Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Gilles Boulin

directeur d'ECFT, Ecole de conduite et de formation taxi
Date de l'interview : 27/11/2013

Quand on est à l'aise dans son métier on peut se consacrer à l'exigence de qualité.

A travers son école et la coopérative de chauffeurs de taxi dont il fait partie, Gilles Boulin nous fait part de sa vision du métier.

Votre école a la particularité de faire partie du groupement Gescop, 1er groupement de taxis parisiens associés en coopératives. Quelles sont les valeurs que vous défendez ?

Les chauffeurs de taxi qui deviennent actionnaires de l'une de nos coopératives ont opté pour une organisation d'économie sociale qui prône l'égalité entre tous les associés (1 chauffeur = 1 voix) et un fonctionnement démocratique (les chauffeurs élisent leur conseil d'administration). Dans une activité qui à tendance à isoler, ils font le pari de s'associer autour d'un projet collectif, de mutualiser leurs moyens pour pérenniser un patrimoine commun. Nos 1 200 chauffeurs sont tous indépendants mais co-responsables de leur entreprise. Leur implication sur chacune des courses servies fait toute la différence auprès de nos clients.

Pourquoi avez-vous créé votre propre école de formation de chauffeurs de taxi ?

Un groupement comme le nôtre se devait d'impulser, à la source, sa vision du métier de taxi. Nous formons des chauffeurs à une mission de service au public. A Paris, le taxi est un acteur de la mobilité, un maillon de la chaîne des transports. Notre ambition est de former nos stagiaires pour qu'il soit à la hauteur de cette mission et de la métropole parisienne. Il en va de notre responsabilité en tant que professionnels car ils véhiculent l'image de la capitale et de toute une profession.

Quelles sont les conditions à remplir pour s'inscrire à la formation menant au Certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi ?

Pour que la candidature soit recevable, il faut être titulaire du permis B depuis au moins trois ans et du PSC1 (formation "Prévention et secours civiques" de niveau 1) depuis moins de 2 ans au moment du dépôt du dossier. Il faut également satisfaire à une visite médicale auprès d'un médecin agréé et justifier d'un casier judiciaire vierge (Bulletin n°2).

Quel est le contenu de cette formation ? Quelle approche proposez-vous du métier ?

Un futur taxi doit connaitre la réglementation des taxis et des transports sur le bout des doigts. Il sera également formé à la gestion, la sécurité routière, la topographie de la capitale, la conduite et le repérage dans Paris. C'est un métier difficile avec 11 heures d'activité journalière. Nous les préparons à relever tous les défis de leur profession grâce à une formation solide, dispensée par des chauffeurs de taxis en activité qui savent, après avoir abordé la théorie, leur parler de la réalité du terrain.

Quelles qualités sont attendues d'un chauffeur de taxi ?

Aimer le contact avec les gens et avoir le sens du service est primordial. Un bon chauffeur de taxi doit être à l'écoute de son passager pour le prendre en charge dans les meilleures conditions jusqu'à la destination. Un déplacement, c'est un voyage que l'on doit rendre le plus agréable possible. La patience et la maîtrise de soi en toute circonstance sont précieuses pour gérer le stress des passagers comme celui généré par les embouteillages, sans perdre de vue son itinéraire.

Votre école se situe au sein même des locaux de la coopérative. Quels avantages en tirent les personnes en formation ?

Nos taxis en devenir sont immergés dans l'univers de leur future activité. Lors de leur pause, ils croisent dans leur quotidien certains des 1 200 chauffeurs associés qui viennent régulièrement dans nos locaux. Ils peuvent échanger avec eux et ils ont une projection immédiate de ce que sera leur métier. C'est très apprécié par nos stagiaires.

Combien de personnes formez-vous chaque année ?

Notre volonté est de faire de la qualité ; nous formons 50 chauffeurs par an que nous suivons durant 3 mois (420 heures). Notre objectif est, qu'à la sortie d'EFCT, ils soient sereins dans leur nouveau métier. Des personnes bien formées, c'est un plus pour les passagers comme pour le chauffeur lui-même. Quand on est à l'aise dans son métier on peut se consacrer à l'exigence de qualité.

Propos recueillis par Sandrine Damie