Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Evelyne Caraffini

Directrice régionale Ile-de-France de l’association Entreprendre pour Apprendre, Puteaux (92)
Date de l'interview : 05/03/2013

« Pour entreprendre, il faut oser et croire en soi. »

Entrepreneuse depuis l’âge de 18 ans, Evelyne Caraffini transmet aujourd’hui sa passion de l’entreprenariat à des enfants et des jeunes, du CM1 aux études supérieures. Rencontre avec la directrice régionale Ile-de-France de l’association Entreprendre pour Apprendre.

L’association Entreprendre pour Apprendre entend-elle susciter des vocations de chefs - et cheffes - d’entreprises ?

L’idée n’est pas de faire des jeunes des chefs d’entreprises, mais de leur donner le goût d’entreprendre. Nous sommes tous des entrepreneurs dans notre vie personnelle ou professionnelle. Lorsque l’on sait ce que l’on a envie de faire, ce que l’on aimerait faire, on arrive mieux à organiser sa vie et à la prendre en mains. L’association nationale a souhaité créer une antenne en Ile-de-France, il y a 7 ans et cela a rencontré mon envie de faire quelque chose dans l’association, après avoir été une cheffe d’entreprise passionnée dans le commerce de la fleur pendant 20 ans.

En quoi consistent les interventions de votre association en milieu scolaire ?

Nous intervenons une fois par mois sur un projet de mini entreprise auprès d’élèves qui travaillent également toutes les semaines sur ce projet avec leur professeur, durant une année scolaire. Nous avons une méthodologie précise et les élèves sont coachés par un entrepreneur ou un salarié d’entreprise parrain du projet, qui apporte son regard extérieur. Nous ne faisons jamais cours comme un enseignant. L’idée est que les jeunes apprennent en faisant. Tout commence par un brainstorming au cours duquel émerge une bonne idée. Ensuite, il faut mener une étude de marché, une étude de la concurrence, afin de savoir si ce projet pourra tenir avec un capital de départ maximum de 500 euros et deux ou trois heures par semaine à lui consacrer.

Auprès de quel public intervenez-vous ?

L’entreprenariat est venu tardivement dans les établissements scolaires et s’est développé notamment au moment de la mise en place de la DP3 (découverte professionnelle 3 heures) en classe de 3e. Les 1 700 jeunes impliqués cette année dans des projets sont d’ailleurs collégiens pour la plupart. Mais nous menons aussi des actions en lycée général et technologique, en lycée professionnel et en BTS. Et nous proposons actuellement deux autres programmes : Notre commune avec des CM1 et CM2 à Nanterre et YEP (Young Entreprise Projet) dans le supérieur. Ce qui est formidable en Ile-de-France, c’est qu’il y a absolument tout au niveau des filières d’études et de formations.

Comment définiriez-vous les qualités nécessaires pour entreprendre ?

Oser, innover, inventer, travailler en équipe, sont des notions très importantes quand on entreprend. Sans oublier une notion que les jeunes ne lient pas assez souvent au travail : la notion de plaisir. Ils ne s’imaginent pas se faire plaisir en entreprenant. Il est pourtant tellement important de se faire plaisir au travail, étant donné le temps que l’on y passe.

Comment percevez-vous le rapport des jeunes filles à l’entreprenariat ?

La question de l’entreprenariat est genrée. Pour entreprendre, il faut oser et croire en soi. Quand nous intervenons en classe, au départ, il n’est pas rare que les jeunes filles n’osent pas parler, vous regarder dans les yeux, etc. C’est une question d’éducation. On ne leur a pas toujours appris à oser, d’une manière générale. Mais, en cours de projets, les filles prennent souvent la direction de la mini-entreprise. A l’issue de cette expérience, elles sont nombreuses à nous parler de leur envie d’aller plus loin que prévu, dans leurs études notamment. Et ce travail est profitable aux garçons aussi, puisqu’il est difficile, pour une fille comme pour un garçon, de s’imaginer monter une entreprise quand on n’est pas entouré d’entrepreneurs. Là, cela devient possible !

Propos recueillis par Isabel Busché