Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Delphine Oriol

Formatrice et chargée de l’accès à l’apprentissage pour la filière CAPA soigneur d’équidés, Maisons-Laffitte (78)
Date de l'interview : 21/03/2013

Il faut aimer les chevaux pour accepter de travailler durement en étant payé au SMIC.

Après avoir commencé dans l’animation comme monitrice d’équitation, Delphine Oriol s’est tournée vers l’enseignement. En poste au CFA des métiers de l'horticulture et du cheval, site de Maisons-Laffitte, elle nous présente le métier de soigneur d'équidés et la formation à suivre pour y accéder.

Quel a été votre parcours ?

Je suis monitrice d’équitation de formation, j’ai travaillé dans différentes structures équestres, des écoles et des écuries de concours. J’ai également été enseignante en club hippique, plutôt sur le secteur loisir, d’abord comme animatrice, puis j’ai passé un diplôme d’enseignement. Dans le monde du cheval, on distingue 2 filières de formation, que les gens suivent parfois conjointement ou successivement : la filière agricole (CAPA, bac pro agricole, BTS agricole, licence pro) et la filière sportive de la Jeunesse et des Sports (brevets professionnels, diplômes fédéraux pour encadrer des activités de loisirs, diplôme d’enseignement).

En quoi consiste le métier de soigneur d’équidés ?

Le terme "soigneur" peut être trompeur, car ce professionnel fait essentiellement des travaux d’écurie et est plus souvent avec une fourche, un balai ou un tracteur qu’au contact des animaux. Cela correspond à ce que l’on appelait auparavant "palefrenier". C’est un milieu de passion, avec des horaires lourds. Il faut de l’énergie et aimer les chevaux pour accepter de travailler durement en étant payé au SMIC.

D’où viennent les jeunes qui entrent au CFA des métiers de l'horticulture et du cheval ?

Nous accueillons à peu près 50 nouveaux apprentis par an. Ils sortent de 3e pour la plupart, ont 15-16 ans, et viennent de toute l’Ile-de-France et parfois même d’ailleurs. Nous sommes le seul centre de formation public à dispenser cette formation dans la région. Nous disposons d’un internat.

Qu’apprend-on au cours de la formation ?

En CAPA soigneur d’équidés, nous formons des gens capables de gérer les soins quotidiens et la surveillance des chevaux, ainsi que les locaux. Le domaine principal est la connaissance du cheval : l’anatomie, la reproduction, les soins, l’alimentation, le vocabulaire de l’hippologie. Les jeunes qualifiés apprennent aussi à réagir et à gérer un cheval malade. Ils doivent notamment savoir quand il faut appeler le vétérinaire, ce qu’il faut lui dire. Il y a également un module autour de l’entreprise et de la vie professionnelle.

Comment s’articule la formation entre l’entreprise et le CFA ?

Les apprentis passent 2 semaines en entreprise pour 1 semaine au CFA, avec 35 heures de cours, dont 20 heures autour de l’activité professionnelle. C’est assez difficile techniquement, mais l’apprentissage permet d’apprendre le métier en parallèle dans les écuries où les apprentis sont embauchés. Même un jeune qui n’est pas du tout scolaire peut suivre, à condition de vouloir vraiment faire ce métier. Et il faut préciser qu’il y a de l'emploi.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune intéressé par cette filière ?

Je lui conseillerais de faire un stage ou de donner un coup de main en centre équestre pour voir ce qu’est le métier et tester sa motivation. Il est indispensable de discuter avec des professionnels et de confronter son projet avec la réalité. Ensuite, s’il veut intégrer le CFA, il doit prendre contact avec nous et remplir un dossier en février-mars. Restera ensuite à trouver un maître d’apprentissage pour la rentrée.

Peut-on poursuivre ses études dans le même domaine après le CAPA ?

Certains jeunes partent vers d’autres formations d’enseignement de niveau IV ou V, du  type Bapat (Brevet d'Aptitude Professionnelle d'Assistant Animateur Technicien) ou BP JEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport) dans le domaine des activités équestres. D’autres poursuivent en bac professionnel au CFA de Rambouillet, où les meilleurs entrent directement en classe de 1ère.

Propos recueillis par Isabel Busché