Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pascal Fabbri

Éducateur spécialisé, Alfortville (94)
Date de l'interview : 27/11/2012

Le concours d’entrée des écoles préparant au diplôme d'Etat d'éducateur spécialisé est légitimement difficile car le métier est difficile.

Pascal Fabbri est éducateur spécialisé au sein du pôle Protection de l’enfance au conseil général du Val-de-Marne (94). Il travaille auprès des jeunes et des familles pour restaurer les liens, proposer des solutions d’apaisement et les aider à résoudre leurs difficultés.

En quoi consiste le métier d’éducateur spécialisé ?

Un éducateur spécialisé peut exercer auprès de différents publics rencontrant des difficultés d’insertion, d’autonomie ou de relations aux autres : des enfants, des adultes, des personnes handicapées physiques ou mentales, des toxicomanes… Au début de ma carrière, j’ai travaillé de nuit dans un foyer d’accueil d’urgence pour les jeunes filles, puis dans l'accompagnement de mères célibataires. Notre travail consiste à soutenir ces personnes et à les aider à résoudre leurs difficultés.

Quel est votre rôle en matière de protection de l’enfance ?

La protection de l’enfance, qui relève de la responsabilité des conseils généraux, s’étend de la naissance jusqu’à 18 ans, voire 21 ans dans certains départements comme le Val-de-Marne. J’interviens dans des situations très différentes : des jeunes qui ne supportent plus de rester chez eux, des parents qui n’ont plus d’autorité, des enfants qui sont instrumentalisés lors d’une séparation… Les difficultés sont parfois beaucoup plus graves, avec des cas de très grande précarité ou de maltraitance.

De quelle manière intervenez-vous ?

Les difficultés peuvent nous être signalées par les jeunes ou les parents eux-mêmes, ou encore par les  assistantes sociales, les établissements scolaires, les voisins, les médecins… Après une évaluation, nous pouvons proposer une aide éducative à domicile mais aussi formuler une demande de placement dans un cadre administratif. Les situations les plus inquiétantes sont transmises au procureur qui peut nous solliciter pour un suivi encadré judiciairement. J'interviens auprès d’une trentaine de jeunes vivant à leur domicile ou accueillis chez des assistantes familiales et dans des foyers : je les rencontre, je vois leurs parents, je suis en lien avec les établissements scolaires, le service social et les autres professionnels de l'enfance. C’est un travail de liens, de médiation, de soutien…

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Plus jeune, j’ai travaillé auprès d’enfants en centres de loisirs et de vacances et c’est un environnement où je me sentais à l’aise. J’ai poursuivi comme éducateur dans un institut médico-professionnel pour des jeunes ayant des troubles du comportement, avant de passer le concours d’entrée d’une école d’éducateur spécialisé.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Il existe plusieurs écoles qui délivrent le diplôme d’État en trois ans. Le concours d’entrée est légitimement difficile car le métier est difficile. Il est accessible à partir d’un bac, mais demande une maturité qui n’est pas évidente à 17 ou 18 ans. Je pense qu’il est d’ailleurs préférable de commencer à travailler quelques années avant de le tenter.

La formation comprend des cours de droit, de psychologie, de sociologie... et trois stages à faire en milieu professionnel, dont l’un dure environ 8 mois.

Quelles qualités humaines faut-il avoir ?

Tout d’abord, être bien équilibré et bien dans sa peau : on ne peut pas se permettre d’être déstabilisé face à des situations difficiles. Il faut avoir un bon sens du contact et une grande capacité d’écoute, savoir créer des liens pour faire évoluer les situations familiales. Le métier demande d’être observateur et réactif pour prendre les bonnes décisions et intervenir au moment opportun.

Propos recueillis par Nathalie Courtois