Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pierre-Emmanuel Daigre

Chargé de mission à Capital Games
Date de l'interview : 18/04/2014

C'est une industrie prometteuse et source de croissance. Elle a dû et doit encore cependant s'adapter et faire face à une très forte concurrence internationale.

Pierre-Emmanuel Daigre fait un point sur l'industrie du jeu vidéo en Ile-de-France.

Pouvez-vous nous présenter les missions de Capital Games, cluster francilien du jeu vidéo ?

Capital Games est le cluster du jeu vidéo en Ile-de-France. Notre association anime, rassemble et représente depuis 10 ans l'industrie du jeu vidéo dans la région parisienne. Nous accompagnons aujourd'hui une soixantaine d'entreprises adhérentes sur de nombreux thèmes clés : l'animation du réseau, les RH et la formation, le financement, le développement à l'international, la communication et le marketing, l'éthique et la déontologie et enfin l'événementiel avec Game Paris.

Concrètement, nous mettons sur pied différents programmes d'accompagnement et des partenariats. Nous organisons des conventions d'affaires (la Game Connection Europe), des conférences, des formations. Nous publions des études, construisons un fonds d'investissement dédiés aux productions de jeu vidéo, etc. 

Si notre action s'oriente essentiellement vers les professionnels du jeu vidéo, nous organisons deux temps forts où nos entreprises peuvent rencontrer et échanger directement avec le public et les étudiants de tous âges : l'espace "Jeux Made in France" de la Paris Games Week, ainsi que "Game Paris Talents" lors de Game Paris.

La région francilienne est-elle particulièrement dynamique dans ce secteur ?

La région francilienne est effectivement très dynamique dans cette industrie, moteur en France et en Europe. On estime à près de 200 les entreprises dans la région, et 3000 emplois. Nous commanditons actuellement une étude détaillée afin de préciser ces éléments.

Historiquement, la France et la région parisienne ont toujours été des territoires très fertiles et pionniers de la création vidéo-ludique. De nombreux succès continuent de voir le jour parmi nos entreprises, sur des supports et des types de jeux très variés. C'est une des particularités et force de notre région : nous avons un écosystème riche et varié regroupant écoles, centres de formation, incubateurs, studios, éditeurs, sociétés de middleware technologique ou de monétisation. Nous produisons ainsi sur tous les supports et dans des genres très différents.  

Vous avez publié une étude avec le CROCIS fin 2013 sur les entreprises franciliennes du jeu vidéo. Quels en sont les principaux enseignements ?

 Cette étude est une synthèse sur les nombreux enjeux de notre industrie à l'heure actuelle. Nous y rappelions tout d'abord que le jeu vidéo est une spécialité de notre région, voire de notre pays, à la fois en termes de production, de formations (de qualité et reconnues internationalement) mais aujourd'hui aussi en termes de consommation.

C'est une industrie prometteuse et source de croissance. Elle a dû et doit encore cependant s'adapter et faire face à une très forte concurrence internationale. C'est plusieurs milliers de jeux qui sortent dans le monde chaque semaine, de manière croissante sur des plateformes dématérialisées, certains réalisés dans des pays où la production coûte moins chère ou est plus soutenue. Il faut donc être extrêmement intelligents et forts pour nos entreprises afin de se démarquer dans cet environnement. 

Vous organisez des tables rondes sur la problématique "développeur/éditeur, comment travailler ensemble". Quelles sont les spécificités de ces 2 profils d'entreprises et comment peuvent-elles être complémentaires ?

La dématérialisation des contenus est aujourd'hui au cœur de la redéfinition des relations entre ces 2 profils. Traditionnellement et très schématiquement, le développeur créé un jeu, financé et commercialisé par l'éditeur, grâce à ses équipes marketing et son réseau de distribution.

Depuis quelques années, de nombreux studios profitent de la dématérialisation pour commercialiser en direct leurs productions sur les magasins digitaux tels que l'Appstore, Steam, Facebook etc.  

Les relations entre les 2 ont donc aujourd'hui évolué, il n'y a d'ailleurs pas qu'un profil d'éditeur, ou de studio. La chaîne de valeur s'est complexifiée, et ces tables rondes ont pour objectif d'informer, d'échanger, et aux présents d'identifier d'éventuels partenaires en fonction de leurs situations. 

Comment se décompose le marché du jeu vidéo (consoles, PC, jeux web, jeux Facebook, etc.) ?

Encore une fois, nous avons la particularité de voir des entreprises réussir brillamment sur chacun de ces secteurs. Si un certain nombre d'entreprises se sont tournées vers le mobile et les jeux web & sociaux, parfois pour des raisons de coût et d'accessibilité ou de marché, beaucoup travaillent sur de multiples plateformes. 

Le développement pour mobile/tablette est-il une niche ou devient-il la norme ?

Vu le nombre d'applications de jeux sur mobiles & tablettes sortant chaque semaine (près de 9 000 sur iOS !) on ne peut parler de niche. Ces plateformes sont accessibles et permettent aux développeurs qui le souhaitent de publier directement leurs jeux.

Ce marché est aujourd'hui une composante fondamentale de notre industrie, et a d'ailleurs suscité nombre de bouleversements, comme le prix d'accès aux jeux (de gratuit à quelques euros) en comparaison aux coûts de développement (de quelques dizaines à centaines de milliers d'euros). On y trouve aujourd'hui des jeux et expériences très variées, et ces supports ne sont plus l'apanage que des jeux dits "casuals".  

Quel(le)s sont les fonctions/métiers les plus porteurs pour l'avenir ?

Les professionnels du jeu vidéo ont toujours besoin de créatifs de qualité, qui font la force de nos productions depuis des années. Nos ingénieurs sont reconnus internationalement, et nous en avons toujours besoin. Cependant de nouveaux métiers sont aujourd'hui de plus en plus présents dans les studios et les éditeurs comme les profils marketing et les spécialistes de l'analyse de donnée ou Data Analyst. Par ailleurs, les supports, les technologies et les business models évoluant rapidement, il est nécessaire pour nos talents d’être exigeants, réactifs et  de savoir s’adapter.

Nous travaillons précisément à la structuration du secteur en partenariat étroit avec nos partenaires publics et privés mais également avec les écoles et instituts de formation du jeu vidéo. Nous avons publié en 2012 un second référentiel des métiers du jeu vidéo.

Au sein de Game Paris, nous organisons « Game Paris Talents » ; un cycle de conférences sur les métiers du jeu vidéo, organisé en partenariat avec les meilleures écoles et studios de jeu vidéo en France. C’est un rendez-vous organisé en fin d’année qui accueille gratuitement les étudiants du collège aux études supérieures désirant se renseigner ou intégrer notre industrie, nos studios ou nos écoles. Rendez-vous à la Game Paris Talents 2014 !

Propos recueillis par Sandrine Damie

Pour aller plus loin :

Photo 2013 du Game Paris Talents
http://www.afjv.com/diaporama/131212_game_paris_talents.php

Vidéo : Les référentiels des métiers du jeu vidéo 
https://www.youtube.com/watch?v=a3V6cxLkSKY

Vidéos des conférences des Game Paris Talents 2013
https://www.youtube.com/channel/UCnjQdDbK--GGFiBAE60J1LA/videos