Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pierre Yves Chamla

Pierre Yves Chamla, Président de la société Bien à la Maison, Paris (75)
Date de l'interview : 16/09/2013

En Ile-de-France, il manque 20 000 auxiliaires de vie.

Créateur et président de Bien à la Maison, Pierre-Yves Chamla considère le secteur de l’aide à domicile des personnes dépendantes est un secteur d’avenir.

Quel est le rôle de votre société ?

L’objectif de Bien à la Maison est de permettre à des personnes dépendantes de rester chez elles et de retrouver une certaine autonomie, grâce à l’intervention d’une aide à domicile. Nous évaluons les besoins des personnes dépendantes, montons des plans d’aide avec le conseil général et ensuite, nous trouvons un intervenant. Le plus souvent, il s’agit d’une intervenante. Dans le domaine de l’aide à domicile, 98 % des intervenants sur le terrain sont des femmes.
Notre travail se fait évidemment en relation avec le milieu médico-social.Au-delà des besoins élémentaires, notre but est également de redonner une vie sociale à des personnes en perte d’autonomie. Nous travaillons, par exemple, sur l’accompagnement par des auxiliaires de vie à des sorties culturelles.

Comment le secteur de l’aide à domicile se porte-t-il ?

C’est un secteur compliqué, longtemps mis sous respiration artificielle par les collectivités, conseils généraux notamment, qui financent les prises en charge. Historiquement, il a été porté par le monde associatif, mais il y a eu récemment une restructuration du métier vers le privé. Il y a 10 ans, 100 % du secteur de l’aide à domicile était géré par les associations. Aujourd’hui, c’est 70 % associatif et 30 % privé. Et, en Ile-de-France, c’est même 50-50.
Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’un secteur d’avenir. Pour prendre l’exemple de Bien à la maison que j’ai créée en 2006, son chiffre d’affaires est passé de 500 000 euros au départ, en 2006, à 30 millions en 2013. Et nous avons aujourd’hui une vingtaine d’agences en France.

Quelle formation faut-il suivre pour devenir auxiliaire de vie ?

Il s’agit d’un métier encore très accessible sans diplôme, à condition d’avoir un casier judiciaire vierge. Actuellement 70 % des auxiliaires de vie ne sont pas diplômées. La tendance est néanmoins à la professionnalisation.
A Bien à la maison, lorsque nous recrutons, nous exigeons un DEAVS (diplôme d'état d'auxiliaire de vie sociale) ou trois d’expérience avec des références. Nous recevons ensuite la personne en entretien et lui proposons un programme de formation continue avec des interventions sur « comment bien faire la toilette ? » ou encore sur les maladies de Parkinson, d’Alzheimer…

 Comment définiriez-vous le profil des auxiliaires ?

Il faut savoir qu’il est difficile de trouver des personnes sérieuses et motivées par ce métier. En Ile-de-France, il manque 20.000 auxiliaires de vie !
Deux profils-types de salariés se dégagent : ceux pour qui ce travail est alimentaire et ceux qui ont une vraie vocation sociale. En province, la situation est différente : nous rencontrons souvent des personnes de 30 à 50 ans, qui exercent le métier d’auxiliaire de vie depuis longtemps, avec passion, et qui ont suivi des formations régulières. En Ile-de-France, c’est souvent un métier très alimentaire exercé par défaut par des gens de 20 à 30 ans, peu ou pas diplômés, et qui n’ont pas beaucoup d’autres opportunités de travail. Le turn-over y est très important, contrairement au reste de la France.

 Quelles sont les qualités requises pour intervenir auprès de personnes dépendantes ?

Cette profession exige de l’empathie et du professionnalisme. Le professionnalisme porte sur des éléments qui peuvent sembler basiques, comme arriver à l’heure, en tenue de travail, ne pas téléphoner et ne pas faire de pause cigarette sur son lieu de travail… Pour un client, une personne aidée, cela représente une part très importante de la satisfaction de la personne aidée.

 A quel salaire une auxiliaire de vie peut-elle prétendre ?

Une auxiliaire gagne entre 9,43 euros et 10,50 euros brut de l’heure pour les plus anciennes. Les emplois proposés correspondent souvent à un temps partiel, généralement entre le mi-temps et le temps plein.

 Quelles sont les évolutions de carrières possibles ?

Une dizaine d’auxiliaires de vie sont devenues coordinatrices ou conseillères chez nous. La coordinatrice gère les plannings et les intervenantes. Le travail d’un conseiller social se passe sur le terrain, à la rencontre des partenaires et des clients.

Propos recueillis par Isabel Busché