Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Antony Ramos

Professeur de technologie, Seine-Saint-Denis (93)
Date de l'interview : 27/11/2013

Leur apprendre comment fonctionnent les objets, les accompagner dans leur découverte de la conception à l'utilisation finale, cela me passionne !

Enseignant dans un collège de Seine-Saint-Denis depuis 3 ans, Antony Ramos revient sur son parcours de formation et évoque son quotidien.

Quel a été votre parcours de formation ?

Après un bac S, option sciences de l'ingénieur, j'ai décroché une licence sciences de l'ingénieur option électronique puis un master maintenance et maîtrise des risques industriels. Ce parcours me prédestinait plutôt à une carrière dans le privé, à un poste de cadre ou de management.

Pourquoi vous-êtes vous alors tourné vers l'enseignement ?

A partir de la licence, en parallèle des cours, j'occupais un poste de surveillant à mi-temps. Plongé dans l'univers du collège, j'ai appris à connaître le métier et à l'apprécier. J'ai donc complété ma formation par un master en sciences de l'éducation pour préparer le concours.

Comment s'est déroulée votre préparation au CAPET ?

J'ai passé le CAPET, Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement technique, il y a 3 ans. Les épreuves étaient très sélectives mais j'y étais bien préparé grâce au master.

Durant ce master, j'ai eu une semaine de stage auprès de professeurs de technologies déjà aguerris. Cela a été l'occasion d'échanges pédagogiques fructueux. Mon expérience de surveillant a été un atout car je "connaissais" déjà le public auquel j'allais faire classe.

Qu'est qui vous plait dans l'enseignement ?

J'apprécie la diversité des élèves. Cette année, j'ai des classes de 5e et de 4e. On travaille sur l'objet technique autour des thèmes "habitat et ouvrages" (en 5e) et "confort et domotique" (en 4e). Leur apprendre comment fonctionnent les objets, les accompagner dans leur découverte de la conception à l'utilisation finale, cela me passionne !

Dans mon métier, j'ai le sentiment d'avoir une grande liberté dans l'organisation de mes cours, tout en suivant le programme commun à tous. D'une année sur l'autre, je peux modifier mon approche de l'objet, tenter de nouvelles expériences avec les jeunes. C'est stimulant. Ma finalité est toujours de savoir ce que les collégiens vont retenir durant l'année passée en cours avec moi.

Comment préparez-vous vos cours ?

Je fais 22 heures de cours chaque semaine (dont 4 heures supplémentaires). Pour chaque heure de cours, j'estime passer entre 3 et 6 heures pour la préparation. La technologie est une matière un peu à part, comme les SVT par exemple, car cela demande un temps important de préparation au sein du collège. Cela va de l'achat de matériel (en concertation avec les autres professeurs de technologie) à la préparation du matériel ou la réalisation de maquettes pour chaque classe. Cette préparation doit s'anticiper longtemps à l'avance car elle est chronophage.

Quelles sont les autres activités qui rythment votre quotidien ?

L'évaluation des élèves se fait pour partie en classe (évaluation collective) mais également via des devoirs écrits. Il me faut un peu plus d'une heure par classe pour corriger l'ensemble des copies. Ensuite, il faut saisir les notes dans l'outil informatique utilisé au sein du collège.

A cela s'ajoutent les réunions d'équipe, l'organisation de sorties mais aussi les rencontres avec les parents et les conseils de classe.

Quels conseils pourriez-vous donner à un futur professeur de technologie pour ses premières heures de cours ?

Il faut avant tout se mettre au niveau des élèves. Bien souvent en débutant on a du mal à estimer le niveau à attendre d'une classe : on réfléchit comme si on était devant des diplômés bac + 5 parfois ! Il faut souvent quelques mois pour mieux connaître le niveau possible d'un collégien et lui proposer des évaluations en adéquation avec ce qui est attendu de lui.

 

Propose recueillis par Sandrine Damie