Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Flavia Bove

Cheffe de village Club Méditerranée, Gregolimano (Grèce)
Date de l'interview : 17/06/2013

Il faut faire une ou deux saisons pour savoir quel métier on veut y exercer et si on veut continuer.

Cheffe de village" au Club Méditerranée depuis cinq ans, Flavia Bove, brésilienne de 38 ans, est l’une des rares femmes exerçant ce métier. En 18 ans, elle n’a cessé de prendre des responsabilités, a travaillé dans tous les secteurs, de la boutique au sport, et a accumulé quelques visas.

En quoi consiste le métier de chef de village au Club Med’ ?

Le chef de village manage les équipes composées en général de 300 à 400 personnes. Au village de Gregolimano en Grèce, où je me trouve actuellement, il y a 400 personnes à manager, du jardinier, à la femme de chambre en passant par les animateurs au contact du public. J’ai des assistants, qui s’occupent chacun d’une partie des activités.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Etre enthousiaste et disponible. Il faut également être très organisé, savoir déléguer et hiérarchiser les informations pour qu’elles passent. Enfin, il faut avoir le sens du contact avec le client et aimer cela. Au début, je devenais toute rouge lorsque je parlais à quelqu’un que je ne connaissais pas bien. Le club m’a permis de m’ouvrir aux autres. Il faut aussi ne pas avoir de préjugés pour vivre avec des gens du monde entier, qui ont différentes cultures.

Est-il important de parler plusieurs langues ?

Je suis brésilienne et quand je suis rentrée au Club, je parlais uniquement portugais. Aujourd’hui, je parle aussi italien, français, anglais et espagnol.
Depuis que je travaille au Club Med’, je change de pays chaque année. J’ai commencé par le village Turquoise aux Bahamas, fréquenté à 90 % par des américains, je ne parlais pas anglais. J’ai pris quelques cours particuliers et ai surtout appris au club. Au bout de deux mois, c’était bon. J’ai ensuite travaillé au Maroc, en République Dominicaine, en Martinique, au Mexique, puis en Turquie, avant d’arriver en Grèce. Un français peut travailler dans toute l’Europe, où les clients du Club sont à 80 % français. L’anglais est un plus, mais n’est pas nécessaire.

Comment avez-vous évolué de saisonnière à cheffe de village au Club Med’ ?

Le Club a cet avantage de vous permettre d’évoluer et de changer de service. J’y suis entrée à 20 ans après mes études en hôtellerie, au Brésil. Ma sœur y travaillait. Comme j’avais une petite expérience dans une boutique de vêtement, j’ai commencé à la boutique du Club.

Au départ j’étais saisonnière, puis je suis partie à Paris pendant six mois pour faire des études de trapèze, activité que j’avais découverte pendant mes journées de congés au Club. Je me suis ensuite occupée des activités trapèze volant, trampoline et jonglage pendant quatre ans, puis j’ai découvert le ski nautique et ai encore changé. Je suis ensuite devenue responsable de boutique, puis cheffe des sports, avec l’idée de devenir cheffe de village. Passer par les différents services fait partie du parcours de développement d’un chef de village.

Vous avez également suivi une formation de
"chef de village" à l’Université des talents, basée à Paris…

Je suis effectivement allée à l’Université des talents, rue de Cambrai, à Paris, à chaque fois que j’ai changé de poste. La formation "chef de village" était très complète. Elle a duré six mois, pendant lesquels nous avons beaucoup étudié le management ainsi que les questions de sécurité, d’hygiène et de budget, notamment.

Avez-vous un conseil à donner à un jeune qui souhaite exercer votre métier ?

En général, les gens rentrent au club pour faire une ou deux saisons, pratiquer plusieurs langues, mais ne pensent pas y rester. Il faut faire une ou deux saisons pour savoir quel métier on veut y exercer et si on veut continuer. C’est très intense, étant donné qu’on travaille et habite au même endroit, donc il faut vraiment aimer ce que l’on fait. Les sportifs ont des atouts pour être pris, mais cela dépend aussi de la personne. Je n’étais pas sportive à la base et j’ai fini par gérer des activités comme le ski nautique…  Le Club donne une ouverture phénoménale.

Doit-on faire une croix sur la vie de famille ?

Je suis la preuve que non ! Aujourd’hui, j’ai un mari, responsable des sports au village, et je suis enceinte de trois mois. Quand on commence on est souvent célibataire et on finit par rencontrer quelqu’un qui y travaille aussi. Le Club Med’ s’arrange pour que les couples bougent ensemble.

Propos recueillis par Isabel Busché