Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Soumia Malinbaum

Directrice générale adjointe de Keyrus et Présidente de la Commission formation du Syntec Numérique
Date de l'interview : 12/06/2014

L'ensemble du secteur du numérique connait de gros besoins en recrutement.

Soumia Malinbaum dresse le portrait de la filière numérique et évoque les importants besoins en recrutement du secteur.

Pouvez-vous nous présenter le secteur du numérique : quels types d'entreprises et de métiers regroupe-t-il ?

La filière numérique regroupe les entreprises de services numériques (ESN), que l'on appelait autrefois SSII, les entreprises de conseil en technologie, les éditeurs de logiciels, les intégrateurs, les constructeurs d'équipements et de composants informatiques et électroniques, et les entreprises du Web. Les métiers du numérique couvrent quant à eux un champ très large, qui regroupe les métiers dédiés au secteur numérique, mais aussi des métiers répartis dans tous les autres secteurs de l'économie, comme l'industrie, la banque-assurance ou le commerce.

Les métiers du numérique peuvent être regroupés au sein de plusieurs grandes familles. Les métiers de la conception et du développement d'abord, qui consistent à inventer, créer et faire évoluer les logiciels. Il y a aussi les métiers de conseil et d'expertise, qui accompagnent les entreprises ayant des besoins en numérique, en les aidant par exemple à piloter leur système d'information. Ensuite, les métiers d'exploitation de systèmes informatiques et de réseaux, plus manuels, veillent notamment à maintenir le bon fonctionnement des équipements, à leur sécurité... Enfin, trois autres grandes familles regroupent les métiers de la conduite de projet, les métiers de la commercialisation, et les métiers de l'enseignement, de la recherche et de la R&D.

Est-ce un secteur qui recrute ?

Le contrat d'étude prospective, que le Syntec Numérique a réalisé avec le ministère du Travail en juillet 2013, a identifié plus de 36 000 créations nettes d'emploi en France dans la filière numérique à l'horizon 2018. C'est l'ensemble de notre secteur qui connait de gros besoins en recrutement, mais nous pouvons mettre l'accent sur deux métiers particulièrement porteurs : celui de développeur (en particulier d'applications mobiles), pour qui le besoin en recrutement est de plus de 15 000 personnes par an, et celui de web designer (dans le web, les jeux vidéos, le e-commerce), pour qui il est également annoncé 15 000 postes à pourvoir chaque année. Ces deux métiers sont accessibles à partir d'un niveau bac + 2 / bac + 3. Nous avons également un fort besoin d'ingénieurs, de chefs de projets ou de business analysts. Nous nous situons ici sur du recrutement à bac +5.

Existe-t-il des besoins sur des métiers nouveaux ?

La filière numérique recherche des profils liés à l'émergence de nouvelles technologies telles que le Cloud : il y a des besoins sur les métiers d'architecte Cloud et de spécialiste migration. Les métiers autour du Big Data répondent aussi à une demande de plus en plus forte des entreprises, qui souhaitent tirer parti de leurs données. Les spécialistes des systèmes embarqués sont aussi de plus en plus recherchés. Enfin, la cyber-sécurité est également un domaine en émergence, avec des besoins sur des profils de techniciens comme d'ingénieurs.

Les professionnels du numérique semblent être majoritairement des ingénieurs et des hommes, la situation évolue-t-elle ?

Les entreprises de notre branche professionnelle recrutent encore 80 % d'ingénieurs, mais elles s'ouvrent de plus en plus à des profils de niveau bac + 2/ bac + 3 et à des universitaires. C'est d'autant plus indispensable que les effectifs sortant de formations d'ingénieurs ne seront pas suffisants pour couvrir l'ensemble des recrutements prévus à l'avenir. On peut noter également l'apparition récente d'établissements comme la Web@cadémie, Simplon.co, ou l'Ecole 42, qui forment des jeunes sans qualifications aux métiers du numérique.

Pour ce qui est des filles, il y a effectivement une grande pénurie : elles ne sont que 16 % à sortir des écoles d'ingénieurs, et on ne les retrouve que très peu dans les métiers du numérique. C'est un problème d'image, car ces derniers sont souvent identifiés comme des métiers de « geek ». C'est pourtant l'inverse : les métiers du numérique s'exercent en équipe, et font souvent appel à des compétences de management et de relations humaines.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne