Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pierre De Surône

Délégué à la direction développement de l’OPCA-Transports, Paris (75)
Date de l'interview : 24/04/2013

La branche du transport recrute des professionnels de niveau cap à bac + 5

Les métiers du transport ne connaissent pas la crise. De plus, ils ont l’avantage de recruter des personnes de tous niveaux de formation. Interview d’un spécialiste du secteur, Pierre De Surône.

Comment le secteur du transport se porte-t-il ?  

Malgré la crise, la branche du transport recrute. Au total, elle a créé plus de 90 000 emplois en 2011. A noter qu’en 2012, il y a eu 6 175 contrats pro, soit 11,9 % de plus par rapport à l’année précédente. Dans le secteur, 70 % des emplois sont des emplois d’opérateurs (conducteurs de poids lourds, d’autocars, de véhicules utilitaires légers, opérateurs logistique, préparateurs de commande, magasiniers, etc.). Ces emplois ne sont pas délocalisables : on ne peut pas livrer de Rungis à Asnières en étant ailleurs !

Quelle formation faut-il envisager pour intégrer le secteur ?

Les métiers de la conduite et de la logistique sont surtout accessibles aux titulaires de titres professionnels. La branche recrute particulièrement à niveau V (CAP), mais il y a également des besoins de jeunes ayant des diplômes de bac à bac+5 dans le domaine du transport ou de la logistique.

La majorité des recrutements à niveau bac ou plus concernent des formations techniques, mais il y a également des besoins dans les fonctions supports : en ressources humaines ou dans le commercial, notamment.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur notre site où un service personnalisé présente les différentes formations.

Quelles sont les qualités requises pour travailler dans ce secteur ?

Concernant les métiers de la conduite, la formation professionnelle technique est très importante. La partie technique s’acquiert aisément. Le plus compliqué n’est pas de savoir conduire un camion, par exemple. Les compétences nécessaires se situent sont donc plutôt dans le registre du savoir-être que des savoirs. Il faut beaucoup de motivation, de dynamisme, de réactivité, et une grande autonomie aussi. On est seul à gérer des marchandises ou des passagers et on doit pouvoir assurer un rôle commercial, donc être à l’aise pour représenter l’image de l’entreprise pour laquelle on travaille.

Dans le domaine de la logistique, je distinguerais deux types de métiers : d’un côté des métiers d’opérateurs, préparateur de commandes, par exemple ; de l’autre, des métiers d’encadrement, comme celui de responsable d’entrepôt. Ce domaine porte moins sur la relation commerciale, mais nécessite une grande efficacité et réactivité, puisqu’il faut respecter les contraintes de temps pour préparer des produits. A noter que plus on monte dans les niveaux maitrise et encadrement, plus il faut dominer les techniques de gestion de stocks.

Comment évoluent les métiers du transport ?

Les outils informatiques sont généralisés. Du GPS (système de localisation) embarqué à la gestion des stocks, ils sont utilisés à tous les niveaux. La formation continue est obligatoire dans ces secteurs, afin que les gens soient toujours au fait des techniques.

Des formations de recyclage sont proposées régulièrement après la formation initiale dans le domaine de la logistique comme de la conduite. Un conducteur de poids lourds se forme, par exemple, tous les cinq ans. C’est une obligation de l’entreprise.

Quelles sont les spécificités de la région Ile-de-France en terme d’emplois dans ce secteur ?

Comme partout, la plupart des emplois du secteur sont des emplois de conducteurs, mais il s’agit plutôt de véhicules légers et on est principalement sur de la distribution urbaine de courte et moyenne distance, avec davantage de points de livraisons.

Il faut donc être capable de gérer la conduite dans la circulation parisienne, en sachant notamment garder son calme. Et cela implique souvent de travailler tôt le matin ou tard le soir, aux heures où il n’y a pas beaucoup de circulation. Partir tôt et être de retour chez soi en début d’après-midi est un choix de vie qui a des avantages appréciés par certains conducteurs. L’autre spécificité, c’est qu’il y a plus de postes de maîtrise et d’encadrement qu’en province. Enfin, même si c’est un petit pourcentage et qu’on y pense moins au premier abord, il y a aussi du transport maritime et fluvial sur la Seine, principalement. Cela va de la navette fluviale au fret (péniche).

Propos recueillis par Isabel Busché