Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Louise Daubigny

Professeure-documentaliste, Villiers-Saint-Georges (77)
Date de l'interview : 28/11/2013

J’essaie de faire passer mon goût des lectures, pour rêver et pour apprendre.

Professeure-documentaliste depuis 5 ans, Louise Daubigny essaie d’être dans la lignée de l’enseignante qui lui a donné envie de faire ce métier, lorsqu’elle était au collège. À la différence près qu’Internet a pris de l’ampleur depuis, et qu’elle doit désormais apprendre aux élèves à trier les informations plutôt qu’à les trouver.

En quoi consiste exactement le métier de professeure-documentaliste ?

Je fais vivre le CDI (centre de documentation et d’information) et j’enseigne.

Au CDI, j’établis la liste des acquisitions, je reçois les élèves, j’organise des expositions, des concours… Je suis aussi responsable de l’ouverture culturelle de l’établissement. Je fais donc venir des auteurs et parfois des professionnels de l’orientation, pour permettre aux jeunes de découvrir les métiers.

Quant à ma part « professeure », elle s’exprime avec ma spécialité « recherche documentaire ». Mon objectif est d’amener les élèves vers l’autonomie dans leurs recherches. L’enjeu est qu’ils soient capables de chercher et de vérifier des informations en s’interrogeant sur leur source. Avec Internet et la masse d’informations accessibles, le problème n’est plus de trouver des infos, mais de les trier et de les restituer sous différentes formes. J’y travaille notamment avec tous les élèves de 6e du collège, à raison d’une heure tous les 15 jours. Les plus grands ont au moins une recherche à faire dans l’année. Ils viennent au CDI sur les heures dédiées à cela ou individuellement sur leurs heures de permanence.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Avant tout, la curiosité universelle. S’intéresser à tout, aimer découvrir.
Ensuite, avoir envie de transmettre cet intérêt, savoir s’adapter à son public, avoir un bon contact avec les élèves et de la patience. Enfin, être polyvalent, car il faut organiser beaucoup de choses, et être inventif aussi.

Quand on arrive dans un CDI qui a été fait à la patte d’un autre documentaliste, on bouge le mobilier, on change l’affichage. Il n’y a pas deux CDI semblables et pas deux "prof-doc" pareils. Certains sont, par exemple, davantage tournés vers le livre, d’autres vers le Net. 

Pourquoi l’avez-vous choisi ?

Principalement parce que je m’intéresse à tout, depuis longtemps. J’aime les matières culturelles, comme l’histoire, le français, mais aussi les SVT. Au départ, je me voyais bien enseigner l’une d’elle, mais je n’ai finalement pas réussi à en choisir une seule. Alors que j’étais en classe de 5e, j’ai eu une professeure documentaliste très dynamique, qui organisait des concours et des événements au CDI de mon collège, et l’envie de faire comme elle est venue. J’exerce ce métier depuis 5 ans et j’essaie d’être dans sa lignée. J’essaie de faire passer mon goût des livres et des lectures en général, pour rêver et pour apprendre.

Quel a été votre parcours d’études ?

J’ai passé un bac S. J’avais un intérêt aussi bien pour les matières scientifiques que littéraires et en filière L, on arrêtait les matières scientifiques. Je me suis ensuite engagée en classe préparatoire littéraire, pour ne pas avoir à choisir entre les lettres modernes et l’histoire. Je voulais suivre la voie littéraire la plus générale possible après le bac. J’ai passé une licence, mais ne me suis pas sentie mûre pour préparer le CAPES à ce moment là. J’ai donc poursuivi mes études en master pluridisciplinaire mention "Renaissance", avec de l’histoire, de l’histoire de l’art, des sciences, de la littérature, de la philosophie... Cette formation m’a donné un intérêt pour beaucoup de choses et notamment une capacité à écrire, à synthétiser et à faire de la recherche, très utile pour le CAPES de professeur-documentaliste. Lorsque je l’ai passé, nous étions dix candidats pour une place. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui… 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui rêve d’exercer votre métier ?

Je lui conseillerais de lire beaucoup et de tout avant toute chose, de se forger une solide culture générale, et enfin d’être attentif aux nouveaux outils. Entre le métier tel qu’il était lorsque j’étais en classe de 5e et maintenant, les choses ont changé, avec Internet principalement.

Je lui conseillerais aussi de faire des stages dans différents CDI pour voir comment cela peut se passer et d’échanger avec différents enseignants-documentalistes.

 

Propos recueillis par Isabel Busché