Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Chloé Lapeyssonnie

Photographe, Maisons-Alfort (94)
Date de l'interview : 10/12/2012

Le métier de photographe est déjà très solitaire et je ressentais le besoin d’être accompagnée dans ma création d’entreprise.

Chloé Lapeyssonnie est photographe, spécialisée dans les reportages de mariage. Pour en faire son activité professionnelle, elle a dû se mettre à son compte. Grâce à une coopérative d’entreprise, elle exerce de manière autonome tout en étant salariée.

Comment êtes-vous devenue photographe ?

J’ai tout d’abord suivi des études qui n’ont rien à voir – traductrice anglais-français, communication et marketing – avant d’arrêter pour des raisons personnelles. Je suis devenue attachée de presse d’un groupe de musique, pour qui j’ai commencé à faire des photos. En parallèle, je photographiais les mariages de mes amis, avant de me rendre compte que je pouvais en faire un métier à part entière. J’en avais au départ une image assez ringarde, celle de tonton Jean-Claude qui aligne tout le monde devant la mairie. Finalement, on n’est pas si loin de la photo de concert : je me mets dans un coin, je regarde ce qui se passe et je réalise un reportage. J’ai suivi une formation technique au Centre Iris pour la photo, à Paris, et je me suis lancée.

À quel moment avez-vous décidé créer votre propre entreprise ?

Contrairement aux professionnels à qui je proposais des cessions de droits d’auteur, je ne pouvais pas facturer à des particuliers. Pôle emploi m’a donné des informations sur le statut d’auto-entrepreneur, mais je ne me voyais pas me lancer toute seule. Le métier de photographe est déjà très solitaire et je ressentais le besoin d’être accompagnée dans ma création d’entreprise.

Que vous apporte une coopérative comme Coopaname ?

Je suis salariée tout en menant ma propre activité : Coopaname facture mes clients et me rétribue en salaire en fonction de mon chiffre d’affaires. La coopérative prélève 10 % de mes revenus et gère la comptabilité tout en m’assurant la protection sociale et les avantages des salariés, comme le droit à la formation par exemple. Au-delà du statut, j’ai trouvé à Coopaname l’accompagnement que je cherchais : des ateliers d’informations, un référent en cas de problème et, surtout, une communauté de travail, avec des réunions thématiques mensuelles…

Est-ce difficile d’être à son compte ?

Mes amis me disent : « tu as de la chance de ne pas avoir de patron ! » En fait, chaque client est mon patron, avec ses exigences et son mode de fonctionnement. On n’est jamais son propre patron, c’est un abus de langage.

Pour moi, la principale difficulté est de trouver l’équilibre entre temps de travail et temps de repos. Chez soi, il n’y a personne pour nous dire : « arrête, repose-toi, tu en as le droit ». L’ordinateur est juste à côté et le travail empiète vite sur la vie personnelle. De plus, on est sur tous les fronts à la fois : artisan, commerciale, secrétaire… je ne peux rien déléguer à personne.

Il y a bien des avantages tout de même ?

Oui, bien sûr ! Les changements de rythme me plaisent beaucoup, entre le printemps qui très intensif et l’hiver où je m’occupe de ma communication et de mes projets personnels. Ce statut laisse une liberté de mouvements totale. Je peux m’offrir une journée de repos ou déjeuner avec une amie sans avoir de comptes à rendre à personne. Libre à moi de rattraper ce temps-là plus tard.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui rêve de créer son entreprise ?

De bien étudier les statuts possibles et de ne pas se précipiter vers la solution de facilité qu’est l’auto-entrepreneur. Tout le monde n’a pas la fibre entrepreneuriale, tout le monde n’a pas les compétences indispensables en gestion. Avant de prendre une décision, étudiez toutes les possibilités : le portage salarial, les pépinières d’entreprise, les coopératives…

Propos recueillis par Nathalie Courtois