journée. Ici, on enseigne, on anime, on encadre. Qu’on soit moniteur ou directeur, on est amené à encadrer le petit déjeuner, à participer au service de repas le midi ou le soir, ou encore à surveiller la cours, par exemple. Manger à la même table que les jeunes, être avec eux en dehors de la classe, permet d’avoir d’autres relations que celle que peut avoir un enseignant avec un élève. Cela nous permet, par exemple, de sentir qu’un gamin ne va pas bien et d’échanger entre collègues. Entre les internes aussi des relations très fortes se nouent généralement par le partage de la vie quotidienne. Si les jeunes sont contents de partir le vendredi, la plupart du temps ils sont ravis de se retrouver le lundi. Et certains reviennent nous voir des années après avoir vécu ici…

Quels sont les poursuites d’études des jeunes que vous accueillez ?

Après le DIMA, la poursuite d’études s’effectue généralement en CAP. Environ la moitié de nos jeunes en CAP agricole Service en milieu rural préparent ensuite un bac pro agricole SAPAT (Service aux personnes et aux territoires).

A l’issue de la 3ème, les élèves se dirigent vers des bacs professionnels agricoles, notamment en Conduite et gestion de l’élevage canin et félin ou Technicien-conseil vente en animalerie. Et certains titulaires d’un bac pro se lancent dans la préparation du concours d’auxiliaire de vie, d’auxiliaire de puériculture ou d’infirmier.

Propos recueillis par Isabel Busché