Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Jean-Jacques Acchiardi

Chef d'entreprise, Fontenay-sous-Bois (94)
Date de l'interview : 06/02/2013

« Je crois en l’acharnement, c’est la valeur du chef d’entreprise. »

Jean-Jacques Acchiardi est le président de la société Davoise, qui conçoit et fabrique des emballages haut de gamme. Il compare avec passion sa vocation d’entrepreneur à celle d’un aventurier.

Comment êtes-vous devenu président de la société Davoise ?

Je possédais déjà, avec un associé, une entreprise de fabrication de fèves pour les galettes des rois. En 2005, nous avons appris avec beaucoup d’étonnement que Davoise déposait le bilan. Nous cherchions alors à nous diversifier et nous avons racheté l’entreprise. Trois ans plus tard, nous avons vendu notre première entreprise et j’ai racheté à mon ancien associé ses parts de Davoise.

Comment avez-vous redressé la société ?

L’entreprise connaissait effectivement d’énormes difficultés : le parc des machines était très ancien et obsolète, l’informatique déficiente et la logistique très mal conçue. Nous avons progressivement remis aux normes les machines, refondu entièrement la logistique et travaillé sur la partie commerciale en repensant l’ensemble de nos collections. J’emploie aujourd’hui près de 70 salariés, dans notre usine de Touraine et nos bureaux de Fontenay-sous-Bois.

En juin 2012, Davoise a reçu le label « Entreprise du Patrimoine Vivant », décerné par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, et distinguant des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. Nous sommes très honorés de cette distinction : le monde de l’industrie est dur et je savoure ces moments de plaisir.

Vous semblez un dirigeant heureux : était-ce une vocation ?

J’ai toujours rêvé d’être chef d’entreprise ! Et il a fallu que j’attende l’âge de 30 ans pour y parvenir… J’aimais monter des projets et être chef de bande. Je n’ai pas du tout l’âme d’un employé : quand on est salarié, on réfléchit aux problématiques, aux enjeux, mais on prend rarement la décision finale.

Aviez-vous de l’argent, une formation solide pour assumer cette responsabilité ?

Notre première entreprise, nous l’avons achetée à la barre du tribunal de commerce avec notre prime de licenciement. Elle avait un passif équivalent à deux ans de chiffre d’affaires. Au début, nous travaillions aussi le week-end et nous étions tout à la fois dirigeants, comptables et livreurs ! En quelques années, nous avons modernisé et diversifié la production. Quant à la formation, j’avais effectivement une maîtrise de gestion et six années d’expérience professionnelle. Bien sûr, il est utile de connaître le monde des finances, le droit, et notamment le droit social, la production. J’apprends d’ailleurs tous les jours, c’est ce qui rend ce métier passionnant. Mais pour moi, il faut surtout de la volonté.

La volonté prime par-dessus tout ?

Je crois en l’acharnement, c’est la valeur du chef d’entreprise. Certes, il faut du bon sens et un peu d’argent, mais ma conviction est que le succès est entre les mains du créateur. Plus jeune, je savais que je monterais mon entreprise. Si j’échouais, je savais que je recommencerais jusqu’à ce que j’y parvienne. J’aurais recommencé mille fois s’il avait fallu !

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui rêverait de devenir chef d’entreprise ?

De vivre son aventure ! Certains la vivent en traversant des océans ou des déserts, d’autres en créant leur entreprise. J’ai connu des moments très difficiles mais, comme au cinéma, j’ai toujours eu envie de connaître la suite de l’histoire.

Propos recueillis par Nathalie Courtois