Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Lucie Farges

Apprentie 1re année BTS design graphique Gobelins (75) en alternance chez Zigoniric Malakoff (92)
Date de l'interview : 19/03/2014

Allier études et travail, permet aussi de ne pas se lasser d’aller en cours tous les jours.

Apprentie en 1re année de BTS design graphique aux Gobelins, l’école de l’image, Lucie Farges revient sur son parcours et nous détaille sa vie bien remplie entre ses cours et ses responsabilités nouvelles en entreprise.

Quel a été votre parcours d’études avant d’entrer aux Gobelins ?

J’étais bonne élève et j’ai passé un bac S à Nantes (44), parce que mes parents estimaient que cela ouvrait toutes les portes. Ils ne voulaient pas que je me dirige vers les arts par peur du manque de débouchés. Mais j’ai toujours dessiné et pris des cours de dessins.

Après une prépa scientifique, j’ai fini par les convaincre que les arts « appliqués » ne sont pas déconnectés du commerce et l’économie et qu’il existe aussi dans ce domaine des filières d’excellence. J’ai pu alors me diriger vers une Manaa publique à Brest, c’est-à-dire une mise à niveau d’une année en arts appliqués (passage obligatoire quand on n’a pas décroché un bac ST2S, NDR). J’ai été prise sur dossier et lettre de motivation. Il y avait 700 candidats pour 22 places ! J’ai pu y découvrir l’ensemble des arts appliqués.

Pourquoi avoir choisi ensuite l’alternance ?

Je trouvais intéressant d’avoir le point de vue concret et d’apprendre le métier en le pratiquant. Et j’ai également pensé que mon expérience pourrait jouer au moment de l’embauche. J’ai été prise aux Gobelins à Paris. En plus d’être une très bonne école, elle proposait le BTS design graphique en alternance. Au concours, j’ai dû faire une affiche, pour la partie «  écrite » . Et j’ai ensuite passé un entretien oral d’une demie heure.

Comment s’organisent vos semaines entre école et entreprise ?

De fin septembre à fin décembre, nous étions à l’école à plein temps. Ce temps permet aux créatifs, comme moi, venant des arts appliqués, d’apprendre à maitriser certains logiciels, comme Illustrator ou Photoshop, et aux autres, venant de bac professionnel production graphique, d’apprendre les bases des arts appliqués. Globalement, nous parvenons tous ainsi à combler nos lacunes.

L’alternance a vraiment commencé en janvier. J’alterne désormais 2 semaines en entreprises et 2 semaines à l’école. Et comme on ne peut pas voir tout le programme à mi-temps à l’école, nous avons pas mal de travail à faire chez nous.

Comment se passe vos semaines en entreprise ?

J’arrive le lundi matin à 9 heures et, avec Valérie Nylin, qui dirige Zigoniric, une entreprise spécialisée dans la fabrication de petits objets de décoration pour la voiture, nous programmons les tâches des deux semaines à venir. Charge à moi de les organiser ensuite. J’ai, par exemple, pris des photos des objets, pour le site internet ou d’autres supports. J’ai aussi travaillé sur la mise à jour du catalogue, sur des communiqués de presse ou encore sur la déco du stand du salon « Maison & Objet ». Comme il s’agit d’un petite entreprise, nous touchons à plein de choses différentes et pas seulement à ce que je fais en cours. Cela permet de ne pas faire toujours la même chose.

Vous semblez faire partie intégrante de l’équipe…

Dès l’entretien, Valérie Nylin, m’avait dit : « on est cinq, il faut être opérationnelle. Je ne suis pas là pour te materner ». Même si cela m’a intimidé sur le moment, je suis aujourd’hui ravie qu’elle me donne des responsabilités et une vraie place. Je ne suis pas considérée comme « une petite apprentie qui fait le café ». L’ambiance est très détendue et très accueillante. 

Avez-vous un exemple concret de la manière dont votre expérience en entreprise complète votre formation à l’école ?  

Cela m’a beaucoup aidé de pouvoir travailler régulièrement sur Photoshop, Illustrator ou InDesign en entreprise, que j’avais appris, un peu, à utiliser à l’école. J’ai, par exemple, assimilé les raccourcis clavier de ces différents logiciels. Cela permet de gagner un temps fou. A propos de temps, lorsque je suis en entreprise, j’arrive généralement à finir vers 17h-17h30, sauf quand il y a des choses un peu exceptionnelles, comme le salon « Maison & Objet ». A ce moment là, il m’est arrivé de terminer à 20h. Mais c’est exceptionnel et nous récupérons à un autre moment…

La conciliation vie professionnelle et vie étudiante est-elle difficile ?

Le fait que mon BTS se prépare aux Gobelins en 3 ans et pas 2, permet d’avoir quand même plus de temps que les étudiants qui le font en 2 ans tout en étant aussi en entreprise. Mais cela reste tout de même intensif. Lors de mes 2  semaines en entreprise, je me remets au travail pour les cours quand je rentre, à peu près 4 soirs sur 5. C’est surtout le cas lorsque j’ai des travaux à rendre. Quand il n’y en a pas, je travaille seulement le week-end. Pour le moment, je ne stresse pas pour l’examen. Je n’ai pas le temps. Allier études et travail, c’est être tout le temps en train de se réadapter à un autre rythme et à un autre univers. C’est très dynamique. Et cela permet aussi de ne pas se lasser d’aller en cours tous les jours…

Votre projet professionnel se précise-t-il ?

C’est un peu tôt. Pourquoi ne pas continuer en licence professionnelle de web designer ? A moins que je ne sois lassée des études d’ici là. Cela va quand même durer 3 ans le BTS ! Cela dépend aussi si je peux être embauchée en CDI chez Zigoniric, après mon BTS si cela se passe bien, comme me l’a dit Valérie Nyin. Un CDI, par les temps qui courent, cela ne se refuse pas !

Propos recueillis par Isabel Busché