Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Emeline Barquero

Professeure d’EPS, Bagnolet (93)
Date de l'interview : 16/04/2013

En région parisienne, le dynamisme des équipes enseignantes en collège et lycée est très stimulant.

Emeline Barquero, 27 ans, enseigne l'EPS (Education physique et sportive) au collège Travail à Bagnolet (93). En région parisienne depuis son premier poste, il y a 6 ans, elle juge intéressante son expérience professionnelle auprès de jeunes collègues dynamiques.

En quoi consiste le métier de professeur ?

Comme je suis certifiée, j’ai 20 heures de cours devant les élèves (les agrégés en ont 17), dont trois heures pour l’association sportive. Cela inclut les entraînements le mercredi après-midi, la partie administrative, les inscriptions aux compétitions.

La partie du travail que l’on voit, ce sont les 17 heures de cours en face des élèves, mais il y a aussi les préparations de cours à la maison. Nous les organisons en fonction du niveau des élèves, du vécu et des activités déjà pratiquées auparavant. Pour assurer une cohérence dans leur parcours, nous faisons un programme commun entre tous les professeurs de 6e, de 5e… jusqu’en 3e. Et nous prévoyons également des évaluations communes.

J’aime beaucoup la relation que nous avons avec les élèves. A l’association sportive comme en cours, nous les voyons dans un autre contexte que celui de la classe. Mais nous ne sommes pas pour autant dans une activité récréative, comme le pensent les personnels de direction et les enseignants dans certains établissements. Il s’agit bien d’un enseignement. Parfois, il faut justifier notre place.

Quelles sont les qualités nécessaires pour enseigner l’EPS ?

Il faut beaucoup de patience pour transmettre ses connaissances aux élèves. La répétition est souvent nécessaire pour y parvenir. Il faut également faire preuve de rigueur pour instaurer des routines de travail avec les élèves. Mettre en place ces repères et un fonctionnement régulier permet de les rassurer et de gagner ensuite du temps. Il est également important d’avoir une bonne condition physique. Nous marchons beaucoup, entre 10 et 15 kilomètres par jour, selon un collègue qui s’est amusé à faire le calcul.  Enfin, il faut être assez résistant. Nous sommes souvent dehors, y compris en hiver.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’ai toujours fait beaucoup de sport et d’activités sportives. C’est une super prof que j’ai eu en 4e et 3e, Monsieur Lecoannet, qui m’a donné envie de le devenir. Avec lui nous avons fait plein d’activités différentes. Je l’ai ensuite retrouvé à la fac, où il assurait des cours d’escalade. Ce n’est pas rare d’être amené à enseigner aussi à l’université lorsqu’on est professeur d’EPS et que l’on a une spécialité. 

Quel cursus avez-vous suivi ?

J’ai fait un bac S puis je suis entrée en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) à la fac de Saint-Etienne (42), où j’ai décroché le CAPEPS (Certificat d'aptitude au professorat d'éducation physique et sportive). Après un an de stage dans la Loire, j’ai obtenu, comme de nombreux professeurs débutants, un poste en Seine Saint-Denis. Commencer en région parisienne est l’une des difficultés du métier de prof. Les élèves ont beaucoup de difficultés personnelles ici. Le côté positif, c’est que le dynamisme des équipes est très stimulant.

Avez-vous un conseil à donner à un jeune qui souhaite devenir professeur d’EPS ?

Il vaut mieux connaitre et pratiquer de nombreuses activités sportives plutôt que d’être spécialisé dans une seule. D’ailleurs, cela peut être difficile d’enseigner une activité qu’on connait très bien.

Il ne faut pas avoir peur de passer du temps à préparer ses cours. C’est beaucoup de travail !

Pour réussir en STAPS, avoir une formation scientifique est un atout car il y a seulement un tiers de la formation consacrée aux activités physiques. Le reste, c’est de l’anatomie, de la physiologie et aussi des sciences sociales (psychologie, sociologie, histoire de l’EPS, etc.). Mais être scientifique ne suffit pas : il faut savoir écrire aussi !

Propos recueillis par Isabel Busché