Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Barbara Mouroux

Assistante sociale, Créteil (94)
Date de l'interview : 19/11/2012

« Je me lève le matin en me disant que je vais être utile, que je vais apporter une pierre à la société. »

Barbara Mouroux est assistante sociale pour le conseil général du Val-de-Marne. Elle intervient également dans les écoles professionnelles et participe à des jurys délivrant les diplômes d’État.

En quoi consiste votre métier ?

Le rôle d’une assistante sociale est d’aider les personnes en difficulté en leur accordant les aides auxquelles elles peuvent avoir droit, comme le Revenu de solidarité active (RSA) ou le droit opposable au logement (Dalo). Au cours d’une journée, je peux recevoir six personnes et effectuer une visite à domicile. Les entretiens durent 10 minutes… ou deux heures, selon la complexité de la situation.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Après un bac littéraire, j’ai commencé des études de psychologie, mais le système moins encadré de la fac ne m’a pas plu. J’ai finalement passé le concours pour entrer dans une école d’assistante sociale. Ce concours peut être tenté à partir d’un bac général ou professionnel, ou même sur la base d’un examen de niveau. Le cursus dure trois ans, dont quatorze mois de stages auprès de travailleurs sociaux... À l’école, nous avons des cours de sociologie, d’ethnologie, de psychologie, de philosophie, de démographie, mais aussi du droit, notamment en matière de politiques sociales. À la fin des études, nous rendons un mémoire et nous passons des épreuves écrites et orales pour obtenir le diplôme d’État de service social.

Où pouvez-vous travailler ?

Dans n’importe quelle structure publique ou privée. Les premiers employeurs sont les conseils généraux en charge de l’aide sociale et de la protection de l’enfance. On trouve des assistantes sociales aussi à l’hôpital – il y en a une par service théoriquement –, dans les établissements scolaires, dans toutes les grandes entreprises comme la RATP, la SNCF, EDF, Air France… On peut aussi travailler pour une association, par exemple en direction des personnes handicapées ou des familles immigrées.

Est-ce un secteur qui recrute ?

C’est un métier qui ne connaît pas le chômage, du moins dans les zones très urbanisées ! J’ai eu mon diplôme le 5 juillet et mon premier poste le 1er août, au conseil général du Val-de-Marne où je travaille depuis quatorze ans. Ma collectivité a même du mal à recruter et à garder ses assistantes sociales. C’est un métier qui n’attire pas beaucoup, certainement parce les jeunes n’en ont pas une image réelle. Les seules fois où l’on parle des assistantes sociales, c’est quand il s’est produit un drame…

Quelles sont les difficultés du métier ?

Il est vrai que ce n’est pas un métier facile. Je reçois tous les jours des gens qui connaissent de grandes difficultés, avec de souvent très faibles revenus, et je n’ai pas toujours les moyens de les aider comme je le souhaiterais. Heureusement, c’est un métier passionnant qui a beaucoup de côtés positifs : la relation humaine, l’échange, le sentiment d’être utile, de se lever le matin en se disant qu’on va apporter une pierre à la société.

Quelles qualités faut-il avoir pour être assistante sociale ?

Être capable d’une grande empathie et savoir écouter, sans laisser ses propres représentations ou ses préjugés prendre le dessus. Il faut bien sûr aimer le contact et ne pas avoir peur du public. Il est important aussi de savoir mettre ses soucis de côté afin d’être disponible pour les autres.

Propos recueillis par Nathalie Courtois