Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Marianne Lévy

Ingénieure à la RATP
Date de l'interview : 06/05/2014

Il faut évidemment posséder des compétences techniques mais les qualités humaines ont aussi toute leur importance.

Ingénieure, Marianne Lévy participe à la création de lignes de tramway en banlieue parisienne. Elle évoque sa formation et son évolution professionnelle dans le secteur des transports urbains.

Vous êtes diplômée de Supélec. Qu'est-ce qui vous attirait dans cette école ?

J'étais très attirée par le côté moderne, high tech de Supélec : l'informatique, l'électronique, les télécoms me semblaient des technologies d'avenir (des ordinateurs qui commençaient à avoir des puissances de calcul extraordinaires, la fusée Ariane, les satellites...) et qui permettaient, en outre, de travailler dans n'importe quelle branche de l'industrie. En dernière année, j'ai assez naturellement choisi d'étudier l'automatique : inventer des outillages pour faciliter la vie des êtres humains !

Etudiante, vous rêviez de quel(s) métier(s) ?

J'ai construit mon projet professionnel au fur et à mesure de mes études. L'ouverture des écoles d'ingénieurs au monde de l'entreprise, à travers les stages, notamment, permet de découvrir le champ des possibles, de passer des sciences fondamentales aux applications pratiques.

Immédiatement, après le bac, je pense que je rêvais plutôt de travailler dans un laboratoire. Ensuite, je me suis rendue compte, que j'apprécierais un travail plus concret.

Après votre diplôme, quel a été votre parcours professionnel ?

J'ai fait un court passage par l'informatique bancaire mais je suis vite revenue à un domaine qui m'intéressait particulièrement : les transports urbains.

Je suis entrée à la RATP, comme ingénieure d'études, pour réaliser les essais de validation des logiciels de contrôle de vitesse pour la ligne A du RER. J'ai exercé ce premier métier jusqu'à la naissance de mon 2e enfant. J'ai profité de ce congé de maternité et me suis organisée pour changer à ce moment-là.

En l'an 2000, je suis devenue cheffe de projet pour la mise en place de systèmes de conduite des trains. A partir de 2005, j'ai participé à des projets européens et internationaux de normalisation des systèmes de commande et de contrôle pour les transports urbains, en parallèle de mon activité de responsable de la définition fonctionnelle des systèmes d'interface quai – train (portes palières et systèmes d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite). Depuis juin 2008, je participe à la création de lignes de tramway en banlieue parisienne.

Vous êtes actuellement responsable du prolongement de la ligne T1 du tramway Noisy-le-sec/ Val de Fontenay au sein de la RATP. A quoi ressemble votre quotidien ?

Je suis une sorte de chef d'orchestre : j'ai une équipe de quelques personnes avec qui je travaille au quotidien et, le projet étant en phase de conception, nous faisons conduire des études à des équipes d'ingénieurs, techniciens, architectes, urbanistes... soit plusieurs dizaines de personnes !

Il s'agit aussi de faire rédiger des cahiers des charges avec les futurs exploitants, mainteneurs, de faire faire des mesures et des diagnostics sur le site, etc.

Quelles sont les qualités attendues sur ce type de poste ?

Il faut évidemment posséder des compétences techniques mais les qualités humaines ont aussi toute leur importance.

Qu'aimez-vous particulièrement dans votre quotidien pro ?

La diversité des tâches (réunions, travail de bureau, réflexion, action, travail de terrain...) et des relations humaines.

Vous êtes impliquée au niveau associatif (Elles bougent, Supélec au féminin) pour valoriser les femmes dans les filières techniques et scientifiques. Pourquoi cet engagement ?

J'ai immédiatement adhéré à Supélec au féminin, à sa création, en 2006, parce qu'il me paraissait évident que la vie professionnelle, pour une femme, était marquée par de profondes spécificités. J'ai ainsi pu confronter mon expérience à celle de mes camarades. J'y ai trouvé des réponses et j'ai été convaincue de la nécessité de donner aux femmes des moyens de s'enrichir mutuellement, d'échanger sur des expériences concrètes, de découvrir qu'il est possible de concilier vie familiale et réussite professionnelle, de développer des réseaux et que la mixité était aussi l'affaire des hommes.

Il m'a semblé également important de promouvoir ces métiers, plutôt méconnus quoique passionnants, auprès des jeunes, en général, et des jeunes filles, en particulier.

Quels conseils pourriez-vous donner à une jeune femme tentée par une carrière d'ingénieure ou de chef de projet technique ?

Oser, évidemment ! Et, suivre ses envies... car, on est bien meilleur dans ce qu'on aime.

Propos recueillis par Sandrine Damie